On se regroupe

Le conseiller Matthew Schneider, l'attaquant Ron Hainsey des Jets de Winnipeg et le conseiller Steve Fehr Mathieu Schneider, Ron Hainsey et Steve Fehr  Photo :  PC/AP Photo/Louis Lanzano

Le calme était revenu vendredi après une journée de tempête dans les négociations en vue du renouvellement de la convention collective de la LNH, qui ont pris fin de manière spectaculaire jeudi.

La ligue et l'Association des joueurs de la LNH (AJLNH) ont pris un peu de recul pour évaluer la situation et pour préparer la prochaine ronde de négociations. On ne sait toujours pas quand les discussions reprendront, mais ça ne devrait pas tarder puisque la fenêtre pour disputer une saison partielle commence à se refermer.

Même si les trois jours de négociations se sont conclus avec quelques attaques publiques entre les deux parties, le commissaire Gary Bettman a refusé de dire qu'un manque de confiance envers le directeur de l'AJLNH Donald Fehr les empêchait de ratifier une entente.

« Il n'y a pas lieu de suggérer que la confiance soit un problème, avait déclaré Bettman jeudi soir. Écoutez, des négociations de travail, c'est difficile. Et parfois, c'est encore plus difficile selon les buts et les objectifs des personnes et des organisations. Mais en fin de compte, ce sont des professionnels dans les salles de rencontre. »

La 12e semaine du lock-out a été une véritable ballade en montagnes russes.

Tout semblait rose mardi quand quatre nouveaux propriétaires se sont joints aux négociations et ont rencontré des joueurs jusqu'à tard en soirée, ce qui a fait croire à certains qu'une entente serait bientôt ratifiée. Puis, le ton a levé mercredi lors d'un autre marathon de discussions au cours duquel il y a eu un échange de propositions.

Donald Fehr annonce la mauvaise nouvelle, les joueurs accusent le coup. Donald Fehr annonce la mauvaise nouvelle, les joueurs accusent le coup.  Photo :  Mary Altaffer

Jeudi, Fehr a remis une proposition détaillée à la LNH et a déclaré aux journalistes que les deux parties s'étaient rapprochées sur certains enjeux clés et qu'une entente était imminente. Peu après, il s'est présenté de nouveau sur le podium et a indiqué que la situation avait évolué, mais pas positivement. Il a expliqué que l'adjoint au commissaire, Bill Daly, avait laissé un message à son frère, Steve Fehr, mentionnant à l'AJLNH que la ligue avait rejeté l'offre et avait retiré sa propre offre de la table.

Il s'agissait d'un revirement de situation inattendu, quelque chose que les frères Fehr n'avaient jamais vécu au cours de leurs années en tant que représentants des joueurs du baseball majeur.

En milieu de soirée, Bettman et Daly ont parlé aux représentants des médias pendant plus de 30 minutes et le commissaire semblait particulièrement fâché. Il a entre autres blâmé Fehr pour avoir créé de faux espoirs après avoir déposé son offre.

Gary Bettman Gary Bettman  Photo :  PC/AP Photo/Mary Altaffer

« Je ne crois pas que de nous faire vivre ce genre d'émotions en disant "peut-être que nous sommes près et nous allons jouer au hockey demain" est productif, avait dit Bettman. C'est terriblement injuste pour nos partisans et c'est injuste envers le processus. Nous allons prendre une profonde respiration et regarder où nous nous trouvons en ce moment, puis déterminer ce qui doit être fait. »

Les deux parties ne sont pas entrées en contact vendredi et ont plutôt profité de la journée pour reprendre les esprits.

Même si une entente n'a pas été conclue, on ne peut nier qu'il y a eu du progrès au cours de cette ronde de négociations.

La LNH a offert 300 millions de dollars en paiements différés afin de faciliter la transition d'un système dans lequel les joueurs touchent 57 % des revenus à un autre dans lequel ils en toucheraient 50 %. La LNH a aussi accepté de ne pas effectuer de changements à l'autonomie, aux contrats des recrues et à l'arbitrage salarial.

Cependant, Daly a expliqué que les deux parties ne s'entendent toujours pas sur trois enjeux clés : la longueur de la convention collective, une règle qui limiterait la durée des contrats des joueurs à cinq ans et le désir de l'AJLNH de créer des règles entourant le rachat des contrats pour aider les équipes à réduire leur masse salariale et à respecter le plafond.