La méthode Shanahan durera-t-elle?

Q : Pour la première fois depuis longtemps, j'ai espoir en la Ligue nationale. Brendan Shanahan semble vouloir mettre ses culottes et appliquer une discipline rigoureuse. Êtes-vous de mon avis?

Michel Provençal

R : J'adore son travail. Son mandat est clair : c'est la sécurité des joueurs. Dès qu'on a déterminé qu'elle est importante, c'est facile de prendre des décisions.

L'autre chose, c'est que Shanahan, contrairement à Colin Campbell, ne cherche pas un emploi comme directeur général dans la LNH. Je ne veux pas manquer de respect envers Campbell, mais tout le monde sait dans la ligue qu'il a toujours rêvé à un emploi de DG. Tu ne peux pas faire un travail et courir après un autre. Ou du moins, tu peux, mais tu ne le fais pas comme il faut.

James Wisniewski James Wisniewski   © AFP/Hannah Foslien / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

À l'opposé, Shanahan est donc libre d'esprit, en plus d'être financièrement indépendant. Il prend donc les décisions pour les bonnes raisons.

Depuis son entrée en poste, Shanahan fait preuve d'intégrité et de cohérence, deux qualités essentielles au leadership. Aussi, il fait preuve de transparence. Et ça, c'est quelque chose à laquelle la LNH ne nous avait pas habitués. L'utilisation des vidéos pour expliquer ses décisions nous permet de mieux comprendre son raisonnement et ça évite tout malentendu. Comme toutes ses décisions sont archivées sur le site web, il se crée lui-même un outil qui le forcera à être cohérent.

Je pense que nous sommes sur la bonne voie, mais j'entends déjà dans mon réseau que certains intervenants lui suggèrent de lever le pied. Alors, si on le trouve trop sévère maintenant, imaginez lorsqu'il restera 15 matchs à jouer et que des équipes seront dans une course aux séries.

Mais si c'est la sécurité qui prime, les décisions devraient être motivées par les bonnes raisons.

Q : Pourquoi Jacques Martin a-t-il utilisé autant Nathan Beaulieu lors des matchs préparatoires? Aussi, avec la venue de Chris Campoli et la preuve que la mise en forme d'Alexei Yemelin n'est pas du calibre de la LNH, voyez-vous des solutions à court terme afin de renforcer la brigade défensive?

André Caya

R : La défense du CH est loin d'être aussi problématique que vous le laissez entendre. L'absence de Markov en début de saison force l'équipe à faire de la gymnastique pour avoir de la profondeur offensive à la ligne bleue. C'est pourquoi on a acquis Campoli.

Je ne pense pas que Yemelin et Diaz soient si loin de la LNH. Ce qui nuit à notre évaluation, c'est qu'ils ont vite été placés dans des situations où on leur en demandait beaucoup en raison de l'absence de nombreux vétérans.

La condition physique de Yemelin n'est pas nécessairement un problème. Le problème, c'est son rythme de jeu, trop lent par rapport à la LNH. En d'autres mots, il est habitué de jouer sur les grandes glaces, où il dispose de plus de temps pour prendre des décisions et aller chercher les rondelles libres. Il est en période d'adaptation.

Ne soyez pas trop impatient. Les réponses arriveront bien assez tôt. Il n'y a pas beaucoup d'équipes, à part les équipes championnes ou en voie de le devenir, qui ont déjà toutes les réponses au camp.

Pour Beaulieu, on voulait l'exposer le plus vite possible à son rôle offensif. Et on voulait savoir s'il était capable de maintenir le rythme des premiers matchs sur une longue période, ce qui est l'enjeu numéro un pour les jeunes joueurs. Visiblement, on a eu notre réponse assez rapidement.

Drew Doughty et Jack Johnson Drew Doughty et Jack Johnson   © AFP/W. Henderson/Getty Images

Q : Avec l'absence de Markov pour une période indéterminée, est-ce que le Canadien pourrait intéresser les Kings en sacrifiant un jeune défenseur prometteur, un gars comme Andrei Kostitsyn et un choix au repêchage pour acquérir Drew Doughty?

Yan-Paul Léal

R : Je suis convaincu que plusieurs équipes s'informent sur Doughty et obtiennent toutes la même réponse : on ne veut pas l'échanger.

Le bras de fer entre les Kings et Doughty est lié à son attitude et à ses habitudes de travail. On lui reproche de ne pas être en assez bonne forme et de prendre sa carrière à la légère. Une fois qu'on a fait ce constat, on ne veut pas s'engager à long terme. Un joueur doit en montrer plus s'il veut en obtenir plus. Ça n'a rien à voir avec son talent.

Je n'ai vraiment pas l'impression qu'il est sur le marché, mais ça vaut la peine de passer un coup de fil. Mais si vous voulez avoir un joueur de la trempe de Doughty, c'est Max Pacioretty que vous devrez offrir ou quelque chose du genre. Ça vous refroidit un peu, n'est-ce pas?

Q : Pouvez-vous m'expliquer que des athlètes ayant passé les trois derniers mois en vacances se présentent au camp d'entraînement blessés?

Jean Eymar

R : Tout d'abord, les joueurs n'arrivent pas au camp après des vacances. Les vacances, c'est après la saison. Elles durent rarement plus de trois à quatre semaines. En juillet, les joueurs reprennent l'entraînement pour être prêts en septembre, ce qui leur donne environ huit semaines de préparation.

Certains d'entre eux se blessent à l'entraînement. L'autre réalité, c'est que certains d'entre eux subissent des opérations pendant l'été pour soigner des blessures récurrentes.

Le dernier point, et c'est une opinion très personnelle, c'est que lorsqu'ils font des entraînements sur glace sur une base personnelle, avant le début du camp, les joueurs ne s'entraînent pas au bon niveau d'intensité. Leur niveau est trop bas par rapport à un camp. C'est ce qui provoque des blessures mineures (élongations musculaires, claquages, inflammations).

Q : J'aimerais connaître vos choix pour la recrue de l'année cette saison.

Richard Houle

R : Le favori chez les attaquants, c'est Nino Niederreiter. C'est un joueur qui sera beaucoup utilisé, car il y a de la place avec les Islanders. Il apporte une dimension que les Islanders n'ont pas, car il est robuste et capable de marquer des buts. J'ai vraiment aimé ce que j'ai vu de lui en matchs préparatoires l'an passé.

Chez les défenseurs, Marc-André Gragnani, des Sabres de Buffalo, et Jonathon Blum, des Predators de Nashville, sont aussi à considérer.

Tous ces joueurs sont plus vieux que les joueurs fraîchement repêchés. Ils ont déjà prouvé qu'ils peuvent tenir leur bout dans la LNH.

Q : Ma suggestion toute simple pour augmenter le nombre de buts est d'augmenter la taille des filets, puisque les gardiens sont plus équipés et plus gros. Ça n'influence en rien les records, même les puristes devraient y trouver leur compte. Qu'en pensez-vous?

Robert Bélisle

R : Je sais que la ligue évalue cette possibilité. Mais ce qu'on veut voir, ce n'est pas plus de buts, mais plus de chances de marquer. Il faut aussi que les gardiens puissent faire des arrêts. L'important, c'est que les joueurs de talent aient de l'espace.

Malgré les nouveaux règlements, il y a encore trop de jeu défensif dans la Ligue nationale. Je continue de croire qu'en réduisant les formations à 10 ou 11 attaquants, le jeu serait plus offensif.