La soirée des Nordiques

Reportages de Michel Chabot et Jean-François Poudrier et commentaires de Martin Leclerc

À défaut de revivre à Québec, le chandail fleurdelisé a eu son heure de gloire, lundi soir, à Toronto, avec l'intronisation au Temple de la renommée de deux de ses porte-couleurs les plus notables.

Joe Sakic et Mats Sundin ont fait leur entrée au panthéon du hockey, en compagnie d'Adam Oates et de Pavel Bure. Les quatre attaquants ont d'ailleurs reçu leurs bagues commémoratives lundi matin.

Choix de premier tour de l'équipe, 15e au total, en 1987, Sakic a assisté à la fois à la renaissance et à la mort des Nordiques. L'attaquant a connu trois de ses six saisons de 100 points dans la Vieille Capitale. Il a été le dernier capitaine des Nordiques, avant leur déménagement au Colorado.

« J'ai eu la chance de disputer 20 saisons, de lever la coupe Stanley deux fois, j'ai pu jouer pour mon pays et remporter une médaille d'or, a dit Sakic. Mais ceci est le plus grand honneur que j'ai reçu. »

Sakic occupe le 9e rang de l'histoire de la Ligue nationale avec 1641 points, une position qu'il devrait conserver pendant plusieurs années. Son plus proche poursuivant, parmi les joueurs actifs, est le quadragénaire Teemu Selanne, avec 1406 points.

Avec 625 buts, Sakic se classe 15e, une autre position assurée à moyen terme. Jarome Iginla, avec 516 filets, est le mieux placé pour le dépasser.

Sakic est l'unique champion de la Coupe Stanley de cette cuvée 2012. Il a mené l'Avalanche à la conquête du titre en 1996 et en 2001. Le trophée Conn-Smythe lui était d'ailleurs revenu en 1996, grâce à sa récolte de 34 points en 22 matchs.

Sundin, lui, était un acteur central du renouveau des Nordiques de 1992-1993. Cette année-là, la formation québécoise avait mis fin à une séquence de 3 saisons de suite de 20 victoires et moins avec une récolte de 104 points. Sundin en avait profité pour connaître sa meilleure campagne offensive : 47 buts, 67 passes, 114 points, tous des sommets qu'il n'égalera jamais au cours de ses 15 saisons suivantes, à Toronto et à Vancouver.

L'histoire retiendra toutefois de cette saison de Sundin cette séquence au cours de laquelle son entraîneur-chef, Pierre Pagé, l'enguirlande au banc des siens, dans le sixième match de la série de premier tour entre le Canadien et les Nordiques.

Un an plus tard, Pierre Lacroix, nouveau directeur général, l'échangera aux Maple Leafs de Toronto pour obtenir Wendel Clark. Dans la Ville Reine, le Suédois s'est établi comme un modèle de régularité, avec 12 saisons de suite d'au moins 70 points. Ses exploits lui valent le 1er rang des marqueurs de l'histoire des Leafs. Il a inscrit à Toronto 987 de ses 1349 points.

« Il y a tellement de gens à remercier que ça me prendrait la soirée au complet! de dire Sundin. Le hockey est ce qui m'est arrivé de mieux dans la vie et je n'ai pas de mots pour exprimer ce que représente être intronisé au Temple de la renommée. »

Le meilleur buteur?

Avec 437 buts et 779 points, Pavel Bure présente certainement des statistiques enviables, mais pas forcément dignes du Temple de la renommée. Mais quand on réalise qu'il a atteint de telles marques en seulement 702 matchs, il ne fait aucun doute qu'il mérite sa place à Toronto.

De tous les marqueurs de 400 buts de l'histoire de la LNH, la « fusée russe » est d'ailleurs celui qui a disputé le moins de matchs.

Son palmarès, avec les Canucks de Vancouver, les Panthers de la Floride et les Rangers de New York : 5 saisons de 50 buts, dont 2 de suite de 60 (1992-1993 et 1993-1994).

Des problèmes à un genou l'ont ralenti et l'ont forcé à accrocher ses patins après le lock-out de 2004-2005. Bure avait déjà fait l'impasse sur la campagne 2003-2004. Il a donc disputé son dernier match de hockey à l'âge de 31 ans.

Un très bon passeur

Si Adam Oates et Pavel Bure terminent leur parcours côte-côte à Toronto, ils s'y sont rendus en empruntant des routes bien différentes.

De tous les marqueurs d'au moins 1300 points dans l'histoire, Oates est celui qui totalise le moins de buts (341). Mais ses 1079 passes le placent au 6e rang de l'histoire à ce chapitre.

Des sept équipes pour qui il a joué, Oates aura le plus marqué les Blues de St. Louis et les Bruins de Boston. À St. Louis, sa complicité avec Brett Hull a donné aux Blues un duo aussi dangereux qu'éphémère. Avec Oates comme passeur, Hull a connu des saisons de 72 et de 86 buts (1989-1990 et 1990-1991), avant d'en marquer 70 l'année suivante, malgré le départ d'Oates pour Boston en fin de saison.

Au Massachusetts, Oates a prouvé qu'il n'avait pas besoin du Golden Brett pour produire. Une récolte de 142 points en 1992-1993, même si Cam Neely n'avait disputé que 13 matchs cette année-là, a convaincu les sceptiques.

Oates n'attend plus que la fin du lock-out dans la LNH pour amorcer une autre carrière qu'il souhaitera aussi mémorable : celle d'entraîneur-chef des Capitals de Washington.

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