Claude Giroux et Jaromir Jagr
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AFP/Ronald Martinez/Getty Images/AFP
OTTAWA - Le hasard fait parfois bien les choses. Au sortir du lancement d'un nouveau casque pour prévenir les commotions cérébrales, vendredi, un groupe de journalistes québécois se retrouve à la même table qu'un scribe de Philadelphie.
Un texte de Guillaume Lefrançois
Après quelques généralités sur les attraits de Montréal, la conversation tourne rapidement autour des commotions cérébrales. Tous y passent : Daniel Brière, Brayden Schenn, Chris Pronger, même Ian Laperrière.
Tim Panaccio, pour ne pas le nommer, semble aussi savant qu'un médecin. Il lance même des expressions comme « commotion oculaire », bref, des termes plus accessibles à un chercheur dans un centre médical qu'à un journaliste diplômé en histoire.
Avec sept joueurs victimes de commotion, les Flyers sont effectivement une bonne école de médecine pour les journalistes. Et ça ne date pas d'hier.
« À l'époque d'Eric Lindros, nous (les journalistes de Philadelphie) étions les premiers à parler de la possibilité de commotions répétées, rappelle Panaccio, à l'emploi du réseau Comcast SportsNet Philadelphia. Quand il a eu sa première commotion, c'est à peine si c'était diagnostiqué. »
Les mentalités ont changé, y compris chez les partisans. Panaccio rappelle d'ailleurs qu'à la dernière Classique hivernale de la Ligue nationale, à Philadelphie, Lindros a eu droit à la plus généreuse ovation. Une façon pour les partisans de saluer la carrière d'un joueur victime de six commotions pendant son seul passage avec les Flyers.
Réticence
Ce qui nous ramène à 2012. Signe de ce changement de mentalité, un équipementier bien connu a présenté un nouveau modèle de casque. L'essentiel de la présentation tournait autour de la protection accrue contre les commotions cérébrales.
L'attaquant du Lightning Steven Stamkos était un des deux joueurs invités. Claude Giroux, justement une des sept victimes de commotion cérébrale avec les Flyers, y était aussi. Les commotions, il connaît.
« Mon cochambreur, Brayden Schenn, a eu sa commotion en même temps que moi. On était dans notre chambre d'hôtel et on ne pouvait même pas écouter la télévision », a raconté le Franco-Ontarien.
Malgré cette expérience, malgré le fait que la carrière de son coéquipier Pronger est menacée en raison des fameux maux de tête, Giroux semble réfractaire au changement. Par exemple, quand il parle de la possibilité de porter du nouvel équipement. Le confort semble primer la sécurité.
« Les joueurs ont tous la tête dure, a mentionné Giroux. Le confort est nécessaire sur la glace, tu vas mieux jouer. Tu ne veux pas être dérangé par de l'équipement inconfortable. »
Idem lorsqu'il est question de changer les règlements pour réduire la vitesse du jeu, et ultimement, le nombre de commotions.
« La game est bonne, les partisans aiment la vitesse. Il y a des choses qui pourraient être changées, mais je ne sais pas si ça serait mieux pour la ligue. »
Bref, on ne change pas une formule gagnante. Mais avec tant d'éclopés, la formule est-elle vraiment gagnante?