On dit qu'un jour, le petit David a vaincu le grand Goliath. Une fronde, une pierre, un coup droit au but...
Terrassé, le géant. Vaincu.
Mais si David et Goliath avaient fait un 4 de 7? Ah! C'est autre chose!
Remarquez, David n'a pas couru de risque. Il a commodément coupé la tête de l'autre après le premier match. Le règlement de l'époque permettait ce genre de coup.
Le Canadien ne pourra pas s'offrir ce luxe. Ses partisans, les vrais, ceux qui ont la Foi avec un grand « F » comme dans Fan Fini, aiment croire que le CH pourrait terrasser Goliath, incarné ici par les Capitals.
Mais quatre fois?
Bon. Le style des Capitals s'apparente assez à celui de Goliath : « C'est moi le plus fort, j'arrive, je t'écrase et je repars avec les deux points ». Pas très subtil, mais efficace.
Scott Gomez et Brian Gionta
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PC/Graham Hughes
Le Canadien a le physique de l'emploi. Ses 4 principaux attaquants, Gionta, Gomez, Plekanec et Cammalleri, sont de la taille du caillou que David a mis dans sa fronde.
Cette fois, Goliath arrive avec toute son armée. Et il n'en est plus à son premier combat. Après la défaite en sept matchs, l'an dernier, contre Pittsburgh, les Capitals ne se laisseront plus surprendre.
Alors, que reste-t-il au Canadien?
L'usure...
S'il veut conserver un tout petit espoir de l'emporter, le Canadien devra vaincre les Capitals à l'usure.
Dites-vous qu'au cours de la prochaine semaine, un soir, le Canadien va se faire écraser. Les Capitals vont éclater et marquer un tas de buts. Jaroslav Halak sera chassé. Les partisans vont passer une soirée misérable devant leur petit écran. Ils vont même (sacrilège!) changer de canal avant la fin de la messe.
À 7-2 ou 8-1, Pierre et Benoit vont finir ça tout seuls. Mais c'est normal. Les Capitals ont une attaque de tous les diables.
Cependant, deux jours plus tard, le Canadien devra profiter que l'ogre est rassasié pour lui en voler une, du genre 3-2 en accordant 47 lancers.
Ainsi, les Capitals seront quand même les plus forts, ils seront dominants, marqueront deux ou trois fois plus de buts que le Canadien. Et ce sera la seule façon de respecter la logique tout en faisant jeu égal pour le nombre de victoires.
Il n'y a pas que David et Goliath. Il y a le lièvre et la tortue, il y a les Horaces et les Curiaces, il y a Nelson devant la grande armada. (Astérix ne compte pas!)
Le Canadien doit surprendre les Capitals. Et pour ça, Jacques Martin devra battre Bruce Boudreau.
C'est le genre d'histoire qu'on raconte après des années.
C'est la coupe de 71.
C'est la coupe de 86.
C'est le droit de rêver.
(Cette chronique a été retenue et payée par le grand conseil Optimiste international qui vous prédit également le reboisement de l'Amazonie, la victoire du Ghana au prochain Mondial et même... euh... du soleil en juillet, tant qu'à faire!)