Luongo vit avec les critiques

Le reportage de Jacinthe Taillon

Roberto Luongo se trouvait à une seule victoire de l'apothéose : soulever la coupe Stanley. Le précieux trophée a finalement pris la direction de Boston et Luongo a subi le feu des critiques.

Près de deux mois jour pour jour après l'élimination cruelle des Canucks au septième match de la grande finale contre les Bruins, Luongo tenait son troisième tournoi de golf annuel, mardi, à Anjou.

Loin de son masque et de ses jambières, le gardien de Saint-Léonard est revenu sur la défaite des siens.

« Je revoyais la finale un peu au début de l'été, mais je pense que ça fait maintenant partie du passé, a expliqué Luongo. Il y a de bons souvenirs de l'an dernier, c'était une très belle saison. Mais c'est certain que ça fait mal encore un peu. Je retiens surtout le dernier match à Vancouver. C'était difficile de vivre les dernières secondes d'un septième match de la finale de la Coupe Stanley. »

« Heureusement, je passe mes étés en Floride et c'est pas mal calme là-bas », a ajouté le gardien de 32 ans en tentant de se consoler.

Luongo n'a pas vécu un conte de fées à sa première participation en finale. À deux reprises, il a cédé le flambeau à Cory Schneider au cours d'un match et il a accordé 15 buts en trois départs à Boston.

Encore une fois, ses dénigreurs lui rappelleront qu'il n'a toujours pas gagné le grand match dans la LNH. À ce sujet, Luongo reste calme.

« J'ai gagné plusieurs choses depuis mes débuts (médaille d'or aux Jeux olympiques en 2010), mais je n'ai pas encore soulevé la coupe Stanley. J'en connais plusieurs gardiens qui n'ont pas gagné la Coupe. C'est un exploit difficile à accomplir. Il me reste ce trophée à obtenir, mais je ne veux pas le faire pour prouver des choses aux gens. »

Une mauvaise déclaration

Roberto Luongo et Tim Thomas Roberto Luongo et Tim Thomas  Photo :  PC/Jonathan Hayward

Après le cinquième match de la finale à Vancouver, Luongo a également fait un faux pas en critiquant le jeu de Tim Thomas. Il avait dit que son rival sortait de façon trop agressive de son filet et qu'il aurait facilement réalisé l'arrêt sur un tel jeu.

Maxim Lapierre avait marqué l'unique but dans un gain de 1-0 lors du cinquième match en bondissant sur un retour de tir hors cible.

Luongo regrette-t-il cette déclaration?

« Oui, c'est certain. Si j'avais à le refaire, je n'aurais pas dit ça. Je ne pensais pas créer un buzz de la sorte. Après le cinquième match, je n'avais jamais été aussi émotif et je me suis laissé emporter. »

Un trop bon gars

Présent au tournoi de golf, Gilles Lupien aimerait un meilleur soutien pour son client.

« Roberto, c'est un trop bon gars, vraiment un trop bon gars, a dit Lupien, un ancien défenseur du Canadien de Montréal. Roberto dit toujours que c'est l'équipe qui gagne, ce n'est jamais lui. Mais chaque fois que l'équipe perd, c'est toujours lui. C'est un peu le travail du capitaine qu'il avait avant. »

Lupien a sorti de vieux souvenirs pour expliquer le problème.

« J'ai eu Serge Savard et Yvan Cournoyer comme capitaine, mais à l'occasion, des gars comme Larry Robinson, Bob Gainey ou Ken Dryden se levaient dans le vestiaire. Je ne sais pas si je lance une roche au mauvais endroit, mais il y a eu un manque de leadership au sein de l'organisation et de certains joueurs. Moi, je suis plus choqué que lui. »

Alexandre Burrows, quant à lui, a reconnu que le blâme ne revenait pas sur les épaules de son coéquipier.

« On sait que Roberto Luongo est un des meilleurs gardiens de la ligue, on gagne et on perd en équipe, hein! On a perdu un match à une victoire près de gagner la Coupe Stanley. Il a fait de bonnes choses Roberto, c'est tout un gardien et on va l'appuyer au maximum. Mais c'est surtout les médias qui lui mènent la vie dure, sans raison vraiment. »

Luongo a maintenant 11 autres saisons avec les Canucks pour accomplir son rêve et, du même coup, faire taire ses dénigreurs...

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