Canadien saison 2013, au jeu!

Le temps de justifier les ajouts

Reportage de Michel Chabot

Chaque époque de la Ligue nationale vient avec des modèles de franchise. Les Devils du New Jersey et les Red Wings de Détroit, avec leurs sept Coupes Stanley combinées depuis 1995, font certainement partie des équipes qui inspirent les organisations de la LNH.

Depuis l'arrivée en poste de Claude Julien, les Bruins de Boston se positionnent comme ce modèle, du moins dans la Division nord-est. Leur mélange de robustesse et de profondeur à l'attaque, qui a abouti sur une Coupe Stanley en 2011, fait des jaloux.

Mercredi, le Canadien (6-2-0) pourra voir à quel point il est proche ou non de ce modèle des Bruins (6-1-1).

« Si on regarde leur fiche défensivement, ils sont solides. Nous aussi, a rappelé l'entraîneur-chef du Canadien, Michel Therrien. Les Bruins ont été champions il y a deux ans avec le même noyau. C'est une équipe difficile à affronter et c'est ce genre d'identité qu'on est en train de bâtir. »

« Les Bruins sont l'équipe modèle depuis quelques années. Les équipes veulent les imiter. On a été chercher de la robustesse et de la profondeur à l'attaque cet été. C'est leur modèle, et maintenant on peut mieux se mesurer à eux », croit l'attaquant Max Pacioretty.

Il n'y a qu'un sixième de la saison d'écoulé, mais jusqu'ici, le Canadien fait une bonne imitation des Bruins. Le CH représente l'équipe la plus punie de la LNH (19,6 minutes par match) et vient au 7e rang pour les punitions majeures (7). Les trois acquisitions de l'été, Brandon Prust, Colby Armstrong et Francis Bouillon, de même que la recrue Brendan Gallagher, totalisent 57 mises en échec.

L'attaque est également mieux répartie que par le passé, avec neuf buts pour le trio de Tomas Plekanec et cinq pour le trio de David Desharnais et pour celui d'Alex Galchenyuk.

Le résultat de ce début de saison inattendu du CH est qu'avec une victoire mercredi, il prendrait seul le 1er rang de la division.

« On doit profiter de notre chance. Les gens diront que c'est seulement le neuvième match, mais c'est une saison de 48 matchs! Ça en dira long sur notre équipe », croit Pacioretty.

« Ça nous donnerait tout un élan [de les dépasser], mais si on perd, ça ne nous détruira pas », a rappelé Carey Price.

Prêts pour la guerre

Avec Zdeno Chara et Milan Lucic, les Bruins seront toujours durs à affronter sur le plan de la robustesse. Mais en ajoutant le fier-à-bras Prust à sa formation, le Tricolore a tenté de remédier à la situation. Dans la tête des joueurs, du moins, ça fonctionne.

« C'est différent de jouer contre eux avec des gars dans notre formation comme Prust et [Travis] Moen. Ça me fait certainement me sentir plus gros, j'espère que ça le fait aux autres aussi », a indiqué l'attaquant Ryan White.

Pour ce dernier, la stratégie est simple : revenir à ce qui faisait le succès des Montréalais sur les Bruins il y a trois ou quatre ans.

« Tant qu'on est bons en avantage numérique et qu'on se défend les uns les autres, ça ira bien, assure White. S'ils commencent à prendre des punitions et qu'on marque en avantage numérique, ça les calmera. Il y a quelques années, on était bons contre eux et c'est ce qui a fait notre succès. On doit jouer dur entre les sifflets et leur faire prendre les punitions. »

Formations incertaines

Quand White parle de jouer « entre les sifflets », on devine qu'il relaie le message de son entraîneur. Son indiscipline lui a fait rater les deux derniers matchs et la date de son retour demeure incertaine.

« Tu prends une décision sur certains joueurs, c'est bon pour un match, mais après, ce n'est plus une punition, a expliqué Therrien. On est en santé, on a de la profondeur. White va jouer cette semaine, mais je ne sais pas si ça sera demain. Mais je ne vois plus ça comme une punition. Ça doit arrêter un jour. En ce moment, la profondeur nous aide à gagner des matchs. »

À l'entraînement mardi, White et Eller ont patiné en alternance au centre du quatrième trio. Reste à voir si Therrien jugera qu'il a besoin de la robustesse de White face aux Bostoniens.

Les Bruins seront privés de quelques éléments de robustesse pour ce duel. Shawn Thornton (commotion) n'a pas accompagné l'équipe, tandis que le toujours turbulent Brad Marchand (épaule) représente un cas incertain.

Daniel Paillé (haut du corps) est également demeuré à la maison pour ce voyage.

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