Bonjour à tous,
Le juge Redfield T. Baum de la Cour des faillites de l'Arizona a mérité sa place dans les jeux de la semaine.
Lundi, à Phoenix, Son Honneur y est allé d'une pirouette juridique pour éviter de se prononcer sur la vente des Coyotes de Phoenix au milliardaire Jim Balsillie.
Le juge Baum siège à la Cour des faillites de l'Arizona. Dans l'affaire Balsillie, il devait sortir de sa zone de confort et s'engager dans un large spectre de lois commerciales; il devait aussi tenir compte de la loi antimonopole et des cadres particuliers d'un circuit sportif ayant ses propres règles.
Sa Seigneurie a évité tout ça pour des questions de délai. Il devait rendre un verdict sur la recevabilité d'une offre présentée par Jim Balsillie et Balsillie lui-même avait fixé une échéance à son offre disant qu'elle serait retirée après le 29 juin. Le juge Baum a donc conclu qu'il n'avait pas le temps de tout étudier et de tout régler avant le 29 juin et qu'il devenait conséquemment fastidieux de se plonger dans l'étude d'une offre qui serait caduque avant le prononcé de son jugement.
Pertinent. Et tellement commode.
Jim Balsillie
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AFP/Indranil Mukherjee
Remarquez que dans les faits, le juge Baum n'a pas tort. Il a même tout à fait raison. Le clan Balsillie ne s'est d'ailleurs pas opposé. Ce qui est dommage par contre, c'est que pour une question de forme, on a évité de s'intéresser au fond...
Trois vrilles
Se sortir d'un guêpier juridique ne vaut pas automatiquement un « 10 ». Là où le juge mérite sa place dans les jeux de la semaine, c'est dans la virtuosité de l'exercice.
Le jugement de 21 pages a du panache dans la façon dont il renvoie chacun à ses devoirs.
Par exemple, la ville de Glendale, qui abrite les Coyotes, perdra beaucoup si ceux-ci déménagent. On parle de centaines de millions de dollars d'ici la fin du bail dans 23 ans.
Or, bien qu'ils se soient ouvertement opposés à la proposition de Balsillie, la Ville de Glendale et ses avocats ont complètement oublié de déposer une motion de rejet au tribunal. Résultat: si le juge avait donné raison à Balsillie et qu'il avait ordonné à celui-ci de verser des compensations avant de déménager l'équipe à Hamilton, Glendale n'aurait pas eu un sou, faute de s'être officiellement opposée. Oups!
À la Ligue nationale, Baum a tacitement reproché son arrogance. Il n'a pas été impressionné par ces pseudo-acheteurs identifiés par Gary Bettman. Des acheteurs qui souhaitent garder l'équipe à Phoenix, mais dont les offres continuent de se faire attendre.
À Balsillie et à ses avoués, il reproche de n'avoir déposé la motion de transfert que le 19 mai, alors que les procédures avaient cours depuis le 5 du même mois. Un oubli? Avec la principale clause de désaccord?
On recommence
Le juge Baum a donc renvoyé tout le monde à ses papiers.La Ligue va tenter de protéger « son » marché à Hamilton en sauvant la concession de Phoenix.
Balsillie ne lâche pas le morceau. Ses porte-paroles disaient, mardi matin, que son offre était encore la seule sur la table. Et il invitait Gary Bettman à la médiation et à la conciliation. Le loup et le coyote qui négocient... Ça va être beau.
Cela dit, Balsillie a raison de s'entêter. Cette fois, un tribunal a fait pencher la balance du côté de Bettman et de la Ligue nationale. Mais le balancier reviendra.
Des dizaines de milliers de personnes ont accordé leur appui à Balsillie à Hamilton. Financièrement, la concession de Phoenix est un puits sans fond.
Le directeur exécutif de l'Association des joueurs de la Ligue nationale de hockey, Paul Kelly, s'est ouvertement prononcé en faveur de l'abandon des efforts pour sauver cette concession.Balsillie a des millions de dollars à dépenser. Il propose une équipe en santé dans un marché lucratif.
Inévitablement, le bon sens va finir par avoir le dessus.Il y a quand même des limites à essayer de patiner dans le sable.