Bonjour à tous,
Même si ça fait déjà 13 ans, je me souviens très bien de mon repêchage en 1996 à St. Louis.
Assis dans les estrades avec ma famille, je comptais les minutes et la nervosité m'envahissait. J'étais répertorié comme le meilleur espoir au Québec et le 2e espoir en Amérique du Nord.
Je m'attendais à sortir dans le « top 5 ». Les Sénateurs et les Sharks détenaient les deux premiers choix et je savais qu'ils ne me repêcheraient pas. Chris Phillips était sans contredit le plus bel espoir de la cuvée 1996. Les Sénateurs n'ont pas causé de surprise en le réclamant au tout 1er rang. Les Sharks ont ensuite misé sur le défenseur Andrei Zyuzin.
Après les choix de Phillips et de Zyuzin, je tenais de moins en moins en place sur mon siège. Je savais que mon tour approchait.
Quelques heures avant le repêchage, je me voyais comme un futur membre des Capitals de Washington. Les Caps parlaient au 4e rang et deux journalistes du Québec que j'avais croisés dans la journée m'avaient dit que je partais pour Washington.
Finalement, les Islanders ont coupé l'herbe sous les pieds des Capitals en me sélectionnant au 3e échelon.
Quand j'ai vu le recruteur du Québec grimper sur le podium, je m'en suis douté. Je me souviens qu'ils ont annoncé leur choix en français. Une fois que j'ai entendu mon nom, tout est devenu noir dans ma tête. Je ne voyais plus personne tellement j'étais nerveux et heureux. J'ai embrassé mes parents pour ensuite me diriger vers l'estrade où j'ai enfilé le chandail des Islanders.
La classe de Milbury...
Le jour du repêchage, je me réjouissais à l'idée de porter les couleurs des Islanders. Cette joie s'est rapidement transformée en doutes.
J'ai appris un peu plus tard que Mike Milbury, le DG des Islanders à l'époque, visait un autre joueur. Milbury voyait dans sa soupe le Russe Alexandre Volchkov.
Mike Milbury (à gauche)
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AFP/Bruce Bennett/Getty Images
Volchkov, qui était décrit comme le meilleur attaquant disponible, a finalement été repêché par les Capitals, tout juste après moi. Treize ans plus tard, Volchkov ne joue plus au hockey et il n'a disputé que trois matchs à Washington...
À ma dernière année junior, j'avais marqué 57 buts en 55 matchs et 31 buts en 19 matchs dans les séries, un record qui tient toujours dans la LHJMQ.
Malgré des chiffres impressionnants, Milbury trouvait le moyen de remettre mes statistiques en doute. À ses yeux, ça ne voulait rien dire, puisque le Québec était une ligue faible. Il me critiquait toujours.
Les Islanders m'ont tout de même fait signer un contrat, mais ils m'ont échangé peu de temps avant que je redevienne disponible au repêchage, celui de 1998.
Ils m'ont envoyé à Chicago contre un certain Dmitri Nabokov. Au total, Nabokov, un centre, n'aura joué que 55 matchs dans la LNH.
Au départ, je trouvais ça difficile de changer d'équipe avant même mon premier match dans la LNH. Je me suis consolé quand il a échangé Roberto Luongo. C'est exactement le type de gardien que tu ne peux pas échanger.
Disons que Milbury a conclu quelques transactions douteuses pendant son passage à Long Island!
Quatre membres des Foreurs
Dans mon année de repêchage, nous étions quatre joueurs des Foreurs de Val-d'Or à St. Louis. Je me souviens être resté jusqu'à la toute fin du repêchage. Martin Boisvenu, un attaquant, n'avait pas été repêché. Nous étions vraiment tristes pour lui, mais il a signé un contrat quelques jours plus tard avec les Flyers de Philadelphie.
Steve Bégin, mon grand ami, s'était fait repêcher au 2e tour par les Flames de Calgary, tandis que François Hardy était devenu un choix de 7e tour des Sénateurs d'Ottawa.
Quand je regarde cette année-là, je m'aperçois rapidement qu'il ne s'agissait pas d'une année grandiose.
Zdeno Chara est possiblement devenu la plus grande vedette. Les Islanders l'avaient sélectionné au 3e tour. Milbury avait donc réalisé un très bon coup. Fidèle à ses habitudes, Milbury a échangé Chara cinq ans plus tard aux Sénateurs d'Ottawa.
Il avait cédé Chara et un choix de premier tour (Jason Spezza) en retour d'Alexei Yashin...
À bientôt,
Jean-Pierre Dumont