Le Scottrade Center
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Larry Smith ne s'en est jamais caché: les Alouettes sont l'équipe numéro 2 à Montréal, derrière le Canadien.
Dans une ville où les amateurs de sport vénèrent les Albert Pujols, Mark McGwire et autres Pedro Guerrero, les Blues tentent tant bien que mal d'attirer les fidèles à leur domicile.
Les Blues de St. Louis comprennent la position du président des Alouettes. Ils jouent eux aussi la souris dans le lit de l'éléphant, les Cardinals, en l'occurrence.
C'est pourquoi le Scottrade Center n'a pas toujours été le bruyant amphithéâtre qu'il est devenu depuis le miracle de l'hiver 2009. Après le lock-out de 2004-2005, les Blues ont connu trois saisons misérables de suite. Les temps étaient si durs que l'équipe devait organiser des « free food nights », des matchs où croustilles, doigts de poulet et autres délices gastronomiques étaient gratuits.
« John Davidson (le président des Blues) racontait que les gens venaient ramasser leurs frites et leurs hot-dogs et sortaient de l'aréna pour aller voir les Cards jouer! », s'exclame le journaliste de CBC Scott Oake.
Dany Dubé confirme lui aussi cet écart vertigineux entre les Blues et les Cards.
« Mon collègue Martin McGuire voulait souper dans le steak house d'un ancien joueur de baseball, à côté du Busch Stadium, raconte l'analyste. Il appelle et fait la réservation au nom de McGuire. Je l'entends ensuite répéter son nom et raccrocher rapidement. Une fois rendus là, le chef et tous les autres employés nous attendaient à l'extérieur. Ils s'attendaient à voir un autre McGwire! »
Renaissance
Les Blues ont renversé la tendance de façon spectaculaire l'an dernier, en présentant une fiche de 20-7-6 dans les 33 derniers matchs de la saison. Avec une assistance moyenne de 18 554, le Scottrade Center s'est hissé parmi les 10 édifices les plus courus de la Ligue nationale.
« C'était très bruyant en séries, car les Blues étaient presque éliminés aux fêtes, rappelle Oake, qui a couvert la série Blues-Canucks. La foule était à 100 % derrière l'équipe. »
Une sirène d'une dizaine de secondes, actionnée après chaque but des Blues, contribue également à ce climat assourdissant.
Cela dit, les récents succès commerciaux des Blues, une équipe vieille de 42 ans, n'ont rien d'étonnant, selon Oake.
« Les Blues ont une longue histoire, ce n'est pas comme les équipes du sud, où les partisans ne viennent pas si tu ne gagnes pas. Ils ont plusieurs générations de partisans. Mais ils doivent quand même travailler fort pour remplir l'aréna. Oui, ils sont sans doute derrière les Cards. »
Un édifice quelconque
Le Scottrade Center
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Si les Blues attirent une certaine sympathie en raison de leur conte de fées de la dernière campagne, leur amphithéâtre en attire moins. Une entrevue avec Glen Metropolit est révélatrice à cet égard.
Ce n'est qu'après cinq bonnes secondes de réflexion que l'ancien des Blues se rappelle, non sans hésiter, le nom de son ancien domicile. Et les résultats ne sont guère mieux lorsqu'on demande à Metropolit ce qu'il a le plus aimé de l'amphithéâtre qui fête ses 15 ans.
« La qualité de la glace est bonne, l'écran géant est gros », lance l'attaquant du Canadien, à court de réponses et un tantinet sarcastique.
Cela dit, il est difficile d'entretenir de la haine à l'égard du Scottrade Center. Scott Oake le résume bien.
« Ce n'est pas un édifice que tu peux dire que tu détestes. »
Le Scottrade Center en bref