Le problème est devant le filet

On va arrêter de se conter des histoires, d'accord?

Ce sont les gardiens du Canadien qu'il faut blâmer pour les récents insuccès de l'équipe.

OK, ce sont de gentils garçons, ils sont jeunes, ils vont éventuellement se « replacer », leur maman les aime bien, leur entraîneur et leurs coéquipiers n'ont pas le droit « moral » de les blâmer directement, mais c'est essentiellement leur faute.

Quand une équipe traverse des moments difficiles, on compte généralement sur les vétérans pour la relancer. Mais c'est avant tout aux gardiens de faire la différence et de tenir le bateau à flot en attendant la fin de la tempête.

Les gardiens du Canadien ne l'ont pas fait. Pas du tout.

Avant que Jaroslav Halak ne vole deux points à l'Avalanche, vendredi soir, à quand remontait le dernier « vol » d'un gardien du Canadien?

Quand Carey Price a été blessé, en janvier, le Canadien a continué de gagner pendant un moment même si Halak accordait trois ou quatre buts par match. L'attaque compensait.

Mais Robert Lang a été blessé à son tour et le filon s'est épuisé. Le Canadien était déjà secoué. Il jouait avec un gardien instable et un gardien blessé.

Pas terrible comme duo. Et ça s'est écroulé quand les deux gardiens ont démontré leur faiblesse. Pourquoi?

Parce que rien, mais rien au monde ne mine plus le moral et la confiance d'une équipe que de jouer devant un mauvais gardien. Un mauvais gardien coupe les jambes de ses coéquipiers. Il les insécurise et les rend fragiles.

Des exemples

Vous vous rappelez que les Red Wings ont gagné la Coupe Stanley la saison dernière? Mais vous souvenez-vous que du 7 février au 29 février, Détroit a conservé une fiche d'une victoire contre dix défaites?

Oui! Oui! 1-10.

Ça a commencé le 7 février quand les champions ont perdu une avance de 3-1 en 3e période pour s'incliner 5 à 3 devant les Kings de Los Angeles.

Chris Osgood avait alloué 4 buts sur 10 lancers. Oh! rien de vraiment faible. Pas de cadeau. Mais rien de fort non plus. Aucun arrêt qui aurait pu faire tourner le vent.

Et ça a continué au match suivant contre Toronto.

Et cinq jours plus tard, Osgood a été sorti en première période après avoir accordé trois buts sur quatre lancers.

Tout à coup Niklas Lidstrom finissait ses soirées à -3; Kris Draper semblait trop vieux; la défense commettait des revirements; l'attaque cafouillait.

Ça vous rappelle quelque chose? Il a fallu 11 matchs pour en revenir. Et on parle des champions.

Les Ducks aussi

Vous rappelez-vous qui a gagné la Coupe Stanley la saison précédente? Bien sûr: les Ducks d'Anaheim.

Les Ducks avaient connu un départ fulgurant, mais fin décembre le gardien Jean Sébastien Giguère a subi une blessure.

Entre le 29 décembre et le 19 janvier, les Ducks vont gagner seulement 2 matchs et subir 9 défaites. Les gardiens substituts, Wall et Brizgalov, n'ont pas fait le travail.

Encore là, rien pour congédier les gardiens. Les Ducks perdaient simplement 4-2 après avoir obtenu 34 lancers et en avoir accordé seulement 25. C'est classique. Le meilleur gardien était dans l'autre équipe... Et la victoire aussi.

Comparaison

Pour Anaheim comme pour Détroit, on parle d'équipes puissantes, de champions en devenir. Dans les deux cas, on déplore pourtant des périodes léthargiques comparables à celle que traverse le Canadien.Le point commun des trois équipes: des gardiens tantôt ordinaires, tantôt carrément mauvais.

J'y reviens: une équipe joue mal devant un mauvais gardien.

Et quand une équipe joue mal, elle a besoin que son gardien vole un match pour se donner l'impression, se faire croire qu'elle a mieux joué et qu'elle progresse.

La Coupe à Montréal?

On connaît l'histoire pour Détroit et Anaheim. Que va-t-il advenir du Canadien, maintenant?

On peut supposer que la confiance de l'équipe va revenir avec l'aplomb des gardiens.

Après il suffira de faire comme les Wings et les Ducks.

J'ai tellement hâte.

Et vous?