Chapeau monsieur Bob

Bonjour à tous,

Si j'en entends un me dire qu'il avait prévu les manoeuvres de Bob Gainey, je lui lance ce clavier.

Gionta, Cammalleri, Gomez, Spacek, Gill.

Eh!

Oh!

Je sais bien que les trois attaquants tiennent dans un kayak (pas bien grand, le kayak). Il y a déjà des farceurs pour comparer Hal Gill au roc de Gibraltar, dont il a la taille et la mobilité. Mais avant de casser du sucre sur le dos de Bob, est-ce qu'on ne pourrait pas lui lever notre chapeau pour son audace?

Je suis de ceux qui regrettent le départ (éventuel) de Kovalev. Pour un pianiste de concert comme Kovalev, on trouve mille pianistes de saloon qui jouent tous les soirs les mêmes airs. Sans âme et sans style. Parfois, l'« Artiste » était ensorcelant. Même les entraînements avaient une autre saveur avec lui.

Parti Kovalev.
Parti Tanguay dont le style, selon Gainey, ne convenait pas à celui de Gomez.
Parti Koivu, le mal aimé.
Partis Schneider, Bouillon, Brisebois, Dandenault, Lang, Higgins.
Parti Komisarek, qui a accepté une offre bien modeste des Leafs, une offre pas très différente de celle du Canadien.

Bob Gainey Bob Gainey   © PC/Ryan Remiorz

Qu'un joueur intelligent, cohérent et dévoué comme Komisarek choisisse de partir comme ça, c'est un peu inquiétant. Quand celui qu'on avait identifié comme le prochain capitaine préfère aller jouer à Toronto, il faut se poser des questions.

Et on se les posera.

Mais pour l'instant, levons notre chapeau et saluons l'audace de Bob Gainey. Il a manoeuvré comme personne ne l'aurait cru.

Certains amateurs étaient déjà soufflés après l'acquisition de Gomez. Cette manoeuvre de Gainey a d'ailleurs montré le chemin pour les signatures du lendemain. Une preuve de sérieux pour les joueurs qu'on voulait attirer.

Certains collègues se sont mis à rigoler après l'acquisition de Spacek et Gill. Ils sont tombés en bas de leur chaise quand Cammalleri a accepté la proposition du Canadien. Ils essayaient encore de se relever quand Gionta leur est arrivé dessus comme une brique.

Ne les croyez pas quand ils vous diront qu'ils avaient vu venir le coup. Pardonnez-leur quand ils reprocheront leur petite taille aux nouveaux attaquants et leur lenteur aux nouveaux défenseurs. Ils sont comme ça, les collègues. Ils sont payés pour trouver la faille, pour la voir avant les autres.

Pour l'instant, rien que pour quelques jours, pensons seulement que Bob Gainey a osé. Son équipe a lamentablement échoué l'an dernier. Il vient d'en changer complètement la teneur et l'atmosphère.

Un jour, vous l'en remercierez comme l'en remercieront tous les Latendresse, les Lapierre, les Kostitsyn, les Gorges, les Price, les Pacioretty et les autres jeunes joueurs qui allaient lentement s'encroûter dans une ambiance qui n'avait plus rien de stimulant.

On a de petits attaquants? Laissons-leur le temps.

Après tout, on en a tellement donné à une équipe qui, somme toute, était plus petite encore...