Les jeunes ont la clé

Bonjour à tous,

Permettez-moi de décortiquer l'ouragan qui a traversé Montréal le 1er juillet en deux orages distincts. On se comprendra mieux.

Le Canadien possède aujourd'hui une meilleure attaque. Avec Scott Gomez, Brian Gionta et Mike Cammalleri, c'est une équipe plus rapide, plus énergique et meilleure à 5 contre 5.

J'entends les partisans se plaindre que l'équipe est encore trop petite. La chose la plus dure à obtenir, c'est du talent. Les joueurs de soutien sont plus faciles à dénicher.

Or, si on regarde le carré d'as des dernières séries, les Red Wings, les Penguins et les Blackhawks sont des équipes de contrôle de rondelle, basées sur le talent. Les puissances de la LNH ont beaucoup de vitesse à l'avant et misent sur une contre-attaque dynamique.

Brian Gionta et Scott Gomez avec les Devils Brian Gionta et Scott Gomez avec les Devils   © AFP/Getty Images/Mike Stobe

Patrick Kane, Kris Versteeg et Jonathan Toews ne sont pas des géants, et ils ont tout de même transporté cette équipe en finale d'association. Bien sûr, ils l'ont fait avec l'aide d'un gros bonhomme en Dustin Byfuglien.

L'autre crainte de plusieurs est le manque de chimie. Mais en réunissant Gomez et Gionta, la chimie sera instantanée. On ne court pas un risque, on sait que ça fonctionne entre les deux. Ils arrivent de situations difficiles depuis deux ans, mais ensemble, ils sont associés au succès.

Une défense à améliorer

Hal Gill n'est évidemment pas aussi bon que Mike Komisarek. Mais Gill apporte à l'équipe les mêmes choses que l'ancien numéro 8 du Canadien: présence physique, minutes en défense et en infériorité numérique.

Gill n'est pas assez bon pour jouer avec Andrei Markov. Mais pendant la dernière saison, Komisarek n'en a pas plus été capable. C'est pourquoi à court terme, Jaroslav Spacek devrait jouer avec Markov. Le nouveau venu vient d'un environnement de contrôle de rondelle.

Avec Markov, Spacek et Roman Hamrlik, le Canadien compte sur trois bons arrières en contrôle de rondelle. Mais le Tricolore n'est pas assez bon défensivement.

Un enjeu pour les jeunes

C'est ici que la progression des jeunes entre en jeu. Pour l'instant, un poste est libre à la ligne bleue pour un jeune. Il y aura donc un réel enjeu pour Ryan O'Byrne et Yannick Weber au camp. Le grand O'Byrne devrait pouvoir accepter plus de responsabilités cette saison. Il est meilleur que ce qu'il a démontré l'an dernier.

Max Pacioretty Max Pacioretty   © AFP/Bruce Bennett/Getty Images

La situation à l'avant est identique. Jacques Martin, en tant que nouvel entraîneur-chef, a le devoir de donner une chance à Guillaume Latendresse de se faire valoir à 5 contre 4. Il devra aussi se pencher sur la contribution possible d'un Max Pacioretty. Matt D'Agostini et Sergei Kostitsyn devraient se battre pour un poste dans le top 9 des attaquants.

Le succès du Canadien en 2009-2010 ne reposera pas uniquement sur l'apport des Gionta, Gomez, Cammalleri et Spacek, mais aussi sur la progression des jeunes. Si Carey Price connaît une autre saison en dents de scie, si Tomas Plekanec et Andrei Kostitsyn ne sont pas au rendez-vous, si O'Byrne et Weber ne progressent pas, je vais passer pour quelqu'un qui ne sait pas de quoi il parle.

Mais je crois sincèrement que le Canadien a une identité plus claire que l'an passé.

Le C volant

La question à 100 $: quel capitaine mènera le navire à bon port?

À court terme, sur la base des joueurs que je connais, j'identifie deux meneurs: Hamrlik et Markov. Josh Gorges est également très respecté, mais il n'est pas assez talentueux pour ajouter cette responsabilité. Cela dit, il serait un très bon assistant.

Markov est le meilleur joueur du Canadien. Sur la patinoire, il est le meneur incontesté. Pourtant, ce ne serait pas un choix unanime. Les médias remettraient en question une telle décision, car Markov ne leur en donnera pas beaucoup à se mettre sous la dent. Trop souvent, les préoccupations de marketing ont orienté les décisions du Canadien.

Or, le choix d'un capitaine devrait être un concours de crédibilité, pas de popularité. La première préoccupation doit être sportive. C'est pourquoi Markov est un candidat logique. Mais je laisse à Jacques Martin le soin d'identifier quel joueur aura l'influence la plus positive sur le groupe.

Je prends quelques mots pour souhaiter un bon été à tous nos lecteurs. Je vous invite, comme moi, à attendre que le mélange du gâteau prenne. Bob Gainey a passé les deux derniers jours à mettre le tout au four. Au camp, il devrait être prêt, mais ne sera pas encore servi.

Que le gâteau sente bon ou mauvais en sortant du four, c'est seulement après y avoir goûté qu'on pourra l'évaluer. Et la dégustation ne viendra pas avant octobre. C'est loin!

Bon été.