Si Bob n'y croit pas, qui y croira?

Bonjour à tous,

Avant la date limite des transactions, chaque organisation doit faire l'évaluation de son équipe et décider des gestes à poser. Et plusieurs scénarios peuvent se présenter.

Le scénario qui réjouit davantage les partisans est celui dans lequel l'équipe (donc, son directeur général) estime qu'elle est tout près d'atteindre un palier intéressant, le plus haut de ces paliers étant une possible conquête de la Coupe Stanley.

Dans ces conditions, l'équipe va parfois consentir à sacrifier le moyen et le long terme pour investir à court terme.

Concrètement, ça se traduit par l'acquisition d'un ou de plusieurs joueurs pouvant aider l'équipe immédiatement. Le prix à payer: de jeunes espoirs et des choix au repêchage.

Risque et confiance

Quand un directeur général fait ce choix, il assume un risque. Chaque année, il s'en trouve cinq ou six pour tenter le sort. Certains le font avec succès, d'autres ratent leur coup et vont même jusqu'à se casser la gueule. Je vous épargne une liste d'exemples que vous connaissez déjà.

Mais quel que soit le résultat, le geste lui-même, au moment où il est fait, constitue une injection de confiance remarquable pour l'équipe qui en fait l'objet.

D'abord, les partisans ont une preuve concrète que l'organisation partage leurs espoirs.

Et puis, les joueurs ont la démonstration que l'organisation est sérieuse et que ses ambitions ne sont pas que des phrases creuses destinées à vendre des billets.

Mais si on n'y croit pas?

Bob Gainey Bob Gainey  Photo :  PC/Ryan Remiorz

Par contre, si un directeur général n‘y croit pas, il ne fera pas ces transactions.

Si, au terme de l'évaluation de son équipe, il arrive à la conclusion qu'il serait futile de compromettre son avenir pour courir derrière des mirages, il ne bougera pas. Ou, au mieux, il se contentera de boucher des trous.

C'est ce que Bob Gainey a fait.

Il a obtenu le vétéran Mathieu Schneider (mauvais dans les deux derniers matchs). Et au moment de chercher un remplaçant pour Robert Lang, son joueur de centre le plus productif, il n'a rien trouvé de mieux que Glen Metropolit, un joueur marginal, issu du ballottage.

Il aurait pu obtenir un autre joueur de centre. Le prix aurait été beaucoup plus élevé, mais il aurait pu. Bob Gainey a fait le calcul et il est arrivé à la conclusion que c'était inutile.

Il a refusé de croire aux mirages. Et pour être franc, n'auriez-vous pas fait la même analyse?

Y croyez-vous?

L'ennui c'est que, désormais, c'est difficile pour les partisans d'y croire. Et je ne parle pas des joueurs!

Et c'est d'autant plus décevant que le Canadien, avec ses onze joueurs autonomes sans compensation, a tout à fait le profil de l'équipe qui arrive au terme de son développement.

Saku Koivu Saku Koivu  Photo :  PC/Ryan Remiorz

Onze joueurs pourraient changer d'adresse l'été prochain. C'est la moitié de la formation!

Le mirage Lecavalier

Certains croient que Bob Gainey a refusé de transiger pour obtenir des joueurs au salaire lourd parce qu'il veut garder un maximum d'espace sous le plafond salarial.

C'est la même raison qui expliquerait qu'il n'ait pas mis sous contrat un seul de ses onze joueurs autonomes*.

Cette théorie veut que le Lightning de Tampa Bay, malgré tout ce qu'on veut nous faire croire, n'ait simplement plus l'argent pour payer les 40 millions qu'exigera Vincent Lecavalier pour les quatre prochaines saisons.

Le Canadien tenterait de l'obtenir et organiserait ensuite sa masse salariale autour du salaire de Vincent... Ce qui explique l'avarice circonstancielle de Bob Gainey.

C'est intéressant. Mais un tel scénario a déjà échoué l'an dernier quand Gainey a offert des broutilles à Mark Streit pour garder 8 millions dans sa caisse... pour Mats Sundin.

Vous connaissez l'histoire. On a cherché pendant 60 matchs à remplacer Streit convenablement. Et, bien sûr, Sundin joue à Vancouver.

*Une source m'affirme que le contrat de Saku Koivu est déjà dans le tiroir, signé, mais qu'on attend l'été pour ne pas faire de vague.

À bientôt.