La classe de Brodeur

Les gardiens Roberto Luongo et Martin Brodeur lors de l'entraînement de l'équipe canadienne de hockey. Les gardiens Roberto Luongo et Martin Brodeur lors de l'entraînement de l'équipe canadienne de hockey.  Photo :  PC/Ryan Remiorz

Bonjour à tous,

J'ai remis les pieds à Pittsburgh lundi, et je flotte encore sur le nuage des Jeux olympiques. J'ai une médaille d'or à mon cou.

C'est quand même irréaliste. J'ai gagné la Coupe Stanley et l'or olympique en moins d'un an.

Il y a quand même une différence majeure entre les deux conquêtes. Pour la Coupe Stanley, j'étais le gardien de confiance, tandis que pour les JO, j'agissais comme troisième gardien.

Jamais je ne me suis plaint de mon rôle, mais c'est évident que j'aurais aimé jouer un match. Tu ne te sens pas aussi impliqué dans l'équipe quand tu n'endosses pas l'uniforme. Des 23 joueurs, j'étais le seul qui ne pouvait pas sauter sur la glace.

En réalité, j'ai eu la chance de m'asseoir sur le banc de l'équipe canadienne pour un seul match, le deuxième contre la Suisse. Martin Brodeur était le gardien partant.

Je garde d'ailleurs un souvenir impérissable de Brodeur et de Luongo. Je vais toujours garder en tête le grand professionnalisme de Martin. Il a accepté dignement la décision de Mike Babcock de le remplacer par Luongo.

Martin est le plus grand gardien de l'histoire pour les victoires, les jeux blancs et un paquet d'autres records. Mais il est aussi un gars très humble et un bon coéquipier. Il a gardé son sourire pour le reste du tournoi et il continuait à nous prodiguer des conseils à Roberto et à moi durant les entraînements.

À son retour dans le village des athlètes, il perdait peut-être un peu son sourire. Mais en aucun cas, il n'a voulu faire passer ses intérêts personnels avant ceux de l'équipe. C'est la définition d'un vrai pro!

Crosby, l'homme des grandes occasions

Sidney Crosby et ses coéquipiers écoutent l'hymne national après leur conquête de l'or. Sidney Crosby et ses coéquipiers écoutent l'hymne national après leur conquête de l'or.  Photo :  PC/Gene J. Puskar

Comme tous les Canadiens, j'ai sauté de joie quand Sidney Crosby a marqué le but vainqueur en prolongation dans le match pour la médaille d'or. C'était magique comme sentiment, j'étais tellement heureux pour mon coéquipier des Penguins et mon grand ami.

On ne pouvait pas écrire un plus beau scénario. Il y avait une tonne de pression sur les épaules de Sidney. Il était partout avant les JO, il a même fait la couverture du Sports Illustrated.

Avant la finale, certains journalistes le critiquaient pour son manque de production. Ils oubliaient peut-être que Sidney jouait contre les meilleurs joueurs du monde. Mais il a encore une fois réussi à taire ses dénigreurs. Il a marqué un des plus gros buts de l'histoire du hockey au Canada.

Après le match, Sidney ne saisissait pas encore toute l'importance de ce but. Il ne voulait pas trop y penser, je crois qu'il souhaitait simplement célébrer la victoire avec ses coéquipiers et sa famille.

L'aventure des Jeux

J'ai aimé mon aventure aux Jeux olympiques de A à Z. J'ai eu la chance de côtoyer des athlètes à l'extérieur du monde du hockey. Dans le village, je partageais une petite chambre avec le défenseur Brent Seabrook (Blackhawks).

J'ai aussi eu l'occasion de parler à des médaillés d'or comme Alexandre Bilodeau et Charles Hamelin. C'est toujours agréable de partager nos expériences différentes, c'est très enrichissant.

Nous avons vraiment vécu à fond l'expérience des Jeux. Nous mangions à la cafétéria comme tout le monde, il n'était pas question de vivre dans un milieu fermé.

Je dois aussi vous faire une petite confidence. J'ai regardé les compétitions de patinage artistique de Joannie Rochette avec d'autres gars de l'équipe à la télévision.

Je peux vous dire qu'il y avait beaucoup d'émotion dans l'air... J'étais renversé par sa force et son courage!

J'espère maintenant obtenir une deuxième chance de représenter mon pays à Sotchi en 2014.

À bientôt,

Marc-André Fleury