Staubitz à l'hôtel avec l'ennemi!

Brad_Staubitz Brad Staubitz  Photo :  PC/Chris O'Meara

MONTRÉAL - Ce n'est jamais facile pour un joueur de se greffer à une nouvelle équipe en cours de saison, encore moins quand il ne reste qu'une vingtaine de matchs à disputer.

Un texte de Guillaume Lefrançois

Si Brad Staubitz était un peu dépaysé à son premier match avec le Canadien (24-30-10) mardi, à Tampa, il le sera moins pour le match de jeudi, face au Wild du Minnesota (28-26-9).

Staubitz affrontera donc ses anciens coéquipiers, avec qui il a passé les deux dernières saisons. Mais il n'a pas attendu de sauter sur la patinoire avant de renouer avec eux, puisqu'il séjourne au même hôtel que le Wild à Montréal. Staubitz en a notamment profité pour saluer son ancien cochambreur, le défenseur Nick Johnson.

« J'ai envoyé la facture à sa chambre. Quand il va quitter l'hôtel, il va avoir une belle surprise, j'ai vidé le frigo! », a lancé Staubitz, à l'issue de l'entraînement matinal du Tricolore.

Le nouvel homme fort du Canadien est conscient qu'il a l'avantage de bien connaître l'ennemi.

« J'ai du bon matériel sur quelques joueurs. Donc si je veux lancer des flèches, je suis bien équipé », a-t-il ajouté.

Un rôle difficile

Blagues à part, Staubitz sera dans une situation délicate. Évidemment, tous les joueurs sont appelés à affronter leur ancienne équipe tôt ou tard. Le défi est toutefois différent pour un joueur qui a pour principale tâche de jeter les gants. Il n'a d'ailleurs pas trop insisté sur cette dimension de son travail.

« C'est venu vite, a reconnu le numéro 25 du CH. En général, tu as une période de grâce. Mais je vais jouer dur. J'ai de bons liens chez le Wild. C'est clairement un match que j'aimerais gagner. »

Évidemment, Randy Cunneyworth a tenté de minimiser le tout.

« Il sera prêt, a assuré l'entraîneur-chef du Canadien. C'est simplement une habileté qu'il détient. Il travaille fort et c'est dur de jouer contre ce genre de joueur. Ça déteint sur les autres. Si quelqu'un veut aller plus loin, il sera prêt. Tu ne regardes pas le nom de l'autre joueur, tu veux juste aider ton équipe à gagner. »

Ses anciens alliés, eux, savent que Staubitz est dans une situation ingrate.

« En général, les hommes forts sont des gars drôles, qui font vraiment partie de l'équipe, a dit Johnson. De le voir partir et essayer de nous intimider, ça sera bizarre, peut-être difficile pour lui. S'il me frappe, est-ce que je le prends au sérieux? S'il veut se battre, oui, je le prendrai au sérieux, mais je vais avoir peur! Heureusement qu'on joue seulement une fois contre lui! »

« Il était tellement populaire, a rappelé l'entraîneur-chef du Wild, Mike Yeo. Mais je sais aussi que c'est un professionnel, il va faire son travail. Je crois qu'il préférerait jouer ce rôle contre une équipe qu'il ne connaît pas aussi bien. »

Qui sera laissé de côté?

Il sera intéressant de voir si Cunneyworth sera sensible à ces arguments. Le pilote du Canadien n'a pas voulu dévoiler s'il jouerait avec 11 ou 12 attaquants.

Parlant de joueurs retranchés, Lars Eller a eu droit à un long entretien avec son entraîneur sur la patinoire dans les dernières minutes de la séance matinale. Il ne faut pas y voir le signe d'une punition pour le jeune Danois, a assuré Cunneyworth.

« J'ai rencontré plusieurs joueurs, donc si ça veut dire ça (que le joueur est retranché), je n'aurais pas une formation complète! C'était simplement quelques rappels sur ce qu'on veut qu'il fasse. Je le fais aussi hors glace. »

Mathieu Darche n'a pas chaussé les patins jeudi matin. Toujours blessé au haut du corps, Darche ratera donc un quatrième match de suite.

Andrei Markov s'est entraîné de nouveau avec ses coéquipiers, mais les contacts sont toujours interdits dans son cas.

Price touche encore à la coupe

Par ailleurs, Carey Price sera devant le filet du Tricolore, qui tentera de mettre fin à une série de cinq défaites consécutives.

D'ailleurs, le Canadien a annoncé que le gardien a remporté la Coupe Molson pour le mois de février. Il remporte ainsi une quatrième tranche du classement de la saison 2011-2012. Max Pacioretty (janvier) est le seul autre joueur à en avoir enlevé un segment.

Price a disputé 12 des 14 matchs de son équipe en février. Il a conservé un dossier de 5-6-1, avec une moyenne de buts alloués de 2,40 et deux blanchissages les 5 et 11 février. Il a repoussé 318 des 347 tirs dirigés vers lui, pour taux d'efficacité de ,916.