Échouer au test

Faits saillants, réactions avec Michel Chabot et analyse de Martin Leclerc

Le Canadien passait mercredi son premier « vrai » test de la saison, selon plusieurs. Impossible de dire que c'est réussi avec un tel résultat. Mais il y a une différence entre échouer à 59 % et échouer à 35 %.

Le Canadien (6-3-0) s'est incliné 2-1 devant les Bruins de Boston (7-1-1), mercredi, à Montréal.

En avant 1-0 après 40 minutes, le Tricolore s'est retrouvé à court de réponses devant une combinaison formée par Claude Julien au deuxième entracte, celle de Milan Lucic, David Krejci et Tyler Seguin.

L'unité a frappé après 14 secondes au dernier tiers, avant d'en remettre moins de deux minutes plus tard, des réussites de Seguin et de Krejci.

« On n'avait pas beaucoup de chances de marquer après deux périodes, et il y a des soirs où ça prend une petite étincelle, un petit changement et les gars ont bien répondu, a mentionné Julien. C'était une décision que je devais prendre pour nous donner quelque chose pour nous aider à marquer des buts. »

« On peut appeler ça une étincelle, un autre état d'esprit. On sait que ce sport est mental à 75 %. On avait une petite étincelle et ça a marché », a résumé Seguin.

Outre ce passage à vide, le Tricolore a dignement tenu son bout face aux meneurs de l'Association de l'Est. Les hommes de Michel Therrien ont totalement dominé la première période (11-4 aux tirs au but) et ont eu l'ascendant dans les chances de marquer tout au long de la soirée.

« Ce n'était pas une mauvaise performance, a jugé Therrien. On affrontait les Bruins de Boston. Ils sont durs à affronter. C'était simplement de la mauvaise exécution sur quelques jeux, et ça ira mieux la prochaine fois. »

L'unique faux pas de Rask

P.K. Subban a inscrit l'unique filet des perdants, d'un tir de la ligne bleue en avantage numérique, pour son premier de la saison. Sa frappe a dévié sur le bâton de l'attaquant des Bruins Rich Peverley, tandis que Rene Bourque était posté là où il se plaît cette saison, dans la bulle du gardien. Andrei Markov a obtenu une aide sur le jeu pour porter son total de la saison à neuf points, tous en avantage numérique.

C'est essentiellement ce type de jeu qui pouvait battre le gardien des Bruins Tuukka Rask, dans une forme exemplaire pour ce duel. Le Finlandais n'a eu qu'à bloquer 20 rondelles, mais les approches dangereuses ont abondé. Même Colby Armstrong, toujours sans point après neuf matchs, est passé à quelques décimètres de marquer en début de match, bien servi par Lars Eller. Mais Chris Bourque l'a retenu à la limite de la légalité.

Le Canadien s'est montré moins dominant en deuxième période qu'en première. Le premier tir des Montréalais est seulement survenu après 10 minutes de jeu. Mais le deuxième était le tir payant de Subban.

Le trio de Tomas Plekanec, Brian Gionta et Bourque a sans contredit été le meilleur du Tricolore. Plekanec a eu la meilleure chance du groupe en début de match. Il a réussi à contourner Rask, mais le défenseur recrue Dougie Hamilton est arrivé en renfort avec son bâton pour empêcher la rondelle de franchir la ligne rouge.

Plekanec a aussi eu sa chance en échappée, mais a perdu le contrôle de la rondelle en tentant une feinte. « La glace était en mauvais état », a dit Rask pour le défendre. Et tard en troisième période, il a pu prendre un tir des poignets de l'enclave, mais a raté la cible et a presque décapité Johnny Boychuk au passage.

David Desharnais a également frappé à la porte en troisième, deux fois plutôt qu'une. Toujours en vain.

« L'important est d'obtenir des chances de qualité, mais des matchs comme ça vont arriver, a affirmé Therrien. On affrontait un gardien en forme. Ce n'était pas un manque de volonté. On a travaillé fort pour ces chances. Certains soirs, ça rentre, d'autres, le gardien fait les arrêts. »

À l'autre bout, Carey Price a attendu à la 12e minute du match avant de recevoir un premier tir. Le gardien du Canadien a finalement affronté 23 rondelles.

Price avait donné la frousse à son équipe dans l'échauffement d'avant-match, qu'il a quittée prématurément. Il semble finalement qu'il ait simplement reçu une rondelle dans la fourche.

Côté robustesse, le Canadien ne s'en est pas laissé imposer. Francis Bouillon et Alexei Emelin ont servi les meilleurs coups d'épaule, et même le minuscule Gionta a tenté de déstabiliser le gigantesque Zdeno Chara. Le CH a gagné la bataille des mises en échec 31-26.

Au moment d'écrire ces lignes, la bande à Gionta était déjà en direction de Buffalo, où l'attend un test d'un tout autre acabit. Les Sabres ne forment certainement pas la même puissance que les Bruins. Mais ils ont encore sur le coeur un cuisant revers de 6-1 subi samedi à Montréal.