Les bras au ciel, le coeur en enfer

  |  Jean-François Chaumont  |  Radio-Canada
Carey Price lève les bras après un arrêt de routine. Carey Price lève les bras après un arrêt de routine.   © PC/Ryan Remiorz

Les Bruins ont passé un coup de balai sur la saison du centenaire du Canadien.

Carey Price et le CH voudront vite oublier la saison du centenaire. Les Bruins balaient le Tricolore et le jeune gardien fait un geste rappelant étrangement celui de Patrick Roy.

Tout simplement trop puissants, les Bruins ont éliminé le Tricolore en quatre petits matchs. Le clou: une victoire de 4-1, mercredi, au Centre Bell.

« Je suis déçu, mais je suis réaliste. Les deux équipes n'étaient pas égales sur la glace », a dit Bob Gainey.

En poste pour les quatre matchs de cette série, Carey Price voudra également passer le balai sur sa saison de misère.

À ses débuts à Montréal, le joyau du Tricolore devait suivre les traces de Patrick Roy. Mercredi soir, il a choisi de l'imiter de la façon la plus inattendue.

Dépité par les huées des partisans à son endroit, Price a levé les bras vers le ciel après un arrêt de routine. Un geste en tout point semblable à celui qui avait chassé Roy de Montréal en 1995.

À la défense du gardien du Tricolore, il n'y pouvait rien sur les quatre buts des Bruins. Avant le but de Phil Kessel, il a même bloqué deux échappées.

Les faits saillants du match

Véritable bourreau de ses anciens coéquipiers, Michael Ryder a mené l'attaque des Bruins avec deux buts et une passe.

En quatre matchs, l'orgueil de Terre-Neuve a amassé sept points, dont quatre buts.

« Ça fait du bien de battre mon ancienne équipe », a lancé le 73 après le match.

David Krejci (un but, une passe) a inscrit l'autre filet des vainqueurs.

Le vent tourne

Le Canadien avait le numéro des Bruins jusqu'à la 17e minute du match.

Malgré un début de match endiablé, le CH a retraité au vestiaire avec un retard d'un but après 20 minutes. Ryder et Krejci ont effacé le bon départ du Tricolore en marquant deux buts dans les trois dernières minutes de jeu.

Andrei Kostitsyn a réussi le premier but du match à la 39e seconde. Le Bélarussien a décoché un bon tir des poignets pour surprendre Tim Thomas et mettre fin à son calvaire de 15 rencontres sans but.

À mi-chemin en première, le Canadien dominait ses rivaux 12-4 au chapitre des tirs au but. Mais il restait encore du temps au cadran...

Les Bruins ont répété le scénario du troisième match en surmontant un lent début de rencontre.

Tanguay dit non

Guy D'Aoust rapporte les échos de vestiaire du Canadien.

Mathieu Schneider, Andrei Markov, Francis Bouillon, Robert Lang, Patrice Brisebois... et Alex Tanguay.

Considéré comme un cas douteux pour ce quatrième match contre les Bruins de Boston, Tanguay a participé à la période d'échauffement, mais il a renoncé à jouer.

Georges Laraque n'a d'ailleurs pas hésité à le rappeler.

« On affrontait quand même la meilleure équipe dans l'Est et on l'affrontait sans nos deux meilleurs défenseurs et deux de nos meilleurs attaquants, a expliqué le colosse. Je ne suis pas convaincu que les Bruins auraient été aussi dominants sans Zdeno Chara ni Marc Savard. »

Parlant de blessures, Laraque a confirmé avoir disputé la fin de saison en dépit d'une hernie discale.

Encore Carbo!

Déçus de l'élimination du CH, les partisans ont encore une fois scandé des « Carbo, Carbo, Carbo » dans les derniers instants du match.

« Je m'inquiète beaucoup plus pour un jeune de 21 ans que pour moi », a répondu Gainey au sujet de la réaction des partisans.

En 1992, les Bruins avaient éliminé le Canadien en quatre petits matchs. L'année suivante, avec Roy devant le filet, le Tricolore gagnait la Coupe Stanley.

Avec 10 joueurs autonomes sans compensation à la fin de l'année, le CH ne risque pas de répéter cet exploit. Le visage de l'équipe subira une métamorphose sans précédent.

Sans l'annoncer officiellement, Gainey a laissé entendre qu'il ne sera pas de retour derrière le banc du Canadien.