Quand Gorges se fâchait, Muller riait

Josh Gorges Josh Gorges   © AFP/Greg Fiume/Getty Images

BROSSARD - Si Josh Gorges est devenu un pilier de la défense du Canadien, s'il est devenu l'une des voix les plus écoutées dans le vestiaire, c'est notamment grâce à l'homme qui sera derrière le banc ennemi lundi soir.

Un texte de Guillaume Lefrançois

Gorges doit une fière chandelle à Kirk Muller et il le sait. Quand on lui parle de l'actuel entraîneur-chef des Hurricanes de la Caroline, le défenseur du Tricolore se remémore ses premiers pas dans l'organisation.

« Ça m'a beaucoup aidé de parler avec un gars comme lui, pour me calmer, pour savoir ce que je devais faire, explique Gorges. Il y a des jours où tu crois que tu n'iras nulle part, tu as le goût de rentrer à la maison. Mais il m'a aidé, il m'a poussé. »

Pour comprendre le genre d'impact que Muller a eu sur le moral de Gorges, il faut remonter à 2007. Cette année-là, en février, le Canadien l'obtient, en compagnie d'un premier choix au repêchage (devenu Max Pacioretty), contre Craig Rivet.

Gorges dispute 7 matchs en mars, à hauteur d'environ 13 minutes par match. Mais l'automne suivant, le joueur alors âgé de 23 ans commence à trouver le temps long. On l'aperçoit plus souvent sur la passerelle de presse que sur la patinoire.

« J'ai seulement joué 10 des 30 premiers matchs de la saison, rappelle-t-il. Donc, il y avait plusieurs matins de matchs où c'était seulement moi et Kirk sur la patinoire pour me préparer pour ma prochaine chance. »

Un vendredi de novembre (le 16 ou le 23, Gorges ne s'en souvient plus), à Buffalo, la marmite a fini par exploser. À l'issue d'un entraînement matinal, Gorges a fait de longues minutes supplémentaires avec Muller.

« Je n'avais pas joué pendant plusieurs matchs de suite (NDLR : il n'avait pas joué entre le 7 et le 28 novembre). Je devenais frustré. Kirk est venu me voir et m'a dit : "Désolé, je dois faire ça, je dois m'assurer que tu restes prêt."

« C'était pénible, c'était seulement moi en solitaire. Au dernier tour, j'en ai eu assez, j'ai perdu mon calme et j'ai cassé mon bâton sur le poteau. Il est venu en riant et m'a calmé. C'était des jours difficiles, mais il était toujours là pour me pousser. »

Plus de quatre ans plus tard, Gorges en a gardé une amitié.

« Je lui ai parlé un peu cette année. Mais comme il dirige une autre équipe, on s'en tient à se demander comment ça va! Mais ce sera un ami pour longtemps. »

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