Gardiens et sécurité: Dany Dubé vous répond

Nikolai Khabibulin Nikolai Khabibulin   © PC/John Ulan

Les Sénateurs d'Ottawa, les violentes mises en échec, la sécurité des gardiens... L'analyste Dany Dubé se penche sur les sujets de l'heure dans sa cinquième chronique.

La blessure à Cam Ward et les nombreux coups à la tête soulèvent des questions sur la sécurité des joueurs. Chez le Canadien, Mathieu Dandenault et Guillaume Latendresse sont au menu.

Q: Dans mon pool, j'ai Cam Ward, et j'envisage de l'échanger. Les gardiens disponibles sont Pekka Rinne, Chris Mason, Nikolai Khabibulin et Jonas Hiller. Qui choisir?

Denis Robitaille

R: Khabibulin est celui qui a le plus de chances de gagner au moins 25 victoires. Il a une bonne équipe devant lui, les Oilers ont adopté un nouvel esprit, avec de nouveaux entraîneurs. S'il y a une saison où je le prendrais, c'est cette année. Mais débarrassez-vous de lui l'an prochain!

Q: Que manque-t-il aux Sénateurs afin d'en refaire une équipe comme en 2006-2007, l'année de la finale de la Coupe Stanley?

Philippe René

R: Les Sénateurs sont sur la bonne voie avec l'acquisition de Pascal Leclaire devant le filet. Leur attaque est intéressante, mais leur défense n'est pas à la hauteur pour optimiser le talent des attaquants. Le jeu de transition est l'élément essentiel à améliorer.

Q: Si vous étiez l'entraîneur du Canadien, quels seraient les trois gestes que vous poseriez à court terme pour aider votre équipe? P.-S.: Vous faites partie de quelques-uns de mes bons souvenirs d'enfance, alors que j'assistais à l'occasion à des parties de hockey junior à Hauterive (je suis originaire de Chute-aux-Outardes).

Bernard Malenfant

R: Mon premier geste serait de séparer les trois ténors de l'attaque, Scott Gomez, Brian Gionta et Michael Cammalleri, pour obtenir des trios plus balancés. Mon deuxième geste, par conséquent, serait de redonner à Maxim Lapierre un rôle plus défensif. Enfin, comme troisième décision, j'apporterais d'importants changements en avantage numérique. Sur la première vague, j'utiliserais Gomez au point d‘appui. Pour la deuxième vague, j'adopterais un système « shoot and crash », avec un habile tireur à la pointe (Marc-André Bergeron) et de gros bonshommes devant le filet (Guillaume Latendresse, Andrei Kostitsyn, Max Pacioretty).

Salutations particulières aux gens de chez nous!

Mathieu Dandenault Mathieu Dandenault   © PC/Ryan Remiorz

Q: J'aimerais savoir quel était le problème avec Mathieu Dandenault. Pourquoi ne l'a-t-on pas gardé à Montréal? Est-ce qu'il demandait trop d'argent?

Francine Dumont

R: Non, ce n'était pas une question d'argent. Dandenault avait simplement des attentes un peu élevées par rapport à ce que l'organisation pouvait lui offrir comme rôle.

Q: Avec le succès que Guillaume Latendresse a connu dans le junior à l'aile droite, pourquoi Jacques Martin ne l'essaie-t-il pas dans le deuxième ou le troisième trio?

Jacques Robitaille

R: C'est difficile pour Latendresse à droite sur les sorties de zone. Il peine à compléter ses jeux lorsque pressé par l'adversaire. Et il a déjà eu quelques chances sur le deuxième trio, qu'il n'a pas saisies. Entre vous et moi, que ce soit à gauche ou à droite, dès que tu joues sur un deuxième trio, tu dois saisir ta chance.

Q: De plus en plus, on fonce sur les gardiens comme si on frappait une livre de beurre. On n'a pas peur de se blesser, car le filet se décroche. Faudrait-il revenir aux poteaux fixes?

Aimé Charbonneau

R: Non, absolument pas. Il faut être beaucoup plus sévère sur les contacts avec le gardien. Je suggère une zone tampon qui ceinture le demi-cercle, une zone de trois pieds où le joueur peut se présenter pour un retour de tir ou pour une rondelle libre, mais n'a pas le droit de s'y immobiliser. Le vieux truc des joueurs est de se donner en cible pour être bousculé par le défenseur sur le gardien.

Q: Dans les ligues européennes, jamais on n'entend parler d'un joueur subissant une commotion cérébrale ou une blessure mettant sa vie en danger. Les règlements en Europe sont-ils plus sécuritaires que ceux en Amérique du Nord?

Pierre Charlebois

R: Non, ce n'est pas plus sécuritaire. La patinoire est plus grande, donc les mises en échec sont moins violentes. Le problème dans la LNH, c'est la largeur de la patinoire. Il y a une telle proximité entre les joueurs que dès qu'un patineur fait une passe, il a un rival devant lui. En Europe, quand tu fais une passe, tu peux compter une ou deux secondes avant un contact.

Q: On parle beaucoup du fait que les Jeux olympiques condensent le calendrier de la NHL, même s'il ne s'agit que de deux semaines d'inactivité, ce qui équivaut à cinq ou six matchs. Pourquoi ne pas commencer la saison plus tôt?

Étienne Poirier

R: Sur un calendrier où il y a presque trois matchs par semaine, insérer six matchs de plus est énorme. Et il faut oublier un début de saison plus tôt. C'est trop payant pour les équipes de la LNH de faire jouer des moitiés d'équipe et de vendre les billets au même prix qu'en saison ou presque.