Une première ébauche

Le reportage de Diane Sauvé

Les choses ont bougé en Floride.

Les directeurs généraux veulent en finir avec les chasseurs de têtes. Ils proposent l'instauration d'une pénalité mineure ou majeure pour une charge qui prend forme dans l'angle mort d'un joueur.

Les directeurs généraux ont jeté les bases d'une règle contre les coups à la tête, mercredi, à la troisième et dernière journée de leur rencontre annuelle, à Boca Raton.

Leur recommandation : l'attribution d'une pénalité mineure ou majeure pour un coup qui vise la tête et qui prend forme dans l'angle mort d'un adversaire.

« Un coup latéral, par-derrière, ou dans l'angle mort où la tête est visée et/ou constitue le point de contact n'est pas permis, peut-on lire dans la proposition. Une violation entraîne une pénalité mineure ou majeure et pourra être révisée pour des mesures de discipline supplémentaires. »

La pénalité suggérée, qui n'a pas encore de nom, est cependant encore au stade de proposition. Le comité de compétition de la ligue devra l'approuver pour qu'elle voie le jour. Idem pour le Bureau des gouverneurs, qui a le dernier mot.

Un fléau

Les 30 DG ont parlé à l'unanimité, désireux d'enrayer un fléau qui fait des ravages depuis plusieurs saisons. La charge de Matt Cooke (Penguins) à l'endroit de Marc Savard (Bruins) avait déjà préparé le terrain pour le changement, dimanche, quelques heures avant le début des pourparlers.

Patrice Bergeron, victime d'une charge dangereuse la saison dernière, ne s'est d'ailleurs pas gêné pour réprimander le fautif, avec l'acceptation tacite du capitaine des Penguins, Sidney Crosby.

« C'est une question de se responsabiliser en tant que joueurs, a dit Bergeron. Personne ne voudrait être couché sur la patinoire. Il faut penser avant de faire son geste. J'ai demandé à Matt de réaliser ce qu'il venait de faire. »

La liste de victimes des chasseurs de têtes est longue cette saison. Parmi les noms qui s'y sont ajoutés récemment, ceux de David Booth (Panthers), envoyé au tapis par Mike Richards (Flyers), de Kyle Okposo (Islanders), terrassé par Dion Phaneuf (alors avec les Flames), et de Jonathan Toews (Blackhawks), la proie de Willie Mitchell (Canucks), ressortent du lot par la violence du choc subi.

DiMaio réagit

Rob DiMaio Rob DiMaio

L'ancien du Lightning, des Stars et des Bruins, Rob DiMaio, n'a pu rester de glace devant la situation qui prévaut dans la LNH.

Il a lui-même dû mettre fin à sa carrière de 17 saisons en 2006 après un coup de Guillaume Latendresse dans un match présaison. Encore aujourd'hui, maintenant qu'il est dépisteur pour les Blues de
St. Louis, cette charge le hante.

« Il y a eu des changements, mais on ne sait pas pourquoi cette situation empire,
a-t-il confié à Radio-Canada Sports. Il y a la règle de l'instigateur qui ne permet pas au jeu de se réguler comme il devrait. La pénalité contre l'accrochage empêche aussi les gars de se ralentir. Les gars sont plus vulnérables. Le facteur respect est aussi un problème entre les joueurs. On n'en voit plus. »

Selon DiMaio, si les pénalités sont plus sévères, « les joueurs vont y penser à deux fois ».

Il rappelle que le hockey sera toujours un sport rapide, qu'il sera donc impossible d'endiguer complètement le fléau, mais que l'aspect « intentionnel » des coups doit disparaître.

Rappelons qu'au hockey international, tous les coups, quels qu'ils soient, portés à la tête ou au cou, sont passibles d'une sanction. Le livre de règlements de la Fédération internationale de hockey sur glace ne fait aucune discrimination quant à l'angle et la provenance de la charge.

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