Un autre Roy au Centre Bell

Frédérick Roy Frédérick Roy  Photo :  Micheline Veluvolu/Rochester Americans

La dernière fois que Frédérick Roy a mis les pieds au Centre Bell, c'était le 22 novembre 2008. Ce soir-là, le Canadien rendait immortel son père, Patrick, en hissant son numéro 33 dans les hauteurs du Centre Bell.

C'est dans des circonstances bien plus modestes que Frédérick remettra les pieds au domicile du Canadien, vendredi : un duel de Ligue américaine entre les Bulldogs de Hamilton et les Americans de Rochester. Mais qu'à cela ne tienne, le jeune attaquant est fébrile.

« Ce soir, ce sera très spécial et je m'en rappellerai toute ma carrière. Si j'ai des enfants un jour, je pourrai leur raconter ça! », lance un Roy souriant, à l'issue de l'entraînement matinal des Americans.

Pour le fils de « Casseau », ses premiers pas dans les rangs professionnels signifient une rupture. D'abord de Québec, où il a passé les cinq dernières saisons avec les Remparts. Mais aussi de son père, également son entraîneur dans la Vieille Capitale. Mais même s'ils sont séparés par une ligue et des centaines de kilomètres, les Roy demeurent tissés serré.

« On se parle après chaque match, je lui explique mes jeux, raconte Frédérick. C'est mon meilleur chum, un père extraordinaire. Il me donne toujours des petits mots d'encouragement. »

« En tant que père et entraîneur, Patrick a très bien développé Frédérick, assure le nouvel entraîneur-chef des Americans, Chadd Cassidy. Il a beaucoup de classe, se conduit comme un professionnel, et il a des habitudes de travail irréprochables. Il est toujours au gymnase, et souvent le premier sur la glace, le dernier à en sortir. »

Un rôle qui change

En tant que joueur de 21 ans jamais repêché, Frédérick Roy ne pouvait pas s'attendre à occuper les mêmes responsabilités offensives que l'an passé à Québec. Il avait amassé 92 points en 64 matchs.

Il doit gagner en expérience, mais aussi en maturité physique.

« Dans le junior, les gars flottent dans leur chandail, un peu comme moi en ce moment!, lance-t-il en riant. Les gars sont plus gros, plus vites. Chaque équipe a quatre bons trios. Tu ne peux pas prendre de pause, tu dois toujours être alerte, être prêt mentalement. »

Même s'il ne compte que 8 points en 41 matchs, avec 41 minutes de pénalité, il plaît déjà à son entraîneur, autant en raison de sa personnalité qu'en raison de son jeu défensif, notamment en désavantage numérique.

« C'est une bougie d'allumage. Il crée des choses sur la glace, ne recule devant rien et n'a pas peur de se salir le nez malgré sa petite stature. En tant qu'entraîneur, tu apprécies ça, et ça va l'aider dans sa carrière. »

Comme tout joueur de hockey, le but ultime est d'atteindre la LNH. Frédérick Roy n'est qu'au début du processus. Et avec sa charpente un peu frêle de 76 kg (168 lb), la route pourrait être longue, si aboutissement il y a. Mais ça ne l'empêche pas d'y croire et d'entretenir un rêve bien précis : renouer avec son ancien coéquipier des Remparts Mikhail Grigorenko, déjà rendu chez les grands, à Buffalo.

« J'ai eu beaucoup de succès avec lui, j'espère un jour me retrouver dans le même trio que lui! »