Montréal, un cirque?

Les partisans plus durs à Montréal? Les partisans plus durs à Montréal?   © PC/Paul Chiasson

À défaut de se tailler une place dans les séries, le Canadien aura encore beaucoup fait parler de lui cette saison.

Quelques coups de théâtre bien sentis! Assez pour faire dire à Jaroslav Spacek qu'il était heureux d'avoir quitté tout ce cirque. Mais que pensent de Montréal les joueurs des autres équipes? Est-ce un marché qui fait peur?

Il y a trois mois, Spacek blaguait encore avec la presse de Montréal. Il a vite déchanté comme en témoigne sa récente déclaration aux journalistes affectés à la couverture des Hurricanes de la Caroline. « Je suis bien content d'être loin de ce cirque. »

Tout est passé dans le tordeur montréalais. Mais il faut le dire, la tourmente n'a pas manqué cette saison à Montréal.

Jacques Martin pose maintenant des affiches pour son école de hockey et fait du dépistage. Le Tricolore continue de perdre avec un entraîneur unilingue anglophone.

Opinions tranchées

Rencontré durant le week-end des étoiles à Ottawa, Jason Pominville, des Sabres de Buffalo, y est allé de cette observation :

« Montréal, c'est le plus gros marché de la ligue avec Toronto. Donc, les attentes sont toujours élevées. Les joueurs ont beaucoup de pression. C'est un marché très différent de celui de Buffalo. À Montréal, les attentes sont super élevées année après année. »

Scott Hartnell, des Flyers de Philadelphie, ne mâche pas ses mots. « Tu joues un bon match à Montréal et tu peux devenir premier ministre. Un mauvais match et ils t'enverront à Alcatraz pour un mois. »

Hartnell avoue tout de même avoir du respect pour ceux qui acceptent de porter le chandail du Bleu-blanc-rouge. « C'est difficile de jouer là-bas. Il faut respecter les gars qui jouent là en donnant tout ce qu'ils ont tous les soirs. »

Il est clair que certains joueurs font la différence entre les marchés canadien et américain. Le défenseur Zdeno Chara, des Bruins, a beau jouer pour l'un des six clubs originaux, il sent bien la présence de trois autres sports majeurs à Boston.

« L'attention n'est pas entièrement sur le hockey. Il y aussi les Red Sox, les Celtics et les Patriots. »

Pour Henrik Sedin, l'attention médiatique est aussi grande à Vancouver qu'à Montréal ou à Toronto. Roberto Luongo, le souffre-douleur des partisans des Canucks, en sait quelque chose.

Pour Marian Hossa (Blackhawks), dont le frère a déjà joué à Montréal, le Canadien est un four médiatique. Grisant, peut-être, mais parfois éprouvant! Marian, qui a déjà joué à Ottawa, préfère sa vie actuelle aux États-Unis.

Pas si difficile...

L'analyste Dany Dubé n'est pas d'accord avec les propos tenus par certains joueurs. Il croit que la réputation de Montréal est surfaite et que New York est bien pire.

« Eric Lindros, Jagr, Gomez, ce sont des joueurs qui se sont fait huer systématiquement à tous les matchs locaux. On ne voit pas ça ici. »

Il faudrait peut-être en parler à Serge Savard, Pierre Turgeon ou Patrice Brisebois qui ont préféré l'exil afin de poursuivre leur carrière.

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