Canadien saison 2013, au jeu!

« Je n'ai même pas un contrat à perdre » - Commodore

Mike Commodore et B.J. Crombeen Mike Commodore et B.J. Crombeen  Photo :  Rick Osentoski

Mike Commodore a déjà été échangé contre un choix conditionnel de septième tour. Le voici maintenant au camp du Canadien, mais avec en poche un simple essai, pas même un contrat de la Ligue américaine.

S'il y a un joueur qui arrive au camp du Canadien sans pression, c'est bien Mike Commodore, un sympathique gaillard de 33 ans, vétéran de 484 matchs dans la Ligue nationale, gagnant de la Coupe Stanley avec les Hurricanes de la Caroline en 2006. C'était, souvenez-vous, à l'époque où ses gros cheveux roux frisés dépassaient de partout sous con casque.

« Je n'ai rien à perdre, admet Commodore, au cours d'un généreux entretien d'une quinzaine de minutes, samedi, à Brossard. (Il n'était toutefois pas présent lors de l'entraînement de dimanche.) J'aimerais jouer encore quelques années, obtenir une autre chance de gagner la Coupe Stanley. Mais j'ai joué plus longtemps que bien des gens auraient cru. Je n'ai pas de contrat à perdre, tout à gagner. »

Embauché par le Tricolore en novembre, Commodore a disputé 15 matchs avec les Bulldogs, au cours desquels il a amassé deux points et a présenté un différentiel de -3. De son propre avis, les dernières semaines l'ont aidé à trouver son rythme. C'est pourquoi il est aussi zen face au défi qui l'attend cette semaine.

Mais zen n'est pas synonyme de naïf. Sept défenseurs détiennent des contrats à un volet avec le CH, en plus de P.K. Subban en attente de signer le sien. La bonne vieille « police d'assurance » a pour nom Francis Bouillon, et le Tricolore ne manque pas d'espoirs à développer à la ligne bleue.

Ses chances de rester à Montréal semblent donc minces, mais il en faudra plus pour le déranger.

« Non, je n'ai pas de plan B. Retourner à l'école? Peut-être!, lance-t-il à la blague. J'espère retourner à Hamilton jouer un peu. Mais je n'ai pas de plan après vendredi. »

« Qu'est-ce qui va en résulter, je n'en sais rien. Mais je devrais passer la semaine ici à moins que je fasse quelque chose d'incroyablement stupide. »

Fuir la Ligue américaine

S'il y a une source de motivation pour Commodore, c'est de revenir au rythme de travail plus humain de la Ligue nationale.

Les circonstances de son rappel représentent un exemple parfait de la vie dans la Ligue américaine. À l'issue d'une défaite de 5-2 vendredi soir à Rochester, Commodore a appris qu'il était invité au camp du Canadien. Mais avant de penser à gagner Montréal, encore lui fallait-il parcourir en autobus les quelque 215 kilomètres entre Rochester et Hamilton, en plus de l'attente aux douanes. Après une grosse heure de sommeil, il sautait dans une voiture vers Toronto pour s'envoler vers Montréal.

« Les voyages en bus ne sont jamais agréables. Ils sont plus faciles à digérer à 20 ans, quand tu n'as jamais été dans la LNH. À mon âge, on est plus ankylosés après un match et s'asseoir dans un bus pendant 3-4 heures n'aide pas. Donc oui, c'est une motivation pour moi de rester ici le plus longtemps, pour profiter des voyages en avion et des bons restaurants! »

Un futur commentateur?

Charismatique, avec une voix radiophonique, Commodore a tous les outils pour rêver à une future carrière dans les médias.

En plus de bien s'exprimer, il est capable d'apporter du contenu. C'est ce que les journalistes ont remarqué lorsqu'on lui a demandé de parler de Jarred Tinordi, l'autre défenseur des Bulldogs au camp du Canadien.

« Il a beaucoup de potentiel et il est très bon. C'est un colosse qui peut patiner. Je ne sais pas si les gens réalisent à quel point il patine bien pour un joueur de cette taille. Je rêve de patiner comme lui! Il fait des jeux qui me surprennent. S'il peut améliorer ses mains - ce que tous les joueurs de son gabarit doivent faire - je ne vois aucune limite à son talent. »

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