Passionnés par leur métier

Reportage de Michel Chabot

Le métier d'entraîneur au hockey est très exigeant et parfois même cruel. Pourtant, ceux qui le pratiquent professionnellement en sont fous. Michel Chabot s'est intéressé à cette profession. Et dans le premier de deux reportages, il explore les qualités requises pour y exceller.

Pascal Vincent a accédé à la Ligue nationale l'an dernier, quand les Jets de Winnipeg l'ont embauché comme adjoint.

Pourtant, il n'avait pas de telles ambitions après une saison comme joueur dans la East Coast League (aujourd'hui, la ECHL). Mais on lui a offert le poste d'adjoint à l'entraîneur avec les défunts Lynx de St-Jean dans la LHJMQ.

« Ça a causé un peu de friction avec mes parents, avoue Vincent. J'ai 21 ans, j'ai de belles aptitudes à l'école et j'aime l'école. Dire que je mets ça de côté et que je m'en vais entraîneur dans le junior à 250 $ par semaine... »

Après quelques saisons à jouer dans les mineures, Jean-François Houle est devenu adjoint à l'Université Clarkson, son alma mater.

Puis, après sept années là-bas, il prenait enfin les rênes d'une équipe : les MAINEiacs de Lewiston, dans le circuit Courteau. Il a rapidement constaté l'ampleur de la tâche.

« Il faut vraiment que tu te concentres à encadrer 23-24 joueurs, pas juste quelques-uns, explique Houle, aujourd'hui entraîneur-chef de l'Armada de Blainville-Boisbriand. Quand tu es assistant, c'est d'être ami avec les joueurs, les mettre de ton côté. Mais entraîneur-chef, c'est vraiment différent. »

Jon Goyens en est à sa quatrième saison comme entraîneur-chef des Lions du Lac-Saint-Louis, dans le midget AAA. Dès le départ, il a mené ses troupes à la finale, mais il se souvient encore de ses débuts difficiles.

« Ma première année, on n'avait pas gagné avant le 11e match, c'était très difficile, se remémore-t-il. Comme entraîneur, tu retournes chez toi, tu te demandes ce que tu fais de pas bon. Je me regarde souvent dans le miroir. »

CV recherché

Pour faire ce métier, il faut des qualités de meneur, de la créativité, de la confiance en soi, mais aussi de l'humilité.

Il faut également être bon pédagogue et fin psychologue.

« Il faut que tu les éduques, les jeunes, ils ont juste 16, 17, 18 ans, croit Houle. Ils n'ont pas toujours eu l'encadrement qu'ils auraient dû avoir. Ce n'est pas seulement de devenir un bon joueur, mais aussi une bonne personne. »

« Tu dois avoir un système collectif, une approche individualisée pour chacun des joueurs, donc apprendre à connaître tes joueurs. Et les connaître, c'est d'apprendre à connaître ce qui les motive, à savoir ce qui les porte à devenir meilleurs », ajoute Vincent.

« Je les traite comme un petit frère, dit Goyens, en parlant de ses joueurs. Je suis le plus vieux de quatre garçons chez moi et c'est comme ça. Je suis lousse si je dois être lousse, je suis tough quand je dois être tough. »

Jeudi, il sera question de l'insécurité inhérente à cette profession et de la famille, essentielle pour l'équilibre.

(D'après un reportage de Michel Chabot)

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