Hickey, 2071 jours plus tard

Thomas Hickey Thomas Hickey  Photo :  PC/Graham Hughes

Le ballottage n'est pas toujours la façon la plus glorieuse de changer d'équipe. On peut voir dans cette étape de la vie de hockeyeur un échec ou un nouveau départ.

Avec six joueurs dans leur formation réclamés au ballottage, les Islanders de New York croient visiblement qu'il peut s'agir d'un nouveau départ. C'est le pari qu'ils ont pris avec Thomas Hickey.

Le nom du jeune défenseur a possiblement sonné une cloche chez quelques amateurs de hockey, jeudi soir, quand il a inscrit le but vainqueur en prolongation face au Canadien. C'est que Hickey a jadis été un quatrième choix au total, au repêchage de 2007.

Une équipe qui parle quatrième s'attend à choisir un joueur d'impact. C'est ce que les Capitals de Washington avaient fait l'année avant Hickey en sélectionnant Nicklas Backstrom, et c'est ce que les Blues de St. Louis ont fait en 2008 avec Alex Pietrangelo.

Mais entre les deux, les Kings de Los Angeles se sont trompés en jetant leur dévolu sur Hickey, un espoir que les plus optimistes voyaient sortir au milieu du premier tour. Sans surprise, son développement n'a pas été celui d'un quatrième choix, et il lui a fallu près de six ans avant d'atteindre la Ligue nationale. Et ce n'est qu'après avoir été réclamé par les Islanders au ballottage, à la mi-janvier, que la porte s'est ouverte.

Jeudi, quand il a finalement marqué le premier but de sa carrière, il s'était écoulé 2071 jours depuis le 22 juin 2007, à Columbus. Il l'a fait à 24 ans et a été le 69e joueur de son année de repêchage à marquer. Entre sa sélection par les Kings et ce but en prolongation, Hickey a disputé 120 matchs à Seattle dans la Ligue junior de l'Ouest et 179 rencontres dans la Ligue américaine.

« C'est peut-être encore plus agréable avec l'attente, a lancé Hickey à l'issue du match. J'ai travaillé très fort, j'ai souvent douté, mais je suis content d'avoir ma chance ici.

« C'est vraiment incroyable. Je n'aurais pas pu mieux le planifier. Mon père était dans les estrades. Ça veut dire beaucoup pour moi. »

« C'était spécial pour lui. Il a passé plusieurs années à investir du temps dans les ligues mineures. Il y avait beaucoup d'attentes envers lui, en raison du repêchage et de ce qu'il avait accompli au Championnat du monde junior. J'étais content qu'on aille le chercher et je suis heureux de le voir marquer un aussi gros but », a ajouté John Tavares, son coéquipier des Islanders et ancien frère d'armes avec Équipe Canada junior.

Coincé à Manchester

Hickey a savouré deux conquêtes de la médaille d'or avec ECJ. Mais même une telle expérience ne lui a pas valu de passe-droit dans la LNH.

Il a donc patienté avec les Monarchs de Manchester, la filiale des Kings de Los Angeles. Mais quand une organisation qui hésite déjà à vous rappeler gagne en plus la Coupe Stanley, les possibilités d'ascension semblent nulles.

« Je suis reconnaissant de mon séjour passé là-bas, je ne suis pas amer, assure Hickey. Je voulais juste ma chance et le moment n'était pas bien choisi. Ils voulaient gagner immédiatement, j'espérais pouvoir y contribuer, mais ils avaient 6-7 bons défenseurs qui faisaient le travail, puisqu'ils ont gagné la Coupe Stanley. »

Hickey a maintenant disputé 10 matchs avec les Islanders. Ses responsabilités gagnent en importance de match en match. Il a passé au moins 14 minutes sur la patinoire à chacun de ses 4 derniers matchs. Jusqu'à jeudi, à Montréal, où il a joué durant 16 min 26 s, un sommet, et où il a suffisamment gagné la confiance de son entraîneur pour sauter sur la patinoire en prolongation.

« Quand j'ai appris que je partais au ballottage, je me disais que si ce n'était pas de cette chance, je passerais encore un ou deux ans de plus dans le système des Kings et que je n'aurais jamais ma chance en raison de leurs résultats. Mais tu ne sais jamais si quelqu'un te regarde, et visiblement, il y avait du monde », conclut-il.

Son prochain défi sera de cimenter sa place dans un groupe de défenseurs pas réputé pour être le plus talentueux de la Ligue nationale.