Un an de désabusement

Scott Gomez Scott Gomez   © AFP/Bruce Bennett/Getty Images

MONTRÉAL - Un unilingue anglophone nommé entraîneur-chef, un directeur général sans charisme, peu enclin à parler devant les caméras. Ajoutez à cela une équipe en chute libre au classement et les ingrédients du plus profond cynisme sont réunis.

Un texte de Guillaume Lefrançois

Et dans toute cette morosité, un joueur, Scott Gomez, traverse les pires moments de sa carrière. Or, il s'agit du joueur le plus gourmand sur la masse salariale du Canadien. C'est là que le cynisme fait place au désabusement.

« Si le Canadien était 5e dans l'Est, je ne pense pas qu'on en aurait parlé autant, a admis Pierre-Luc Paquin, fondateur du site web celebrations-gomez.com, de même que des pages Facebook et Twitter qui lui sont associées. On aurait autre chose à se mettre sous la dent. On a eu cette idée à partir de l'ennui. C'était plate. »

Le match de dimanche après-midi face aux Jets de Winnipeg marque donc le premier anniversaire du dernier but de Gomez. Le 5 février 2011, l'attaquant acquis à l'été 2009 battait Martin Biron en deuxième période d'une victoire de 2-0 du Tricolore sur les Rangers de New York.

Pour ceux qui ne s'en souviennent plus, le but a été popularisé par une vidéo calquant une récente campagne publicitaire de la LNH (History will be made). Au-delà des huées au Centre Bell, le web 2.0 est d'ailleurs le principal vecteur de la désillusion des partisans. Un protocole pour les partisans présents à la rencontre de dimanche a même été diffusé dans les réseaux sociaux.

La campagne fait tranquillement le tour de la planète hockey. Même le New York Magazine y a consacré un article sur son site web, là où on ne s'ennuie pas exactement de Gomez...

Et après?

Les amateurs de la campagne devront vite faire leur deuil des célébrations. Pierre-Luc Lavoie prévoit d'ailleurs que sa campagne battra de l'aile si Gomez ne marque pas dimanche.

« On va être très contents s'il marque, car après dimanche, ça n'aura plus d'importance. Ce sera le retour au quotidien », explique-t-il.

Mais but ou non, Pierre-Luc Lavoie, un programmeur de sites Internet de Québec, voit dans le succès de sa campagne un triste reflet des déboires du Canadien.

« C'est vraiment triste, car la seule chose qui nous reste à fêter, c'est ça », conclut-il.

La léthargie de Scott Gomez en chiffres (les sept matchs éliminatoires face aux Bruins sont inclus dans les calculs) :

  • 17 h 1 min 58 s passées sur la patinoire depuis le match du 5 février 2011
  • 2 h 30 min 24 s en avantage numérique
  • 1253 présences sur la patinoire
  • 122 tirs au but
  • 58 matchs
  • 22 passes
  • 0 tir sur le poteau, selon les comptes rendus jeu par jeu publiés par la Ligue nationale