Bilan 2012

On a aussi joué au hockey

kings_prolongation  Photo :  AFP/BRUCE BENNETT (Getty)

Facile à oublier, mais les patinoires de la Ligue nationale ont déjà été peuplées de hockeyeurs, dans les lointains mois de l'année 2012.

Un texte de Guillaume Lefrançois 

Les amateurs de hockey du Canada, eux, auront d'ailleurs vécu l'horreur pendant 12 mois. Privés de leur sport national depuis juin, les six premiers mois de l'année n'ont été guère plus encourageants.

Le retour des Jets à Winnipeg a certes représenté un succès à la billetterie, mais sur la patinoire, l'équipe a été exclue des séries par huit points.

Les Jets n'étaient pas seuls au bas du classement. Maple Leafs (26es), Canadien (28e) et Oilers (29es) ont uni leurs efforts pour donner au sous-sol de la LNH un air drôlement canadien. À Calgary aussi, le printemps s'est déroulé sans séries éliminatoires pour les Flames.

Et ceux qui ont participé au grand bal printanier n'ont pas dansé très longtemps. Champions de la saison dans la LNH, les Canucks de Vancouver ont vite réalisé que leurs 111 points ne valaient plus rien en avril. Ils ont tout juste eu le temps d'arracher un match aux Kings de Los Angeles avant de plier bagage dès le premier tour.

De leur côté, les Sénateurs, inattendus en séries, ont tenu tête aux Rangers de New York jusqu'à un ultime septième match. Mais dès le deuxième tour des séries, c'en était fait des équipes canadiennes.

Avec de tels insuccès au Canada, et des marchés traditionnels comme Chicago, Détroit et Boston éliminés d'entrée de jeu, les affiches étaient plus ou moins alléchantes pour la LNH. Le scénario catastrophe d'une finale Phoenix-New Jersey a été évité, mais la présence d'un grand marché comme Los Angeles n'a pas empêché le désastre de se produire. La finale entre les Kings et les Devils a attiré 33 % moins de téléspectateurs aux États-Unis que celle de 2011 entre les Canucks et les Bruins.

Sur la glace, cette finale a donné droit à un choc des générations entre le vétéran Martin Brodeur et le jeune Jonathan Quick. Ce dernier a remporté son duel, trophée Conn-Smythe en main pour prouver son point.

Performances individuelles mémorables

La saison 2011-2012, elle, a donné droit à quelques exploits individuels des plus impressionnants.

Le retour de Sidney Crosby arrive en tête de liste. Après un retour au jeu de courte durée en novembre 2011, le 87 avait pleinement recouvré la santé en mars. Cinq passes à ses deux premiers matchs, neuf à ses quatre premiers, 25 points en 14 matchs et une tonne de confiance pour les séries. Ses huit points face aux Flyers n'ont pas empêché les Penguins d'être éliminés au premier tour.

Parlant des Flyers, Claude Giroux a poursuivi son ascension amorcée au printemps 2012. Malgré une absence de cinq matchs, le Franco-Ontarien a pris le 3e rang des marqueurs de la LNH.

Les exploits de Steven Stamkos sont également dignes de mention. À seulement 22 ans, il est devenu le deuxième joueur du millénaire à atteindre la marque des 60 buts. Curieusement, Alexander Ovechkin avait le même âge quand il a empilé 65 buts en 2007-2008.

Un été fou

L'été a également été mémorable pour les amateurs de hockey.

Le marché des joueurs autonomes ne regorgeait certes pas de joueurs de renom, mais il n'y a pas manqué d'histoires croustillantes pour autant.

Martin Brodeur en fait certainement partie. Le gardien que l'on peine à imaginer dans un uniforme autre que celui des Devils a fait la manchette quand il a embauché Pat Brisson comme agent. Brodeur a même été libre comme l'air pendant 24 heures, mais s'est entendu avec Lou Lamoriello le 2 juillet.

Les joueurs autonomes avec compensation ont également attiré l'attention. À Montréal, on n'en avait que pour P.K. Subban, toujours sans contrat, mais l'offre hostile des Flyers de Philadelphie à Shea Weber a envoyé une onde de choc à Nashville. Les Predators ont finalement égalé l'offre de 14 ans et 110 millions de dollars.

Les deux joueurs les plus convoités, Zach Parisé et Ryan Suter, ont fini par aboutir au même endroit. Le propriétaire du Wild du Minnesota, Craig Leipold, a alors sorti 196 millions de dollars de son chéquier pour offrir des ententes jumelles de 13 ans aux deux vieux amis.

Ironiquement, les propriétaires de la LNH sont maintenant prêts à « mourir » pour limiter les contrats à cinq ans.

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