Comment expliquer le regain de vie du Canadien?

Q : Y a-t-il un lien direct entre les récents succès du Canadien et le congédiement de Perry Pearn?

David Allard

R : Le congédiement de Pearn est un petit traitement-choc qui a ébranlé le vestiaire. Mais il y a bien d'autres facteurs pour expliquer le regain de vie du Canadien.

La formation d'un quatrième trio capable de jouer régulièrement en est une. Le retour de Jaroslav Spacek a équilibré les trois duos de défenseurs. Le départ de Peter Budaj, le 24 octobre, a donné un congé nécessaire à Carey Price, et le jeu de ce dernier s'est amélioré depuis. Et la perte de Scott Gomez a permis à David Desharnais de se retrouver avec Erik Cole pour former un deuxième trio digne de ce nom.

Tous ces éléments coïncident avec le congédiement de Pearn et font en sorte que le Canadien a traversé sa première tempête de la saison.

Chris Pronger Chris Pronger   © PC/AP Photo/Tom Mihalek

Q : Pourquoi ne pas obliger le port de la visière?

Maxime Brideau

R : Très bonne question, c'est visionnaire de votre part, sans faire de mauvais jeu de mots!

Plusieurs équipes de la Ligue nationale la rendent obligatoire. Le Tricolore en fait partie. Tous les jeunes qui s'amènent avec l'équipe sont obligés de jouer avec la visière. Sont exemptés seulement les joueurs qui jouaient sans visière préalablement à leur arrivée à Montréal. La politique du Canadien est logique, puisqu'on l'impose déjà aux joueurs juniors, qui sont donc habitués.

Les joueurs récalcitrants sont souvent les durs à cuire, mais on les appellera bientôt les dinosaures, comme à l'époque de l'imposition du casque. D'ailleurs, la Ligue nationale souhaite s'inspirer de l'implantation du port obligatoire du casque, dans les années 1980, pour imposer la visière.

Q : Y a-t-il un trait commun qui caractérise les équipes ou les joueurs qui connaissent un lent début de saison? Est-ce la moyenne d'âge, le système de jeu préconisé, le calendrier des voyages?

Benoît Lemire

R : C'est une combinaison de plusieurs éléments. Un joueur aura un mauvais début de saison si son programme d'entraînement n'est pas adéquat, par exemple. Il arrivera trop lourd au camp. Dans d'autres cas, c'est un changement d'entraîneur ou d'organisation, une blessure subie au camp.

Il y a beaucoup de facteurs, donc il est difficile d'en isoler un. Il faudrait cocher la case « toutes ces réponses ».

Dans le cas précis du Canadien, je crois qu'il s'agit d'un amalgame du nombre de blessés, d'un calendrier préparatoire trop dense, et d'un trop grand nombre de voyages, qui réduit le temps passé en équipe.

Q : Je me demandais quelles sont les équipes canadiennes les plus susceptibles de participer aux séries.

Jean-Jacques Desrochers

Q : Comment expliquer les succès des Oilers et des Maple Leafs?

André Caya

R : Je suis très surpris du début de saison des Oilers. Mais c'est une équipe très talentueuse, qui pourrait profiter des difficultés de certaines équipes comme les Canucks, les Predators et les Blue Jackets. Mais plus la saison avancera, plus ce sera difficile. Car ils pourraient se retrouver en lutte avec des équipes nettement plus complètes, comme les Canucks, justement.

Pour les Oilers, une place dans les séries devient impérative pour la suite des choses, et je fais allusion au développement des joueurs de cette organisation. Le succès fait partie du développement et contribue à établir un niveau de confiance.

Les Maple Leafs me surprennent aussi. Et même s'ils connaissaient quelques passages à vide, ils devraient participer aux séries. On parle beaucoup de Phil Kessel, mais Dion Phaneuf est un général à la ligne bleue et James Reimer vient stabiliser la défense.

Je serais étonné de voir les Flames et les Sénateurs jouer tard au printemps. Ces derniers accordent trop de chances de marquer et ça les rattrapera.

Le Canadien devrait terminer parmi les huit premiers de l'Association de l'Est, mais son début de saison lui compliquera la vie.