Q : Le hockey en Europe et aux Jeux olympiques offre du jeu palpitant, rapide, spectaculaire et sans violence. Vous suggérez souvent qu'une des solutions pour enrayer la violence dans la LNH serait de réduire le nombre de joueurs sur le banc. Mais que pensez-vous, puisque les joueurs sont plus grands et gros qu'autrefois, d'agrandir les patinoires?
Josée Ruel
R : Ce n'est pas une solution viable, car elle demande trop d'investissements par rapport aux infrastructures. Ça ferait perdre de l'argent aux organisations.
Deuxièmement, les joueurs moyens ne seront pas en mesure d'utiliser l'espace consenti sur une plus grande patinoire. À preuve, quand vous regardez jouer les grandes puissances du hockey contre des pays de 2e ou 3e niveau, ceux-ci se campent en défense et ne se lancent que dans le jeu de transition. Ce qui a pour effet de rendre le spectacle terne et sans attrait.
S'il y avait 15 équipes dans la LNH au lieu de 30, votre suggestion prendrait tout son sens, avec une ligue bourrée de talent.
Q : Comment sont réparties les tâches entre Jacques Martin, Randy Cunneyworth et Perry Pearn? Comment pourrait se lire la description de tâche de chacun? Et que répondrais-tu aux gens qui trouvent que l'entraîneur-chef du Canadien délègue beaucoup de tâches à ses adjoints?
David Allard
R : Cunneyworth est responsable du travail individuel avec les joueurs sur le banc pendant le match, ainsi que des unités spéciales. Pearn est responsable des défenseurs pendant le match et de l'avantage numérique. Randy Ladouceur travaille sur le développement individuel lors des entraînements.
Jacques Martin supervise le tout, et je crois que seuls les faibles ne délèguent pas. Le fait de déléguer démontre sa confiance envers son entourage. Dans le travail de Jacques Martin, il est très important que l'entraîneur-chef ait du temps pour préparer les stratégies et le plan de match, et pour faire du travail individuel avec ses joueurs.
En terminant, juste que vous sachiez que tous les entraîneurs du Canadien, y compris Martin, à tour de rôle, se partagent l'évaluation des matchs en regardant la vidéo et en dressant les besoins pour le prochain entraînement. Le lendemain matin, à l'arrivée au bureau, l'entraîneur en question doit faire un rapport aux autres. Et ensemble, ils décident de l'entraînement tout en faisant valoir leurs responsabilités respectives dans le choix des exercices.
S'il y a une chose sur laquelle vous n'avez pas besoin de vous inquiéter, c'est de l'organisation et de la rigueur de Jacques Martin. Il n'est peut-être pas l'entraîneur le plus flamboyant, le plus grand communicateur avec les médias. Mais après plus de 1200 matchs dans la ligue comme entraîneur-chef, ce n'est pas un hasard qu'il a encore du boulot.
Randy Cunneyworth
©
Ron Albertson/The Hamilton Spectator
Q : J'aime bien Yannick Weber et je crois que le Canadien ferait une erreur en l'échangeant. Je lui prédis un avenir semblable à celui de Stéphane Robidas. Mais c'est un joueur qui a besoin de jouer en pleine confiance pour s'imposer, et c'est un aspect qui semble fragile chez lui. C'était le cas également de Ryan O'Byrne. Question : comment jugez-vous la capacité de Jacques Martin à gérer la confiance des jeunes joueurs?
Luc Gouin
R : P.K. Subban est un jeune joueur, et il ne semble pas y avoir de problème de confiance dans son cas. Si Martin a la réputation d'étouffer la confiance des jeunes, quand je regarde jouer le 76, la dernière chose qui lui manque, c'est la confiance.
Soyez prudent avec des affirmations de la sorte. O'Byrne faisait beaucoup d'erreurs et il en fait encore beaucoup au Colorado. C'est un joueur à risque et comme il ne génère pas beaucoup d'attaque, les erreurs coûtent encore plus cher.
Dans le cas de Weber, Martin n'a aucune raison de bouder son expérience ou son talent. C'est simplement que Rafael Diaz a damé le pion à son compatriote. Vous savez, ça demeure un milieu très compétitif, et les entraîneurs cherchent à avoir la meilleure équipe possible sur la glace.
Pour bâtir sa confiance, au départ, le joueur doit compter sur son talent et saisir chacune des occasions qu'on lui procure. Dans le cas de Weber, c'est un joueur que j'aime. Il est capable de jouer dans la Ligue nationale, mais je préfère Diaz en raison de ses qualités de patinage, qui sont supérieures, surtout en espace restreint. Il est plus vif et plus combatif que le 68. Je ne suis pas surpris de le voir en avant de Webber dans la hiérarchie du Canadien.
Q : En regard de la ligne directrice imposée par Brendan Shanahan, quel sort attend Zdeno Chara s'il applique la même mise en échec qu'il a servie à Pacioretty sur un autre joueur à l'avenir? Deuxièmement, peut-on considérer que les pressions exercées par l'administration du Canadien ont contribué à améliorer les règlements?
Daniel Roy
R : Les pressions du CH s'inscrivent dans une suite d'événements qui incluent la perte de joueurs vedettes pour la LNH. Sidney Crosby a raté la moitié de la saison, Marc Savard a terminé sa carrière. Je pense que la LNH est interpellée par la situation des coups à la tête.
Dans le cas de l'incident Chara-Pacioretty, j'aimerais vous donner une réponse claire, mais je n'en sais trop rien. Il faudra qu'une situation similaire se produise pour que l'on voie leur manière de juger l'événement.
Personnellement, je pense que la LNH, lorsqu'elle se retrouve dans une situation comme celle qui nous intéresse, doit faire une rétrospective des événements pour bâtir un historique afin de justifier une sanction. À l'occasion, une séquence vidéo démontrant un événement pourrait ne pas être concluante.
Lorsqu'on est sur place, qu'on suit les événements de près, il est beaucoup plus facile d'avoir la juste interprétation d'un geste illégal. En d'autres mots, lorsque ça fait 3-4 fois qu'on essaie de s'en prendre à un joueur de façon illégale, on sait très bien que c'est une question de temps avant que l'on écope. On doit en tenir compte quand on analyse un geste. Le cas Malone-Campoli est un autre bon exemple. Malone a couru après tout le monde avant son geste.
Q : Qui terminera en tête de l'Association de l'Est : les Flyers avec Jaromir Jagr ou les Capitals avec Tomas Vokoun?
André Caya
R : Les Capitals ont de bonnes chances. C'est une équipe qui a beaucoup à offrir en défense cette année. Cette équipe a assez souffert et cette souffrance devrait commencer à rapporter des dividendes. On peut appeler ça de l'expérience.
Les Flyers sont aussi une bonne équipe, mais qui aura plus de misère à 5 contre 5. Ils ont quelques joueurs talentueux, mais qui ne sont pas reconnus pour la régularité de leur effort.
Entre les deux, les Capitals ont fait le meilleur coup avec Vokoun. Il aura plus d'impact sur les Capitals que Jagr avec les Flyers. Si Jagr fait 60 points, ils gagneront leur pari, mais je ne suis pas convaincu qu'il sera utile à 5 contre 5.
Q : Est-ce que Mark Scheifele des Jets de Winnipeg constitue un bon choix dans un pool de hockey? Croyez-vous qu'il va demeurer avec l'équipe pour toute la saison? Quel choix feriez-vous en comparaison avec Brayden Schenn et Sean Couturier des Flyers de Philadelphie?
Jacques Boulanger
R : Schenn est un joueur moins offensif que Scheifele. Couturier devrait être utilisé surtout dans un troisième trio.
Gardez en tête que les Flyers doivent gagner maintenant. Les jeunes joueurs auront des rôles secondaires. À Winnipeg, il y a de la place pour intégrer des jeunes. L'équipe est en devenir, et pas aussi mature que les Flyers. Mais n'écartez pas trop Neiderreiter des Islanders. Il aura la chance de jouer un rôle important en attaque.