Un oeil sur l'Ouest

L'apprentissage à la dure

Taylor Hall, Ryan Nugent-Hopkins et Nail Yakupov Taylor Hall, Ryan Nugent-Hopkins et Nail Yakupov  Photo :  PC/DARRYL DYCK

Malgré les premiers choix qui s'accumulent, les Oilers d'Edmonton tardent à prendre leur envol et à revenir parmi l'élite de la LNH. La saison 2012-2013 sera-t-elle différente?

Depuis leur présence inattendue en finale de la Coupe Stanley en 2006, il n'y a toujours pas eu de bal printanier à Edmonton. Sept longues années à attendre. Même s'il en est seulement à une deuxième saison dans la capitale albertaine, Éric Bélanger a hâte que ça change.

« Il faut rétablir une mentalité de succès, explique l'attaquant à Radio-Canada Sports. Ça fait plusieurs années que ça va mal. Mais on se dit toujours que ça va aller mieux l'an prochain. Et après 5-6 ans, tu te rends compte que tu n'as rien accompli. Le nouvel entraîneur [NDLR : Ralph Krueger] veut changer la mentalité dans la chambre. »

Outre cette mentalité, l'autre chantier du nouvel entraîneur-chef est d'enseigner les rudiments de la LNH aux Nail Yakupov, Justin Schultz, Ryan Nugent-Hopkins, Taylor Hall et autres Jordan Eberle, tous membres du noyau de l'équipe... et tous âgés de 22 ans ou moins.

On note jusqu'ici des résultats étonnants. Avant les matchs de jeudi, les Oilers présentaient une fiche de 4-3-3, bonne pour le 7e rang dans l'Ouest. Mais à forces égales, c'est la catastrophe : 9 buts marqués contre 19 accordés.

« Dans la ligue, il faut apprendre à jouer défensivement, martèle Bélanger. Et malgré notre talent offensif, on en arrache à cinq contre cinq. On compte sur plusieurs jeunes de talent qui ont eu du succès dans le junior. Mais quand tu arrives dans la LNH, marquer à cinq contre cinq est beaucoup plus difficile. Nos unités spéciales sont dans le top 5-6 de la ligue. C'est ce qui nous garde dans les matchs. »

Avec une fiche de -6, Yakupov montre bien à quel point cet apprentissage est délicat dans la LNH. Malgré cette tache au dossier, malgré des célébrations qui ont fait réagir dans la Ligue nationale, le tout premier choix du dernier repêchage est apprécié de ses pairs.

« Il est exubérant, il aime avoir du fun, mais il n'est pas loud, il est à sa place dans le vestiaire, soutient Bélanger. Mais dans la LNH, pour avoir du succès dans les deux premiers trios, tu dois apprendre. À 18 ans, il y a des choses que je ne savais pas à l'époque et que je sais aujourd'hui. Il va faire des erreurs, mais on en fait tous encore! »

On prépare le baluchon

Les 30 équipes de la LNH apprennent à vivre avec les rigueurs d'un calendrier plutôt dense cette saison. Pour les Oilers, un obstacle de plus se profile à l'horizon.

Du 25 février au 12 mars, l'équipe parcourra les quatre coins de l'Amérique, le temps de disputer neuf matchs de suite à l'étranger. La présentation au Rexall Place du Brier, le championnat canadien de curling masculin, les force au vagabondage.

Pour mettre ce périple en perspective, un voyage de 9 matchs dans un calendrier qui en compte 48 représente pratiquement le cinquième de la saison. Comme si, dans un calendrier de 82 matchs, une équipe devait partir pour 16 matchs à l'étranger.

« La famille m'en parle assez souvent, on n'a pas hâte, avoue Bélanger, père de famille. Pour l'équipe non plus, ce n'est pas un scénario idéal. Ce voyage-là fera la différence entre les séries ou non. Une semaine, ça peut être agréable, mais 19 jours, ça commence à être long! »

Mais Krueger a découpé le calendrier en segments de trois matchs, un peu comme Jacques Martin et ses segments de cinq matchs avec le Canadien.

« Avec ce système, on n'est pas rendus à penser au voyage, mentionne le Québécois. On se concentre comme ça, sinon tu perds le fil. Jusqu'ici, on a gagné deux de nos trois premiers segments. »

Sur la touche

De son côté, Bélanger n'a toujours pas de point en huit matchs, mais sa fiche offensive vierge ne l'inquiète pas.

« Mon rôle a changé, j'ai un rôle plus défensif, en désavantage numérique, les mises au jeu dans notre zone. Moi et Shawn Horcoff nous séparons cette tâche, donc ça donne plus de latitude à nos jeunes pour jouer offensivement. L'entraîneur nous donne les minutes difficiles, pour éviter aux jeunes de jouer contre les Sedin à chacune de leurs présences! »

Il a mis sa saison sur la glace en raison d'une fracture à un orteil lorsqu'atteint par un tir frappé d'Erik Johnson, de l'Avalanche, le 2 février dernier. Il avait courageusement terminé le match...

« En plus de l'orteil, j'ai eu une lacération sur un bras, en raison d'un autre tir. J'ai fini le match. Ils ont fait une radiographie pour mon bras, mais pas pour mon orteil, je n'osais pas enlever mon patin. Je me doutais que j'étais dans le trouble! »