Construire et gagner

Pour une fois dans sa carrière, Pierre Pagé récolte le fruit de ses labeurs.

En entrevue à Sports Extra, Pierre Pagé revient sur ses derniers succès en Autriche et sur son parcours d'entraîneur dans la LNH. Il offre un éclairage intéressant sur l'échange d'Eric Lindros.

Directeur hockey et entraîneur-chef du Red Bull de Salzbourg dans la Ligue d'Autriche, Pagé présente un palmarès européen impressionnant.

La saison 2009-2010 aura d'ailleurs été celle de tous les succès. Son équipe a tout gagné sur son passage, raflant le titre au tournoi international Salute, en saison régulière et en séries éliminatoires.

L'ancien entraîneur des Nordiques de Québec semble vouer un grand respect à ses nouveaux patrons de Red Bull, qui sont au centre de plusieurs rumeurs d'acquisition au Québec.

« Je ne sais pas où Red Bull va aller, mais ce sera première classe. C'est un groupe très professionnel. Quand ils s'impliquent, c'est pour gagner », insiste Pagé, en entrevue à Sports Extra (Sirius 96).

Pour Pagé, le métier d'entraîneur vient tout naturellement

« J'ai étudié pendant sept ans pour devenir professeur, se rappelle-t-il. J'ai enseigné pendant une journée et je n'ai pas aimé ça. Je trouvais que j'étais avec trop d'étudiants qui ne voulaient pas être là. Avec une équipe de hockey, c'est différent. »

Apprendre des meilleurs

Son apprentissage dans le monde du hockey, c'est avec le Canadien de Montréal qu'il le fait.

« À Halifax, c'est peut-être là que j'ai le plus appris parce que pendant sept ans, j'ai travaillé comme consultant avec Al McNeil dans la filiale du Canadien. J'apprenais comment l'organisation travaillait, comment Sam Pollock pensait. »

Des équipes, il en aura bâties, mais sans jamais goûter à la récompense ultime. Les Flames de Calgary allaient gagner la Coupe Stanley l'année de son départ. Les North Stars du Minnesota se sont rendus en finale peu de temps après sa défection vers Québec. Pour ce qui est des Nordiques, tout le monde connaît l'histoire.

Son passage avec ces derniers demeure aussi particulier.

« J'étais censé être le premier entraîneur des Sharks de San José, mais Marcel Aubut m'a convaincu de venir. Ça n'a pas toujours été facile, mais c'était le début d'une belle histoire. »

En somme, il a contribué à sortir les Nordiques des bas-fonds de la LNH et à les lancer sur la voie de la respectabilité.

L'échange impliquant Eric Lindros aura été au centre de cette relance. Pagé offre d'ailleurs un nouvel éclairage sur la façon dont les dirigeants à Québec avaient bâti le tout.

« On avait copié l'échange entre Miami et Minnesota (dans la NFL), explique Pagé. Herschel Walker s'en allait au Minnesota et Miami avait bâti une équipe championne. On avait étudié l'échange, les détails de la transaction. Au fond, l'histoire des Nordiques c'est la même chose. L'organisation a gagné deux coupes Stanley et je pense que Miami avait gagné deux Super Bowl avec cet échange. »