La triste tragédie du Lokomotiv Yaroslavl était malheureusement prévisible. La Russie n'a jamais été réputée pour la sécurité de ses transports, et j'ai une anecdote plutôt révélatrice sur le sujet.
C'était à la fin 1993. Je travaillais alors avec le programme national canadien. J'avais souvent affaire en Russie. Et cette fois-là, je me déplaçais de la Russie à la Finlande. Nous voyagions avec le transporteur aérien russe Aeroflot.
En montant à bord, je vois une dame avec un petit chien sur ses genoux. C'était la première fois que je voyais un animal dans un avion. Mais si ça avait seulement été ça...
Derrière elle, un homme était assis avec sa bouteille d'alcool fort (et en buvait). Derrière lui, un autre homme, cigare allumé au bec.
Je me croyais dans un film. Il y avait du bruit, de la fumée et des choses peu communes. Les joueurs n'en revenaient pas.
Puis vient le comble du comble. Derrière moi, un joueur de basketball d'environ 7 pieds tente de prendre place dans son siège. Rien n'y fait. L'espace pour les jambes était nettement insuffisant et aucun siège n'offrait davantage d'espace.
Peu avant l'envol, l'agente de bord trouve une solution ingénieuse : asseoir le géant dans les toilettes en laissant la porte ouverte! C'est là qu'il s'est assis au décollage et à l'atterrissage. Le reste du temps, il s'est tenu debout dans l'avion. Le pauvre...
Le Lokomotiv de Yaroslavl.
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sovsport.ru
La responsabilisation d'une ligue
Après avoir vécu une aventure de la sorte, j'ai bien compris qu'en Russie, les procédures de sécurité étaient en option. Et si on avait permis de tels écarts à l'époque, il était logique pour moi de penser qu'on pourrait faire preuve du même laxisme en matière de contrôle mécanique.
En guise de comparaison, je vous dirais que la réglementation est claire pour les équipes de la LNH : vols nolisés, vérification mécanique au départ et à l'arrivée. Et pour le Canadien, je peux ajouter que le mécano voyage avec l'équipe. Il y a donc une surveillance constante de l'appareil par une même personne.
C'est facile pour Alexander Medvedev de dénoncer les règles d'aviation ou de montrer du doigt le système d'aviation de la Russie. Mais je pense que dans une ligue, la sécurité des athlètes appartient aux dirigeants. Le commentaire va aussi pour la présence de médecins dans l'aréna, ce qui n'était pas un automatisme dans les premières années de la KHL.
Je n'ai pas eu l'occasion de reparler à Dave King depuis son passage en Russie. Mais il a été entraîneur dans cette ligue et il ne s'est jamais caché pour dire que les services aux joueurs en matière de déplacements étaient désuets, que la sécurité faisait défaut.
On dit en coulisse que c'est ce qui l'aurait incité à ne pas retourner en Russie. Les voyages en avion lui faisaient peur.
Comme quoi, à l'occasion, il faut savoir s'écouter. Le gros bon sens aura toujours sa place.
Dès mercredi prochain, la chronique de Dany Dubé reviendra sur une base hebdomadaire, sous la forme questions-réponses. N'hésitez pas à envoyer vos questions.