Leblanc: Harvard ou Chicoutimi

  |  Jean-François Chaumont  |  Radio-Canada
Louis Leblanc Louis Leblanc à Harvard   © Xavier Monferran

La prestigieuse Université Harvard ou l'aventure de la LHJMQ? Les Crimson ou les Saguenéens? Cambridge ou Chicoutimi?

Louis Leblanc se retrouvera devant un dilemme à la fin de sa première année à Harvard. Son coeur balancera entre les bancs d'école et les Saguenéens de Chicoutimi.

Une fois sa première année complétée à Harvard, Louis Leblanc aura une décision importante à prendre.

« Je ne sais pas encore quoi répondre, a dit Leblanc de sa chambre de résidence à Harvard lors d'un entretien avec Radio-Canada Sports. J'aime Harvard, j'aime l'équipe, j'aime Ted Donato (l'entraîneur des Crimson) et j'aime la vie sur le campus. Mais, honnêtement, je ne veux pas trop y penser. Je prendrai cette décision à la fin de l'année. »

Brillant jeune homme, Leblanc retire une grande fierté d'étudier en économie dans l'une des institutions les plus réputées du monde. Il a d'ailleurs passé avec succès ses quatre premiers cours, récoltant une moyenne fort respectable de B.

Sur le plan hockey, l'histoire est assez différente avec un court calendrier de 30 matchs et une réputation sportive peu enviable.

« Harvard, c'est les études, Harvard, ce n'est pas le hockey », a lancé Guy Carbonneau, le président des Saguenéens en entrevue téléphonique.

Évidemment, Carbonneau aimerait attirer le choix de premier tour du Canadien de Montréal en 2009 dans son patelin.

Louis Leblanc et Jacques Martin Louis Leblanc et Jacques Martin   © PC/Ryan Remiorz

« Je sais que Louis veut faire une carrière au hockey et il doit surtout se développer, a expliqué l'ancien entraîneur du CH. Il existe certainement de meilleurs programmes que Harvard, du moins pour le hockey. »

« Mais je ne veux pas forcer la main du jeune et je lui laisserai le choix. Je respecte énormément sa décision d'accorder une grande importance aux études. »

Un élément risque de peser fort dans la balance.

« Après un an d'études à Harvard, je peux y retourner quand je veux. Rien ne m'empêcherait de compléter mon baccalauréat à l'âge de 35 ans si je le désirais. »

La direction du Canadien n'osera pas le clamer haut et fort, mais elle préférerait voir son jeune espoir dans un meilleur environnement de hockey.

La déception du mondial junior

Louis Leblanc Louis Leblanc   © PC/Ryan Remiorz

À ses premiers pas sous les couleurs des Crimson, Leblanc connaît un départ prometteur.

En 18 matchs, il a amassé 17 points (9 buts, 8 passes) en plus de maintenir un dossier de +6. Il mène d'ailleurs son équipe pour les buts, les points, les buts vainqueurs et les plus et moins.

« Je dirais que ça se déroule assez bien, mais j'ai eu besoin d'une période d'ajustement puisque le calibre de jeu universitaire est assez fort, a précisé Leblanc. J'aimerais toutefois voir notre équipe gagner plus de matchs. »

L'équipe de Ted Donato, un vétéran de 13 saisons dans la LNH, présente un dossier de 5-12-3.

Leblanc a vécu une période plus sombre à la mi-décembre. Invité au camp de l'équipe canadienne, il n'a pu se tailler un poste.

« Pour la première fois de ma vie, je me suis fait retrancher d'une équipe. J'ai difficilement encaissé la nouvelle sur le coup. »

L'attaquant de 19 ans natif de Pointe-Claire n'avait toutefois pas uniquement la tête au hockey à Saskatoon. En plus, il était ralenti par une blessure à un poignet.

« Je ne veux pas m'en servir comme une excuse, mais j'ai passé deux examens pendant le camp. Pour vous montrer le sérieux de l'université, on avait demandé à un finissant de Harvard qui reste à Saskatoon de me surveiller pendant les tests. Pour mon poignet, je peux simplement dire que je n'étais pas à 100 % »

Leblanc aura une deuxième chance de représenter le Canada l'an prochain au mondial junior.

Revoyez la vie de Louis Leblanc à Harvard en sons et en images.