André Racicot a marqué le souvenir des partisans du Canadien... pas toujours pour les bonnes raisons. Mais plusieurs ont tendance à oublier qu'il a connu une saison de 17-5-1 l'année de la Coupe Stanley.
Cette saison 1992-1993 restera gravée à tout jamais à l'esprit de Racicot. Elle est d'autant plus extraordinaire que le jeune garçon de Rouyn-Noranda ne rêvait même pas à la LNH.
« Je ne me suis jamais fixé comme objectif de jouer dans la LNH. Dans la LHJMQ, si je n'avais pas été repêché, j'aurais fait autre chose. [...] Mais j'ai eu la chance à ma troisième saison de voir la Coupe et de profiter des à-côtés. Si on entrait dans un resto, la facture était payée, les gens étaient fiers du Canadien. »
Racicot a été repêché au 4e tour en 1989, et l'année suivante, il était appelé à remplacer Brian Hayward, blessé. La transition a été douce, de la LHJMQ au Canadien de Sherbrooke, puis au Canadien de Montréal.
La transition était d'autant plus facile que Racicot n'a jamais eu à se battre pour un rôle de numéro un. Patrick Roy était en poste, et Racicot savait trop bien qu'il était l'adjoint de l'un des meilleurs gardiens de l'histoire.
« Il y avait Patrick Roy, c'était plus facile à gérer que si j'avais été en compétition avec lui. Ce n'est pas la situation idéale pour moi, mais j'avais la chance de le voir travailler. Je garde de Patrick sa détermination. J'ai vu c'était quoi être un gardien leader. »
Le grand ménage, puis les voyages
Racicot a toutefois été limogé un peu avant le directeur général Serge Savard et l'entraîneur Jacques Demers dans le grand ménage de 1995. À l'époque, selon le gardien, le Canadien n'a jamais cru qu'il se remettrait d'une grave blessure au genou.
Il a tout de même tenté sa chance du côté des Kings, avant de se retrouver dans la Ligue américaine pendant le lock-out. L'arrivée de Grant Fuhr avec l'équipe californienne a toutefois sonné le glas de sa carrière dans la LNH.
Racicot a ensuite voyagé : Portland, Columbus, Indianapolis, Peoria, Albany, Kansas City, Las Vegas, Basingstoke, Monroe, Nizhnekamsk en Russie, Bakersfield, Granby, Greensboro, Saint-Georges de Beauce, Saint-Jean, Rivière-du-Loup. En 2005, il a accroché ses jambières.
« Je travaille aujourd'hui pour une société minière qui construit une mine d'or dans le Nunavut. Je joue encore au hockey, mais comme joueur. J'aurais aimé continuer plus longtemps, mais les choses se sont passées autrement. Je n'ai aucun regret. Le hockey ne me manque pas. »