José Théodore
©
PC/AP Photo/Luis M. Alvarez
À quelques heures du début des séries, vos questions les plus pressantes portent sur les gardiens, la série Sénateurs-Penguins, et un retour sur la fascinante question de la sécurité des joueurs.
Q: José Theodore va-t-il resister à la pression de jouer à Montréal?
Michel Provençal
R: Je ne pense pas que son problème sera de résister à la pression. Il est habitué à ça. Au contraire, je crois qu'il carbure à la pression. D'ailleurs, je n'aurais pas trop essayé de le chatouiller, car il a toujours connu beaucoup de succès au premier tour.
Son défi sera de faire preuve de régularité et de résistance. Théodore n'est pas reconnu pour tolérer une charge de travail très élevée, et ça pourrait jouer contre lui, et permettre à Semyon Varlamov de jouer davantage.
Théo arrive en fin de contrat. Il n'a jamais eu la chance de jouer pour une équipe qui aspire aux grands honneurs, et il obtient cette chance pour la première fois de sa carrière. Elle est là, la pression. Pas à Montréal.
Keith Tkachuk devant Jimmy Howard
©
PC/AP Photo/Niklas Larsson
Q: À part peut-être les Sharks et les Canucks, toutes les équipes de l'Ouest entrent en séries avec des gardiens sans grande expérience en séries. Parmi les Ilya Bryzgalov, Jimmy Howard, Craig Anderson, Jonathan Quick et Pekka Rinne, lequels ont les outils et l'équipe pour faire le plus long bout de chemin? Y a-t-il un Cam Ward en germe dans ce groupe?
M. Leboeuf
R: Les Blackhawks et les Red Wings sont les équipes à surveiller. C'est plus facile pour un gardien d'arriver dans une équipe expérimentée en séries. Les défenses de ces deux équipes ont assez de ressources pour soutenir leur gardien.
Les Hawks ont accordé à peine 200 buts cette saison. À Détroit, j'ai eu mes doutes sur Jimmy Howard, mais ils ont été dissipés dans la dernière ligne droite. Je ne suis pas inquiet pour Antti Niemi ni pour Howard.
À Nashville, Pekka Rinne est également un très bon gardien, mais son équipe va manquer de ressources offensives. Aujourd'hui, tu ne peux plus gagner simplement en jouant défensif.
Q: Qui de Pascal Leclaire ou Brian Elliott serait la clé pour Ottawa?
André Hamelin
R: Les Sénateurs doivent commencer avec Elliott pour enlever toute la pression sur Leclaire. Leclaire fonctionne par séquence, il est beaucoup plus erratique que Elliott, et c'est ce qui lui cause des problèmes de régularité en ce moment.
Elliott aura de la difficulté à s'illustrer, mais ce ne sera pas entièrement sa faute. Son équipe affiche des carences en défense, et elles seront mises au jour par les Penguins. Je ne m'attends pas à une série très longue, mais à des matchs serrés.
Anze Kopitar
©
AFP/Christian Petersen
Q: Quelle équipe causera la surprise du premier tour?
Paul Lévesque
R: Les Kings de Los Angeles. Ils ont conclu des transactions pour obtenir de l'expérience en séries. Ils comptaient déjà sur des vétérans comme Ryan Smyth, Jarret Stoll et Michal Handzus, et ils ont obtenu Fredrik Modin en fin de saison. Ces joueurs sont allés loin en séries, et ils apportent de l'expérience à une équipe jeune et talentueuse.
Quand je regarde les bons joueurs des deux équipes, les piliers des Kings ont plus de caractère que ceux des Canucks. La défense des Canucks est amochée, et je n'ai pas aimé leur fin de saison. Les Canucks se sentent mieux dans les bottines du négligé.
Q: Croyez-vous qu'Evgeni Malkin peut retrouver sa forme de l'an passé?
Richard Fleihr
R: Malkin va se servir de ses séries de l'an passé pour retrouver son aplomb. S'il n'avait pas été aussi bon en 2009, je parlerais sûrement différemment. Pour un jeune qui n'a pas connu une bonne saison, les séries peuvent être pénibles. Mais quand tu as déjà connu du succès, tu sais comment t'en sortir.
La beauté des Penguins, c'est que leurs jeunes sont encore bons ET expérimentés. Après avoir gagné et perdu la finale de la Coupe, cette équipe compte beaucoup plus de ressources que ce que les gens croient.
Q: Comment se fait-il que les compagnies d'assurance n'imposent pas aux joueurs professionnels le port de la visière pour avoir droit à une couverture adéquate?
Mario Lefebvre
R: Excellente question. C'est une question de temps avant que le port de la visière soit obligatoire dans la Ligue nationale. La LNH ne pourra pas imposer aux joueurs une telle mesure si ceux-ci ont joint la ligue avant le règlement. Ce sera le même principe qu'avec le casque. Les seuls qui avaient le droit de jouer « avec pas de casque » étaient ceux qui avaient amorcé leur carrière quand le règlement n'existait pas. Souvenez-vous de Craig MacTavish.
La visière est maintenant obligatoire dans la Ligue américaine, même pour les anciens. Notez que les joueurs rappelés la portent tous, sauf les bagarreurs. Donc si un joueur enlève sa visière quand il arrive dans la LNH, c'est une question de culture et de perception.
Le résultat de l'équation est simple. Quand il n'y aura plus de bagarres, les joueurs accepteront unilatéralement de porter la visière. Encore une fois, ça passera par le gros ben sens et la volonté de l'Association des joueurs, le bastion de résistance le plus puissant.
Comme m'a dit un collègue récemment, si c'était une simple question d'argent et de primes d'assurance, il y a longtemps que la question serait réglée.