Le coup de Matt Cooke à la tête : Dany Dubé vous répond

Les joueurs des Bruins, près de Marc Savard Les joueurs des Bruins, près de Marc Savard   © PC/AP Photo/Keith Srakocic

Le coup de Matt Cooke à la tête, l'avenir de Gary Bettman et l'invasion américaine du Tricolore... Dany Dubé répond à vos questions de la semaine.

Q : Il y a eu un autre coup à la tête, celui de Matt Cooke. Est-ce que ça va prendre un quadriplégique avant que la LNH bouge? Et que pensais-tu que Patrice Bergeron criait à Matt Cooke?

Thomas Bélanger

R : La Ligue nationale doit être intransigeante dans le cas des coups à la tête, sans aucun doute. Tout ce qui apparaît volontaire doit être puni.

C'est assez facile de déterminer si le geste est intentionnel ou pas. Ce qu'il faut éliminer, c'est la propulsion de l'épaule ou du coude vers l'avant. Si un joueur présente l'épaule et que son adversaire ne peut l'éviter, c'est un peu l'exemple de la double responsabilité lors d'un accident de la route. Mais ce que l'on doit absolument éliminer, c'est de se projeter vers l'avant pour frapper un joueur.

Voici ce qui ressort du cas Cooke : il n'y a pas eu beaucoup de temps entre la finition du mouvement du lancer de Marc Savard et la mise en échec. Il se peut que la situation soit accidentelle, mais j'aurais besoin de revoir l'incident pour en être convaincu. Si Matt Cooke s'est propulsé vers l'avant, sans aucun doute, je pense qu'il mérite une suspension.

Je pense que les directeurs généraux sont très inquiets de la situation, car ils ont peur de dénaturer le jeu. Ils sont conscients que le jeu a accéléré, que c'est tellement plus rapide et que les joueurs n'ont plus de marge de manoeuvre.

Le temps d'exécution entre la prise de décision et la mise en échec est très réduit. Et c'est à cause de cela qu'il sera important d'inclure les joueurs dans la prise de décision dans ce dossier.

Pour ce qui est du discours de Patrice Bergeron, c'est difficile à dire. Probablement qu'il lui a fait part de son écoeurement de ce genre de coup. Mais je ne voudrais pas placer des mots dans la bouche d'un autre...

Q : Est-ce que les propriétaires des clubs de la LNH pourraient, s'ils le voulaient, avoir la tête de Gary Bettman? Sinon, qu'est-ce qui pourrait faire en sorte qu'un changement de commissaire ait lieu?

David Allard

R : Ce sont les propriétaires qui ont droit de vie ou de mort (professionnellement parlant, bien sûr) sur le commissaire de la LNH. Gary Bettman est à l'emploi des 30 équipes de la ligue.

Ce qui pourrait faire que les propriétaires décident que M. Bettman n'est plus l'homme de la situation serait son incapacité de rencontrer les nouveaux objectifs de la ligue : l'augmentation des revenus, maintenir la convention collective et ses relations avec l'association des joueurs.

Je pense qu'un changement de garde pourrait survenir, sûrement pas sous peu, mais dans un avenir plutôt rapproché. Plusieurs équipes de la LNH éprouvent de la difficulté à survivre et elles pourraient demander des transferts.

Si M. Bettman s'oppose à ces changements, il pourrait y avoir un bras de fer entre les propriétaires et lui.

Louis Leblanc Louis Leblanc   © PC/Ryan Remiorz

Q : Depuis quelques mois, je regarde la provenance des joueurs du Canadien. Avez-vous remarqué que depuis le ménage de Bob Gainey, près de 85 % des joueurs ont joué leur hockey junior dans la NCAA? Dominic Moore provient aussi de Harvard. Lorsque je regarde le repêchage depuis le début de l'ère Timmins, plus de 50 % des joueurs repêchés proviennent de la USHL et non de la Ligue canadienne, la meilleure ligue junior au monde. Est-ce un adon?

Martin Quilico

R : Non, ce n'est pas un hasard. La façon de travailler de M. Timmins, c'est de choisir ces joueurs-là : de bons patineurs avec de très bonnes qualités techniques.

L'avantage lorsqu'un joueur est à l'université ou dans une « prep school », c'est qu'une équipe n'est pas obligée de le mettre sous contrat une saison après son repêchage.

C'est pour cette raison que c'est une pratique assez généralisée dans la LNH. Si tu veux te bâtir des actifs sans trop dépenser rapidement, tu repêches des joueurs américains. Tu peux ainsi attendre d'être sûr avant de lui faire signer un contrat et tu perds moins d'argent.

Le désavantage, c'est que la NCAA développe des joueurs qui ne sont pas encore à maturité lorsqu'ils sont repêchés. L'autre problème est aussi le niveau de jeu. Dans certains réseaux de compétition, le joueur peut régresser si le niveau de jeu est trop faible.

C'est le cas de Louis Leblanc (NDLR : le choix de premier tour du Canadien en 2009). Il n'y a pas de problème s'il joue un an ou deux à Harvard, mais après, il sera peut-être trop fort pour le niveau de compétition et sa progression pourrait être ralentie.

Q : J'aimerais savoir si les filles d'Équipe Canada font autre chose que jouer au hockey dans la vie?

Vanessa Léveillé-Gnemmi

R : La plupart d'entre elles sont étudiantes ou sur le marché du travail. Il n'y a pas de joueuses de hockey à temps plein. Et c'est un problème pour le hockey féminin. Lorsqu'une joueuse a terminé l'université, généralement vers l'âge de 23 ans, elle tombe dans un vide.

Souvent, ces femmes doivent jouer dans des équipes civiles où le calibre est beaucoup moins fort et les entraînements n'assurent pas un bon développement des joueuses.