Les espoirs font amende honorable

Gabriel Dumont Gabriel Dumont

Après avoir offert en novembre une performance typique d'une équipe en mal d'expérience, les Bulldogs de Hamilton ont prouvé, à leur deuxième passage de la saison au Centre Bell, que les bons enseignements de Sylvain Lefebvre commencent à porter leurs fruits.

Les Bulldogs (20-25-6) l'ont emporté 3-2 sur les Americans de Rochester (27-20-3), vendredi, à leur deuxième et dernier match de l'année disputé à Montréal.

Un peu plus de 10 000 spectateurs se sont entassés dans la section des rouges pour assister à la rencontre, soit 8000 âmes de moins qu'au passage des Bulldogs en novembre, pendant le lock-out évidemment. Les Bulldogs s'étaient alors inclinés 4-1.

Mike Blunden et Steve Quailer ont marqué dans un intervalle de 1 min 38 s en début de deuxième période pour donner l'avance au club-école du Canadien, qui l'a ensuite jalousement protégée. Les Americans n'ont tiré que 13 fois sur le filet hamiltonien dans les deux dernières périodes.

Les Bulldogs ont remporté cinq de leurs six derniers matchs, de loin leur meilleure séquence de la saison.

« Les gens ici ne nous voient pas très souvent, mais on traverse une bonne séquence et ça se voit dans notre dossier, a expliqué l'attaquant Patrick Holland. On joue en équipe, ça nous rapproche en tant que coéquipiers, et hors glace aussi. Ça fait boule de neige. »

À son troisième départ avec les Bulldogs, le gardien Dustin Tokarski a bloqué 17 tirs pour signer la victoire.

Un trio efficace

Avec le camp d'entraînement qu'il a connu, Gabriel Dumont est vu par plusieurs comme le premier candidat à un rappel en cas de besoin du Canadien. Le petit centre a joué comme un joueur qui mérite une telle chance.

Avec ses compagnons de trio Blunden et Michaël Bournival, Dumont a mené l'unité la plus dangereuse des vainqueurs. Les trois hommes ont totalisé 7 des 25 tirs des Bulldogs, et les nombreuses présences au filet de Dumont se voyaient après le match sous la forme de deux cicatrices sur le nez.

« C'est juste parce que je suis trop petit! Si j'étais grand comme Tinordi, ça ne serait pas arrivé », a dit à la blague le choix de cinquième tour du Tricolore en 2009.

Plus sérieusement, le meilleur marqueur des Bulldogs a réitéré ne pas s'en faire avec le spectre d'un rappel.

« Je ne contrôle pas ça, a-t-il dit. J'essaie juste de travailler fort et de jouer mon rôle. Je joue souvent dans les deux premiers trios, donc je crée de l'espace pour ceux qui vont la mettre dedans. Je ne m'attarde pas trop à quand je vais jouer dans la Ligue nationale. »

Le travail acharné du groupe a valu à Blunden un but, aux trois hommes une utilisation optimale.

« Ce sont trois gars très intenses, acharnés sur la rondelle, qui savent comment jouer défensivement, mais aussi offensivement, comment ne pas courir de risques inutiles, amener la rondelle au filet, donner des mises en échec, a mentionné l'entraîneur-chef des Bulldogs, Sylvain Lefebvre. Ils font tous les petits détails qu'on demande. Ils ont eu beaucoup de temps de glace en avantage et en désavantage. Ce trio-là a bien travaillé. »

En rodage

Outre ce trio, les autres espoirs du CH n'ont pas eu l'air de joueurs près de la LNH.

À la ligne bleue, les premiers choix en 2010 et 2011, dans l'ordre Jarred Tinordi et Nathan Beaulieu, ont certainement montré des signes indéniables de talent brut. Beaulieu a exhibé ses qualités de patineur à quelques reprises, notamment pendant une infériorité numérique en milieu de match, lors de laquelle il a écoulé de précieuses secondes en transportant la rondelle. Son aisance avec la rondelle a également permis aux siens de prolonger quelques présences en zone adverse.

En revanche, les deux arrières ont parfois commis certaines erreurs qui rendent un entraîneur nerveux. En fin de deuxième période, entre autres, Tinordi s'est compromis en zone offensive, ce qui a permis à un rival de partir en échappée avec 10 s à écouler avant l'entracte. Un tir hors cible l'a tiré de l'embarras.

Tinordi a inscrit le premier but des siens, grâce à un tir sur la bande qui est revenu dans les jambes du gardien adverse pour rentrer dans le filet. « J'espérais que la rondelle revienne dans l'enclave et j'ai été chanceux! », a avoué Tinordi.

Louis Leblanc a également connu des hauts et des bas, à l'image de sa saison, mais s'est à tout le moins permis une chance de marquer en première période, sans la concrétiser. Le premier choix du Canadien en 2009 a eu droit à quelques séquences en avantage numérique et en désavantage numérique, signe que Lefebvre est loin d'avoir jeté l'éponge dans son cas.

« C'est important pour Louis, non seulement d'avoir du temps de glace, mais de regagner sa confiance et c'est difficile à faire quand tu es sur le banc, a rappelé l'entraîneur. Faire du développement, c'est aussi donner confiance aux joueurs. Tu vas faire des erreurs. L'idée est de les limiter et d'apprendre. Pour certains, ça prend plus de temps que pour d'autres. Mais il travaille dans la bonne direction. »

À noter :

  • Mark Pysyk et le Québécois Maxime Legault ont marqué pour les Americans.
  • L'attaquant des Bulldogs Daultan Leveille a obtenu deux aides, ses deux premiers points dans la Ligue américaine.