Gilroy : de l'université à Manhattan

  |  Jean-François Chaumont  |  Radio-Canada
Matt Gilroy Matt Gilroy   © AFP/Christopher Pasatieri/Getty Images

Gagnant du trophée Hobey-Baker ne rime pas toujours avec une prolifique carrière dans la LNH.

Matt Gilroy a gravé son nom sur le prestigieux trophée Hobey-Baker, mais il n'a pas encore gagné ses lettres de noblesse dans la LNH.

Matt Gilroy a gravé son nom sur ce trophée, décerné au meilleur hockeyeur de la NCAA, pour ensuite faire le saut immédiatement avec les Rangers de New York.

Avant lui, les Neal Broten (1981), Paul Kariya (1993), Brendan Morrison (1997), Chris Drury (1998), Ryan Miller (2001), Jordan Leopold (2002) et Matt Carle (2006) ont aussi remporté ce titre.

Voilà pour la liste des noms connus. Mais il y a aussi des inconnus... Plusieurs inconnus, en fait, depuis la création de ce titre en 1981.

Les Scott Fusco (1986), Lane MacDonald (1989), David Emma (1991), Brian Bonin (1996), Junior Lessard (2004), Marty Sertich (2005) et Ryan Duncan (2006) en sont des exemples.

« C'est vrai que certains gagnants n'ont pas connu de grandes carrières dans la LNH, mais j'espère davantage imiter mon coéquipier avec les Rangers Chris Drury, a précisé Gilroy d'un ton convaincu. En plus, Drury provient du même programme que moi, l'Université de Boston. »

Acquis à fort prix par les Rangers au mois d'avril dernier, Gilroy a fait ses débuts dans la « Big Apple » avec beaucoup d'attentes.

« Je ne vois pas mon titre du Hobey-Baker comme une pression supplémentaire. J'ai connu une expérience inoubliable à ma dernière saison à l'Université de Boston en gagnant le championnat national en plus du trophée Hobey-Baker. Je souhaite maintenant m'établir dans la LNH. »

À sa dernière saison dans les rangs universitaires, le défenseur à caractère offensif a amassé 37 points (8 buts, 29 passes) en 45 matchs.

Le hockey avant le basket

Matt Gilroy Matt Gilroy reçoit le trophée Hobey-Backer   © PC/AP Photo/Pablo Martinez Monsivais

Courtisé par plusieurs équipes, Gilroy ne s'imaginait pas avec un autre uniforme que celui des Rangers. Un pacte de 3,5 millions pour 2 ans et son désir de poursuivre une tradition familiale l'ont rapidement convaincu.

« C'est incroyable d'être un membre des Rangers, surtout que je viens de New York, a dit Gilroy. Mon père (Frank) a joué son basketball collégial au Madison Square Garden. Maintenant, c'est à mon tour de m'établir au Garden. »

Plus jeune, Gilroy était doué dans les deux sports, mais il a rapidement opté pour le hockey.

« Quand tu mesures seulement 6 pi (1,83 m), tu ne peux pas songer trop longtemps à une carrière dans la NBA. Mon père avait plus le physique de l'emploi du haut de ses 6 pi 7 po (2,01 m). Il a été repêché par les 76ers de Philadelphie en 1981, mais il n'a jamais atteint la NBA. »

Des débuts modestes

À son arrivée à New York, Gilroy a rapidement découvert que la marche est haute entre la NCAA et la LNH.

Décrit par plusieurs comme un candidat potentiel au titre de recrue de l'année (trophée Calder), l'Américain de 25 ans a vu son étoile pâlir à mesure que les mois avançaient.

« Ce n'est pas facile de faire le saut dans la LNH, a admis Gilroy. Je joue à la position de défenseur depuis seulement quatre ans, soit à mes débuts universitaires. Heureusement, les entraîneurs me font confiance et j'ai aussi la chance de jouer avec un vétéran comme Wade Redden. »

Gilroy a récolté seulement 9 points (4 buts, 5 passes) en 48 matchs en plus de maintenir un différentiel de +5. Il a aussi fait un détour à Hartford dans la Ligue américaine pour une dizaine de jours au mois de décembre.

« Il y avait beaucoup de pression sur les jeunes épaules de Gilroy en début de saison, a expliqué l'entraîneur John Tortorella. Certains soirs, il voulait trop en faire et il a eu besoin d'un renvoi dans la Ligue américaine pour bâtir sa confiance. Il a une belle vision du jeu, un bon coup de patin, un bon tir, mais il doit améliorer son jeu défensif. »

Redden, le partenaire de Gilroy à la ligne bleue, prédit un bel avenir à son jeune coéquipier.

« Matt est un peu plus vieux que la majorité des recrues, mais il a un talent indéniable. Matt a un coup de patin qui lui permettra de survivre dans la LNH. Tu ne peux pas enseigner un aussi bon coup de patin et une aussi grande force d'accélération. »

Depuis le début de l'année, un autre défenseur recrue attire davantage l'attention à Manhattan.

Michael Del Zotto, 19 ans, s'est adapté plus rapidement à la jungle de la LNH.