Le congédiement de Carbonneau

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« Je suis vraiment surpris. »

En janvier, Guy Carbonneau était le meilleur coup de Bob Gainey. Deux mois plus tard, il se retrouve au chômage. Gainey revient derrière le banc.

Ces mots de Maxim Lapierre illustraient bien l'avis général des joueurs contactés par Radio-Canada Sports.

Ils réagissaient ainsi à la bombe lâchée par le Canadien de Montréal lundi: l'entraîneur Guy Carbonneau est congédié et remplacé par le DG Bob Gainey.

L'entraîneur des Bulldogs de Hamilton, Don Lever, s'amènera quant à lui à Montréal dans un rôle qui est encore à déterminer.

« Le moment choisi est vraiment bizarre, a ajouté un joueur. Il reste peu de matchs à la saison et on se bat pour une place en séries. Mais il faut croire que c'est la réalité d'un entraîneur. Quand ils sont engagés, ils doivent s'attendre à être congédiés. »

Le reportage de Guy D'Aoust

Glen Metropolit, à qui Radio-Canada Sports a appris la nouvelle, ne voyait pourtant aucune dissension particulière à l'endroit de « Carbo ».

« Je suis ici depuis seulement une semaine, mais je croyais vraiment que Carbonneau était le capitaine du bateau. Chaque entraîneur a sa propre méthode pour motiver les joueurs. Que ce soit du patin ou des quilles, c'est notre métier de répondre. »

Metropolit faisait référence à la défaite de 7-2 du Canadien, à Edmonton, au lendemain de la tentative de resserrer les liens autour d'un match de quilles.

Tout de même, le malaise était palpable en ce qui a trait à la communication entre Carbo et ses joueurs. Alex Tanguay, Guillaume Latendresse et Georges Laraque, pour ne nommer qu'eux, ont déjà nagé dans l'incompréhension.

« Je ne suis pas diplômé en communication, je suis entraîneur, avait répliqué Carbonneau le 26 février, à la suite de l'épisode Laraque. Si vous voulez un communicateur, embauchez-en un. Si vous ne comprenez pas quelque chose, venez me voir et on va en parler. »

De héros à zéro

La totalité de la conférence de presse

En début de saison, Gainey avait pourtant accordé un vote de confiance sans égal à son ancien coéquipier, en lui octroyant une prolongation de contrat de plusieurs saisons.

Le 12 janvier, Gainey lançait d'autres éloges.

« L'embauche de Guy Carbonneau a été mon meilleur coup, répondait-il sans hésiter dans son point de presse de mi-saison. L'organisation a bâti une bonne équipe. Cette équipe est aujourd'hui bien dirigée. »

Pas plus tard que l'an dernier, Carbonneau a mené le CH au 1er rang de l'Association de l'Est avec une récolte de 104 points.

La saison miraculeuse du Tricolore lui avait valu une nomination pour le trophée Jack-Adams à titre de meilleur entraîneur de l'année. Bruce Boudreau des Capitals l'avait coiffé de justesse.

Carbonneau occupait le poste depuis la saison 2006-2007. Il a compilé une fiche de 124-83-23. À sa seule présence en séries, l'an dernier, l'ancien numéro 21 a mené le Tricolore au deuxième tour.

Carbonneau était le cinquième entraîneur-chef recrue de suite du Canadien, en excluant le bref intérim de Gainey en janvier 2006. Du lot, seuls Alain Vigneault et Carbonneau ont franchi le nombre des 200 matchs.