Le Canadien dispute vendredi soir le match de son centenaire face aux Bruins de Boston. Des souvenirs et des légendes, il y en a à la tonne sur la Flanelle. Et certains les ont vécus de près, de très près. Diane Sauvé vous présente les employés du Centre Bell (et de l'ancien Forum), qui sont aussi des partisans de la première heure.
Les employés du Centre Bell et du défunt Forum ont à leur actif au moins mille matchs avec le Canadien de Montréal... et pas mal plus de souvenirs.
Mais le souvenir qu'ils n'oublieront jamais, c'est le Temple, son ambiance, et le public debout.
« Ça s'installait dans le lobby à 3 h dans l'après-midi, puis on ouvrait les portes seulement à 5 ou 6 heures, a expliqué le gardien de sécurité Mario Brousseau. Puis, quand on ouvrait les barrières, les murs, c'était comme en broches, ça allait comme ça. »
Et à combien de matchs assistaient-ils par année?
« Autant qu'il y en avait », jure René Forte.
Forte, partisan de la première heure, est abonné au Canadien depuis les années 1940. Il a vu l'émeute après la suspension de Maurice Richard, et de première main.
« Juste, juste en arrière de moi, M. Campbell, explique-t-il. Puis, j'ai reçu, comment dire ça en français... une claque. »
Des claques d'un autre genre ont volé par un certain Vendredi saint de 1984. Ce n'étaient pas seulement les officiels qui en avaient plein les bras.
« C'était une folie furieuse ce soir-là, relate Brousseau. Tout le monde voulait sauter sur la glace. On travaillait, on empêchait les gens de sauter. »
« On essayait de contrôler la foule aussi, parce que certains spectateurs voulaient embarquer, renchérit le placier Gaston Cayer. Comme on dit, ils s'énervaient avec ça. »
Rien comme les séries
Mais rien n'égalait la fièvre des séries pour ces gardiens du Temple. La dernière grande finale a été mémorable.
« L'atmosphère, il y avait la frénésie, explique Louis Grégoire, lui aussi placier. Les employés, on était nerveux. Tu avais hâte! Tu avais hâte d'arriver. C'était trippant! »
Il y a eu tellement d'émotions au Forum que les adieux ont été déchirants pour ses travailleurs.
« Quand ça a fermé, le soir de la fermeture, j'ai versé une larme, confie Grégoire. C'était émouvant. » « On était triste que ce soit la fin parce que le Forum, ça restera toujours le Forum », termine Cayer.
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PC/Ryan Remiorz
Si le nouveau Temple a vibré plusieurs fois, c'est Saku Koivu qui l'a fait trembler à son touchant retour au jeu, surtout pour Mario Brousseau.
« Quand il était en chimio, moi j'étais en chimio avec lui. J'ai eu deux cancers. C'est drôle de vous le dire. Je pense que j'avais des larmes, car ce qu'il a traversé, je l'ai traversé aussi. »
C'est une grande famille pour eux le Canadien. N'allez surtout pas leur demander d'arrêter, même à 73 ans.