Kulikov : apprendre à la vitesse grand V

  |  Jean-François Chaumont  |  Radio-Canada
Dmitry Kulikov Dmitry Kulikov   © AFP/Ned Dishman/Getty Images

De Lipetsky, une ville située à plus de 500 km au sud-est de Moscou, à Drummondville et à Sunrise, en Floride.

Dmitry Kulikov gravit les échelons rapidement avec les Panthers de la Floride. Malgré ses 19 ans, il est déjà le quatrième défenseur de l'équipe.

En trois ans, Dmitry Kulikov a parcouru un chemin incroyable.

Les voyages forment la jeunesse. Ce vieux dicton décrit parfaitement le défenseur de 19 ans des Panthers de la Floride.

Au mois de septembre 2008, Kulikov ne parlait pas un mot d'anglais et la Ligue nationale ne représentait qu'un rêve. Quelques mois plus tard, il maîtrise la langue de Shakespeare et prononce même quelques mots de celle de Molière.

« Bonjour, comment allez-vous? Je suis content de revenir au Québec », a lancé Kulikov avant de répondre à nos questions à la veille du match entre les Panthers et le Canadien, au Centre Bell.

Le charme et l'intelligence de Kulikov ont rapidement séduit les Panthers.

« Dmitry ne m'a pas conquis simplement avec ses talents au hockey, a affirmé Peter DeBoer, l'entraîneur des Panthers. Il est très mature pour un jeune homme de son âge. »

« Il fallait aussi beaucoup de courage pour quitter son pays natal dès l'âge de 17 ans pour venir jouer à Drummondville. Il aurait pu jouer avec les professionnels en Russie dès l'âge de 17 ans, mais il rêvait de la LNH. »

Les portes de la LNH se sont ouvertes à Kulikov très rapidement. Réclamé au 1er tour (14e au total) en juin dernier à Montréal, il est arrivé en Floride quatre mois plus tard.

« J'ai parfois de la difficulté à réaliser que je joue déjà dans la LNH à l'âge de 19 ans, a mentionné Kulikov. Je me considère comme chanceux, car très peu de joueurs ont l'occasion de faire le saut dans la LNH dès leur première saison. »

À l'origine, les Panthers ne le voyaient pas dans leurs plans cette saison.

« Je possède une expérience de 14 ans comme entraîneur dans la Ligue junior de l'Ontario et je n'ai jamais été en faveur de faire sauter des étapes trop rapidement à de jeunes joueurs, a expliqué DeBoer. Il y a toujours un risque de ruiner un bel espoir, surtout pour ce qui est de l'aspect mental. »

« Kulikov nous a forcé la main au camp, il était supérieur à tous les défenseurs que nous pensions devant lui. Je l'utilise maintenant assez souvent plus de 20 minutes par match. Il a gagné sa place dans l'équipe. »

Le premier contre Théodore

Dmitry Kulikov Dmitry Kulikov   © AFP/Ned Dishman/Getty Images

À ses premiers pas dans la grande ligue, Kulikov ne connaît pas une saison phénoménale à la Tyler Myers, le grand défenseur des Sabres de Buffalo, mais il fait tranquillement sa place.

En 58 matchs, il a amassé 15 points (3 buts, 12 passes), il présente un dossier de -7 et il obtient une moyenne de temps de jeu légèrement supérieur à 17 minutes.

« Heureusement, les entraîneurs ont une énorme confiance en moi, a expliqué l'ancien protégé de Guy Boucher avec les Voltigeurs de Drummondville. Je n'ai pas peur de faire une erreur pour ensuite me retrouver sur le banc. Pete DeBoer m'a rapidement expliqué que mon objectif consistait à limiter les erreurs, mais il aime me voir tenter des jeux ou prendre quelques risques. »

Kulikov a vécu son plus beau moment le 7 novembre à Washington.

« J'ai marqué mon premier but contre José Théodore et les Capitals. C'était un moment magique. Sur le coup, je n'avais pas vu la rondelle rentrer dans le filet, j'ai réalisé que je venais de marquer quand mes coéquipiers m'ont sauté dessus. »

Avec les départs au mois de mars de Dennis Seidenberg pour Boston et de Jordan Leopold pour Pittsburgh, Kulikov a gagné des rangs dans la hiérarchie des défenseurs de l'équipe.

À 19 ans seulement, et pratiquement sans barbe au menton, il se retrouve avec l'étiquette de quatrième défenseur derrière Bryan Allen, Keith Ballard et Bryan McCabe.

Les plages et la cuisine

Sous les palmiers de la Floride, Kulikov se trouve dans un environnement complètement nouveau. Il est loin du cadre de sa Russie natale ou de Drummondville en plein hiver.

« Je trouve ça encore bizarre de voir la mer à ma sortie de l'aréna, a dit Kulikov en souriant. Je cherche encore la neige! »

Afin de faciliter sa transition, les Panthers lui ont conseillé de rester avec Gregory Campbell, un jeune vétéran de 26 ans.

Campbell avait d'ailleurs de bons mots au sujet de son colocataire, mais pas sur tous les plans...

« Dmitry est un jeune très discret, très intelligent et c'est un véritable professionnel. Je suis très surpris de la qualité de son anglais. Pour vous dire la vérité, il parle mieux que certains de nos Tchèques qui jouent pourtant en Floride depuis trois ou quatre ans. »

« Il y a juste un côté négatif, il est inutile dans une cuisine. Il a déjà essayé de me préparer un plat typique russe, mais je ne le lui permettrai plus jamais! »