Les défenses avantagées?

Martin Brodeur Martin Brodeur  Photo :  AFP/BRUCE BENNETT

Les amateurs de hockey qui préfèrent le jeu offensif et les buts à profusion risquent d'être déçus s'ils assistent aux premiers matchs de la saison.

C'est du moins l'avis que partagent l'entraîneur-chef du Canadien, Michel Therrien, et le gardien Carey Price.

La théorie avancée par notre collègue Dany Dubé, selon laquelle un camp d'entraînement de six jours (ou six jours de séances d'entraînement, comme se plaît à dire Therrien) aura pour conséquence de simplifier les systèmes offensifs, semble populaire dans l'entourage du Canadien.

« La défense aura l'avantage puisqu'elle exercera de la pression sur des attaquants désorganisés, croit Price, questionné à l'issue de l'entraînement de lundi. Je crois que les équipes garderont les choses simples. »

« Offensivement, on verra peut-être du jeu décousu, le synchronisme ne sera pas au maximum, ajoute Therrien. C'est normal, mais ça va revenir avec les matchs. Tu as beau t'entraîner, c'est comme un boxeur, il doit affronter un adversaire. Ça ne sera pas parfait, mais on va essayer de l'être le plus possible. »

Le pilote du CH a aussi rappelé que les meilleurs éléments de chaque équipe ne seront pas immédiatement en mesure de jouer plus de 20 minutes par soir. Le court camp préparatoire et le calendrier condensé ne favoriseront pas une telle utilisation.

« Tu vas voir probablement des équipes jouer avec quatre trios, car ce ne sont pas tous les joueurs qui seront au sommet de leur forme », a expliqué Therrien.

Retour dans le temps

L'expérience de la saison tronquée de 1995 laisse croire que Therrien pourrait avoir raison. Rappelons-nous que le système de la trappe commençait à peine à s'installer dans la Ligue nationale. La saison précédente, trois équipes avaient fracassé la marque des 300 buts, tandis que deux s'étaient arrêtées à 299. Le hockey était encore ouvert.

Or, lors du premier jour de la reprise des activités dans la LNH après le lock-out, le 20 janvier 1995, 8 des 16 équipes en actions avaient inscrit 2 buts ou moins. Et seulement trois avaient marqué plus de trois buts!

Le lendemain, 8 des 14 équipes avaient été tenues à 2 buts ou moins, dont le Canadien, vaincu 5-2 par les Rangers de New York. Encore là, trois équipes avaient inscrit plus de trois filets.

Les attaques avaient-elles seulement besoin d'un match pour retrouver leur synchronisme? Toujours est-il que le 23 janvier, les machines offensives se sont remises en marche. Ce soir-là, cinq des huit équipes en action ont enfilé quatre buts ou plus. Les Penguins avaient d'ailleurs vaincu les Panthers 6-5, dans un festival offensif.

Pour le Canadien, il avait plutôt fallu attendre au troisième match pour voir l'attaque renaître de ses cendres. Le 28 janvier, les hommes de Jacques Demers avaient défait les Devils du New Jersey et Martin Brodeur 5-1.

Ce retour dans le temps n'a évidemment aucune prétention scientifique. Mais il sera certainement intéressant de voir évoluer les systèmes offensifs au fil des jours en début de campagne.

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