Randy Cunneyworth et Larry Carrière
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AP Photo/Nam Y. Huh
BROSSARD - L'anecdote est savoureuse. Après l'entraînement de vendredi, Lars Eller parle aux journalistes et mentionne un discours de « Scotty » fait aux joueurs ce matin-là.
Un texte de Guillaume Lefrançois
Il n'en fallait pas plus pour que les scribes croient qu'il s'agissait de Scott Gomez. Ce même Gomez au rendement si énigmatique qu'on se demande bien ce qu'il pourrait dire à ses coéquipiers pour les relancer. Ce même Gomez qui « célébrera » dimanche le premier anniversaire depuis son dernier but, s'il ne marque pas samedi.
Or, une fois les caméras éteintes, Eller continue à parler, de façon plus informelle, jusqu'à ce qu'on comprenne qu'il s'agissait plutôt de David Scott, le psychologue de l'équipe. Le plus grand quiproquo de la saison était désamorcé...
Cela dit, cette rencontre avec le Dr Scott n'était aucunement liée au fait que le Tricolore a subi jeudi une de ses défaites les plus dures moralement. Laisser filer une avance de deux buts à l'étranger contre une équipe que vous devez devancer n'est jamais facile à accepter.
« Ça n'avait rien à voir avec ce qui se passe en ce moment, a assuré l'entraîneur-chef du Tricolore, Randy Cunneyworth. C'était prévu à l'horaire, comme ce l'est quelques fois par année. Mais ça arrive à point. C'est une façon de tirer le maximum des joueurs. »
Pour Yannick Weber aussi, le moment n'aurait pas pu être mieux choisi.
« C'est de l'air frais, quelqu'un de l'extérieur nous parle, a dit le Suisse. Il nous mentionne certaines choses pour nous aider à retourner la situation. Ça fait changement des entraîneurs, il voit les choses dans une autre perspective. »
L'espoir
Cette fois, le Dr Scott devait vraiment être convaincant. Le Canadien a amorcé sa semaine la plus importante de la saison avec deux revers, si bien que le spectre d'un congé hâtif se précise.
Le Tricolore compte 47 points en 51 matchs. Il a donc besoin de 46 points dans les 31 derniers matchs pour atteindre 93 points, soit la fiche des Rangers de New York l'an passé, bonne pour le 8e et dernier rang donnant accès aux séries.
Pour y parvenir, l'équipe a besoin d'une improbable fiche de 21-6-4. On remarquera que les Montréalais devront gagner deux matchs de plus dans leurs 31 derniers matchs qu'ils en ont gagnés dans leurs 51 premiers.
Eller n'a donc surpris personne quand il a vaguement évoqué la teneur des propos de David Scott.
« Il a dit qu'il y a de l'espoir, a dit l'attaquant danois. Et tant qu'il y a de l'espoir, on doit y croire, pour notre organisation, nos partisans, notre voisin de casier. »
Ça, c'est pour le côté optimiste de la chose. Le Canadien a bel et bien des chances mathématiques de participer aux séries.
Pour les plus pessimistes, il y a cette autre statistique à surveiller. Depuis l'expansion de 1967, le Canadien n'a jamais fait pire que 28 victoires (2000-2001), à l'exception de la saison de 48 matchs en 1994-1995. Le Tricolore est actuellement en voie de remporter 30 matchs. Si l'équipe devait s'embourber dans une léthargie, elle pourrait menacer cette marque peu enviable.
Le Dr Scott ne manquerait pas de travail...