Grand titres

Logo Radio-Canada

Hockey Québec

Le même combat

Mise à jour le mercredi 8 septembre 2010 à 0 h 07

Un texte de Frédéric Lord

En ce qui a trait au hockey, les destins des villes de Québec et de Winnipeg sont intimement liés.

Les Nordiques et les Jets sont nés sensiblement la même année, en 1972, pour inaugurer la première saison de l'Association mondiale de hockey (AMH).

En 1979, elles ont fait le saut dans la LNH en compagnie de Hartford et d'Edmonton. Et, en 1995, les circonstances ont poussé Québec et Winnipeg à laisser migrer leur équipe vers le sud.

« C'est une affaire de fierté. Ce n'est pas la même chose d'avoir une équipe professionnelle », explique Serge Balcaen, un résident de Winnipeg et amateur de hockey de longue date.

« J'ai des amis qui me disent qu'ils sont des fans d'Edmonton maintenant. Je leur dis : "T'es fou, c'est l'ennemi public numéro un" », souligne celui dont la famille a possédé des abonnements des Jets du premier au dernier match de la concession.

« Il faut donner un peu plus aux gens de Winnipeg, insiste M. Balcaen. Mercredi soir, il fait moins 35 degrés Celsius, je peux aller voir une équipe junior ou regarder le Canadien contre les Bruins à la télé... Je vais rester à la maison. »

Situation différente

Un peu plus de 15 ans après les derniers coups de patin des joueurs de la LNH en leur sein, les deux villes rêvent de nouveau à la ligue majeure.

À l'époque, la faiblesse du dollar canadien avait eu raison des petits marchés que représentaient Québec et Winnipeg. L'arrêt de travail qui a écourté en 1994-1995 la saison du circuit Bettman à 48 matchs n'avait rien fait pour venir en aide aux petits Poucets que représentaient les Nordiques et les Jets.

« La situation du Canada par rapport aux États-Unis était complètement différente de celle qui prévaut en ce moment », explique Marc Lavoie, professeur de science économique à l'Université d'Ottawa et spécialiste de la question.

« Le dollar canadien était autour du 75 ¢US. L'économie venait de subir une récession considérable. En ce moment, c'est tout le contraire. »

« Maintenant, il y a un plafond salarial et, en plus, la LNH se rend compte que ses efforts pour implanter des équipes aux États-Unis ne remportent pas les succès escomptés », souligne M. Lavoie.

Les volontaires

En 2010, la course au transfert semble lancée dans la LNH et les deux villes affichent un ardent volontarisme.

Mais qui de Québec ou de Winnipeg est le plus près de renouer avec ses anciennes amours?

« Juste parce que l'on a déjà un aréna de bâti et la manière que les familles Thompson et Chipman (NDLR : une des familles les plus riches au Canada) voient les choses, c'est déjà un bon pas en avant », soutient M. Balcaen, optimiste.

« C'est passé proche avec les Coyotes l'an dernier. Si j'avais à mettre 100 $, je dirais Winnipeg », s'avance ce jeune entrepreneur du Manitoba.

Mais pour Marc Lavoie, cet atout peut très bien se transformer en faiblesse.

« L'avantage de Québec de façon ironique, c'est que la ville n'a pas encore d'amphithéâtre correspondant aux exigences de la LNH, tandis qu'à Winnipeg, ils en ont déjà un qui rencontre presque les exigences », explique le professeur.

« Donc, ces derniers seraient obligés d'améliorer l'amphithéâtre existant pendant que Québec peut repartir du bon pied. De ce côté, Québec a un léger avantage. »

Des similitudes

Pour ce qui est de la ferveur populaire, les deux villes « jouent dans la même ligue ».

« On n'est pas dans la même ligue que Montréal où le hockey est une religion, mais c'est assez proche, explique M. Balcaen. Mais on est bon deuxième. « 

« Le monde est mordu de hockey ici. On a de longs hivers, le monde a besoin de ça. »

En 15 ans, l'opinion publique a nettement basculé. Alors qu'en 1995, 88 % de la population appuyait le gouvernement du Québec dans sa rhétorique précautionneuse, la tendance s'est complètement inversée ces derniers temps.

L'image de multimillionnaires gâtés que projetaient les joueurs de la LNH s'est muée dans l'opinion publique en vecteur de l'appartenance et de l'identité régionale.

Mais, comme l'adage populaire l'explique, le passé n'est pas garant de l'avenir. Un retour des Nordiques ou des Jets ne garantit pas que la LNH y sera toujours 15 ans plus tard.

« Il est très possible que l'on revienne à la situation qui existait il y a 15 ans. Mais il faut espérer que, si on construit l'aréna et on obtient une équipe, dans 20 ans elle y soit encore », explique M. Lavoie en soulignant le risque qui est indissociable à une telle entreprise.

Et contrairement à ce que le premier ministre Jean Charest prétend, l'investissement public dans un projet d'amphithéâtre ne serait pas nécessairement rentable pour la population.

« Tout est une question de priorité, souligne M. Lavoie. Quant à moi, même si les sommes ne sont pas les mêmes, je crois que l'on serait mieux de construire un train à grande vitesse entre Québec et Windsor que de subventionner un aréna. »

« Mais d'un point de vue fiscal, ce n'est pas vraiment rentable parce que les gens mettent leur argent dans l'équipe plutôt que de le dépenser dans les restaurants et les pistes de ski. »

Le pool de hockey
PosNomPJPts
1 Benoit Poulin 864 875
2 Pierre Lafleur 858 872
3 alexandre bergeron 866 872
4 jacques tanguay 865 871
5 Jacques Cere 868 871
6 Antonio Soares 872 871
7 Daniel (le bleuet) Dubé 866 870
8 Marcel Romani 874 870
9 michel noel 865 869
10 Arsène McPhee 865 868
Participez au pool
Posez vos questions à Dany Dubé