Tim Bozon
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PITTSBURGH - À titre de premier Français de l'histoire à avoir joué dans la Ligue nationale, Philippe Bozon rêvait de porter les couleurs du Canadien.
Un texte de Guillaume Lefrançois
Après 144 matchs avec les Blues de St. Louis, entre 1991 et 1995, Bozon a pris le chemin de l'Europe, avant de réaliser son rêve.
« J'ai joué en LHJMQ à Saint-Jean, j'allais voir le Canadien au Forum, a raconté Bozon, samedi, jour 2 du repêchage de la Ligue nationale. C'était un rêve de gamin. De voir que Tim porte le chandail que j'aurais aimé porter, c'est une fierté. »
Tim, c'est son fils, sur qui le Canadien a jeté son dévolu au troisième tour, avec le 64e choix de la séance 2012. À sa première saison à Kamloops dans la Ligue de l'Ouest (WHL), il a fait écarquiller les yeux des recruteurs avec 71 points en 71 matchs.
« C'est un très bon feeling, c'est une bonne organisation, dit le jeune homme de 18 ans. Le fait que ça parle français est très bon. J'adore le Québec. »
La conquête de l'Ouest
Natif de St. Louis, Tim Bozon a joué son hockey mineur en Suisse. Mais après une campagne 2010-2011 pour l'équipe junior de Lugano, le temps était venu de faire le grand saut.
« Notre choix qu'il vienne au Canada, c'est pour combler certaines lacunes que tu ne peux pas combler en Europe, explique Philippe Bozon. Il a eu une bonne formation en Suisse, mais il lui manquait le jeu sur les petites glaces, la vitesse d'exécution et le jeu défensif. Les Européens sont de bons techniciens, mais n'ont pas toujours la culture défensive. »
« Je veux jouer dans la LNH et je vais tout faire pour y parvenir, lance Tim Bozon. De jouer dans la Ligue canadienne, c'est le meilleur chemin, il y a plus de dépisteurs. J'ai choisi l'Ouest parce que c'est plus dur, il y a plus de voyages, les défenseurs sont plus gros. C'est une ligue où il faut être fort mentalement. J'aurais pu choisir la LHJMQ, mais je voulais un endroit où c'est dur. »
C'est justement cette détermination qui a charmé l'état-major du Canadien, surpris d'avoir pu mettre la main sur lui aussi tardivement.
« C'est un Européen qui va jouer à Kamloops. C'est évident qu'il veut devenir un joueur de hockey. Il est parti de loin, de chez lui, pour se tremper dans le hockey. Ça m'a impressionné », a admis le directeur général Marc Bergevin.
Il voit grand
« J'ai peut-être surpris des gens, mais pas moi, j'étais conscient de mes habiletés. C'était une nouvelle ligue, je ne connaissais pas le niveau, la glace est plus petite. C'était plus ça que les points qui me préoccupaient. Mais je suis content de mes résultats, les gens savent maintenant qui est Tim Bozon. »
Visiblement, le jeune Bozon ne manque pas de confiance en soi. Classé 42e en Amérique du Nord par la centrale de recrutement de la LNH, 45e par la revue McKeen's, Bozon se voyait comme un choix de milieu de deuxième tour. À un certain point, il a trouvé le temps long.
« Je pensais être dans les 40-45 premiers. Je n'entendais pas mon nom, j'étais nerveux. Mais peu importe le repêchage, c'est ce que tu fais dans les prochaines années qui compte. »
Le paternel reconnaît lui aussi la détermination de son fils.
« Tim se met des défis assez hauts, il a de grosses attentes et il me fait parfois peur. On essaie de calmer les choses. Mais il met aussi tout en place pour réussir. Il en veut toujours plus. »
Le feu contre le feu. C'est un peu de cette façon qu'il faut entrevoir ce choc entre un joueur qui en veut plus et un marché qui en demande toujours plus de ses joueurs. C'est ainsi que Philippe Bozon voit la nouvelle situation de son fils.
« C'est beaucoup de pression. Mais il faut prendre l'énergie positive qui se dégage de cette ville, ce monde qui vit du hockey. Pour Tim, qui vit du hockey jour et nuit, il n'y a pas de meilleure place. »