Burns faiblit

Le reportage de Marie-Ève Lacas

« Ce ne sont pas des temps faciles pour ma famille. Avec la maladie, ton corps s'affaiblit, mais ton coeur s'adoucit. Je me sens plus près de ma famille et de Dieu. »

« J'ai eu une belle carrière. J'ai eu la chance de travailler avec des gens exceptionnels », se rappelle Pat Burns, la voix affaiblie par son troisième cancer. Un aréna portera son nom à Stanstead.

La santé de Pat Burns, 58 ans, s'est grandement détériorée et il en est conscient. Il souffre d'un troisième cancer, aux poumons cette fois, qu'il a choisi de ne pas traiter. « Je sais que la fin approche. »

L'ancien entraîneur-chef du Canadien a profité de l'annonce d'un projet d'aréna à son nom, à Stanstead, pour remercier les personnes marquantes de sa vie, vendredi.

Ces remerciements avaient des airs d'adieux.

Merci Lamoriello

« J'ai eu une belle carrière. J'ai eu la chance de travailler avec des gens exceptionnels, s'est remémoré Burns, d'une voix faible. Tu ne pleures pas parce que c'est terminé. Tu es heureux que ce soit arrivé », a-t-il philosophé.

Burns, grandement amaigri, a notamment remercié le directeur général des Devils, Lou Lamoriello, qui était présent, pour lui avoir permis de gagner la Coupe Stanley en 2003.

« Lou m'a donné l'opportunité de revenir dans la ligue et de soulever la coupe au-dessus de ma tête, a poursuivi Burns, toujours à l'emploi de l'équipe du New Jersey. J'en suis reconnaissant. Je serai toujours un Devil. »

Malgré la maladie, l'ancien policier de Gatineau n'a rien perdu de son sens de l'humour. « Je me couchais avec mon stock de hockey », a-t-il lancé, se rappelant l'origine de son amour du sport.

Pat Burns avec la Coupe Stanley en 2003 Pat Burns avec la Coupe Stanley en 2003   © AP Photo/Rusty Kennedy

« Ça fonctionnait par paroisse. Il fallait que tu sois enfant de choeur pour jouer dans l'équipe. Ç'a été difficile! »

L'aréna Pat-Burns

Le nouvel amphithéâtre de Stanstead, en Estrie, sera nommé en son honneur.

Originaire du quartier Saint-Henri à Montréal, Burns demeure désormais en Floride. Il est attaché à l'Estrie depuis qu'il a dirigé les défunts Canadiens de Sherbrooke dans la Ligue américaine de hockey dans les années 1980.

L'aréna Pat-Burns remplacera un édifice vieux de 56 ans au collège Stanstead. Sa construction devrait être terminée en 2011.

« Je ne verrai peut-être pas le produit final de ce projet-là, a déclaré celui qui a aussi combattu des cancers au côlon et au foie depuis 2004. Mais j'espère, de là-haut, voir un jeune qui aura joué dans cet aréna devenir un Wayne Gretzky, un Mario Lemieux ou un Sidney Crosby. J'en serais fier. »

Présent à la conférence de presse, le premier ministre Stephen Harper a rendu hommage à l'homme. « Comme vous dites au Québec, Pat Burns, c'est un méchant bon gars. Et c'est un gagnant. »

Le sénateur et ancien entraîneur de la LNH, Jacques Demers, a dit espérer que Burns soit nommé sous peu au Temple de la renommée du hockey.

Burns a dirigé le Canadien, les Maple Leafs de Toronto, les Bruins de Boston et les Devils, entre 1988 et 2004. Il a mis la main sur la Coupe Stanley avec ces derniers en 2003.

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