Après la chasse, les fusillades

Le reportage de Michel Chabot

Le lock-out a été pénible pour tous les joueurs de la Ligue nationale, mais personne n'a autant souffert que les gardiens. 

C'est pourquoi Carey Price était particulièrement rayonnant, jeudi, à son retour au centre d'entraînement du Canadien.

Comme plusieurs de ses semblables, Price n'a pas été en mesure de trouver du boulot en Europe lors des derniers mois. Seulement 16 gardiens ont déniché des contrats dans les circuits européens, dont deux Nord-Américains, Jonathan Bernier et Rick DiPietro, les deux en Allemagne.

Remarquez que son adjoint, Peter Budaj, n'a guère été plus chanceux même s'il est Slovaque. Il a passé son lock-out au Colorado, où il a patiné avec une poignée de joueurs de l'Avalanche et de la région de Denver, mais rarement assez pour disputer de « vrais » matchs à 5 contre 5.

Comment Price s'est-il tenu occupé? D'abord, en retournant à ses anciennes amours, les Americans de Tri-City, dans la Ligue junior de l'Ouest, avec qui il s'est délié les jambes.

« Je me suis dit que ça serait mieux que de voyager partout, a commenté le gardien au sujet de sa décision. C'était revigorant de retourner là où j'ai tellement appris. J'ai adoré mes quatre saisons là-bas. Lors de l'autre lock-out, Olaf Kolzig était venu avec nous. Ça m'avait marqué. C'était drôle d'être dans la même situation. »

Et quand il n'était pas sur la patinoire, Price est resté fidèle à lui-même et est allé à la chasse. Le numéro 31 a suscité diverses réactions lorsque des photos de lui à la chasse, avec notamment le corps d'un coyote mort, ont circulé sur Twitter.

« Oui j'étais surpris [des réactions], mais je suis différent de bien des gens de la ville! », a-t-il lancé.

Même s'il n'a pas joué dans une ligue organisée, c'est un Price aminci qui s'est présenté devant les journalistes. « Deux cent neuf livres (95 kg) ce matin », leur a-t-il dit fièrement, avant de préciser qu'il a atteint cet objectif depuis août dernier.

« Je voulais maigrir, car je savais que la saison serait un sprint, pas un marathon. Je voulais me donner la meilleure chance de jouer le plus de matchs possible. »

Le partage du travail entre Price et Budaj n'a d'ailleurs pas été déterminé encore. Mais avec 48 matchs à disputer entre le 19 janvier et la fin avril, soit à peine 100 jours, Price risque de regarder davantage de matchs depuis le bout du banc qu'à l'habitude.

« Si on joue aux deux jours, ça prendra du repos », a rappelé Price.

Une priorité claire

Price n'a pas hésité une seule seconde lorsqu'on lui a demandé ce qu'il comptait améliorer cette saison.

« Les fusillades. Si on en avait gagné plus l'an passé, on aurait participé aux séries. Vous l'avez vu ce matin, j'en fais ma priorité. »

Price faisait référence aux tirs de barrage qu'il a affrontés à la fin de l'entraînement du jour. C'était là un premier pas pour faire oublier une campagne 2011-2012 horrible du Canadien dans cette situation.

Price a remporté seulement 5 de ses 13 matchs qui se sont conclus après 65 minutes, tandis que son taux d'efficacité de ,650 (14 buts sur 40 tirs) était le 19e de la LNH parmi les gardiens testés au moins 20 fois en fusillade.

Le Britanno-Colombien pourra au moins se perfectionner avec un visage connu, puisque l'entraîneur des gardiens Pierre Groulx a été l'unique rescapé du personnel d'entraîneurs du CH.

« La relation entre un gardien et son entraîneur des gardiens est spéciale et prend du temps à se construire. Il doit apprendre à te connaître comme gardien et comme personne. Ça rend la communication plus facile. L'entraîneur des gardiens est celui qui t'aide quand tu doutes de toi-même. »

Price a indiqué qu'il a été consulté lorsque l'état-major du Canadien faisait le grand ménage parmi le personnel hockey de l'équipe.

« Évidemment, je n'étais pas celui qui prenait la décision, mais je sens que mon opinion a compté », a-t-il ajouté.

Six nouveaux

Outre Price et Budaj, quatre autres joueurs ont profité de l'entraînement de jeudi pour renouer avec leurs coéquipiers. Il s'agit des défenseurs Raphael Diaz et Tomas Kaberle, de même que des attaquants Scott Gomez et Ryan White.

Du lot, seuls Diaz (Suisse) et Kaberle (République tchèque) ont joué en Europe pendant le conflit de travail. Diaz a empilé 29 points en 32 matchs à Zoug, tandis que Kaberle a amassé 6 points en 10 rencontres à Kladno, où il a joué avec son coéquipier Tomas Plekanec.

Parlant de Plekanec, il est bel et bien arrivé à Montréal, mais selon le journaliste Zdenek Matejovsky, il serait à l'hôpital pour un examen en raison d'une blessure aux côtes subie en Europe. Il manque aussi Andrei Markov et Alexei Emelin, attendus de Russie, P.K. Subban (sans contrat) et Petteri Nokelainen (blessé).

Les « intrus » Kristopher Letang et Roman Hamrlik étaient quant à eux absents. Il ne restait que Mathieu Darche parmi les patineurs qui n'appartiennent pas au Tricolore.

L'entraînement était encore mené par le préparateur physique Jean-Philippe Hamel, puisque les entraîneurs du Canadien ne peuvent pas diriger d'exercices tant que la convention collective n'est pas ratifiée.

Par ailleurs, le Canadien a laissé savoir que Gomez s'adresserait seulement aux journalistes une fois que le camp préparatoire du Canadien sera officiellement amorcé.

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