Les sanctions tombent

Michel Viens s'entretient avec le Commissaire de la LHJMQ Michel Courteau sur les sanctions.

Le gardien Jonathan Roy, des Remparts de Québec, a été suspendu sept matchs par la Ligue de hockey junior majeure du Québec (LHJMQ), mardi.

Patrick et Jonathan Roy sont suspendus respectivement pour 5 et 7 matchs, à la suite des incidents de samedi. L'entraîneur des Saguenéens Richard Martel écope de 2 matchs. L'affaire suscite des réactions politiques, tandis qu'une enquête policière est en cours.

Son père et entraîneur des Remparts, Patrick Roy, reçoit quant à lui cinq matchs de suspension « pour une conduite jugée préjudiciable ».

L'entraîneur des Saguenéens de Chicoutimi, Richard Martel, est suspendu pour deux matchs. Dans son cas, il s'agit d'une suspension automatique puisque l'un de ses joueurs a quitté le banc des punitions pour se battre.

Dans le match de samedi entre les Remparts et les Saguenéens, à Chicoutimi, Jonathan Roy s'en est pris au gardien adverse, Bobby Nadeau, qu'il a roué de coups. Après l'assaut, il a adressé des doigts d'honneur à la foule.

Les excuses de Patrick Roy

Patrick Roy Patrick Roy  Photo :  PC/Clement Allard

« Je regrette de ne pas avoir mieux contrôlé la situation que Jonathan a vécue, a indiqué Patrick Roy dans un bref point de presse. Si j'avais mieux contrôlé la situation, Jonathan n'aurait pas eu à vivre ce qu'il a vécu dans les 48 dernières heures. »

L'ancien du Canadien et de l'Avalanche s'est également excusé auprès de Jacques Tanguay, copropriétaire des Remparts. Il a aussi adressé des excuses à Nadeau et à sa famille.

Maxime Lacroix et Marc-Olivier Vallerand, également des Remparts, reçoivent respectivement trois et deux matchs pour leur implication dans la mêlée.

Chez les Saguenéens, Sébastien Rioux, le joueur qui a quitté le banc des punitions, reçoit une sanction de six matchs. Charles-Antoine Messier (deux matchs) et Antoine Roussel (un match) sont aussi punis.

Les deux organisations ont aussi été pénalisées. Elles devront toutes deux payer une amende de 4000 $.

« La LHJMQ trouve les événements qui sont survenus au cours des matchs disputés ce week-end déplorables, a commenté le commissaire, Gilles Courteau. Nous sommes très déconcertés par ces incidents. Ces situations ne peuvent se produire et nous y sommes totalement opposés (sic). En terminant, j'aimerais souligner que les amendes imposées aux organisations seront des plus sévères si d'autres événements devaient se produire. »

Le troisième match de la série Remparts-Saguenéens, le premier depuis les incidents, aura lieu mardi soir, à Québec.

Enquête policière en cours

Le Service de police de Saguenay a confirmé mardi qu'une enquête criminelle est en cours après les événements violents de samedi. Il a toutefois refusé de faire d'autres commentaires à ce sujet.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales du district judiciaire de Chicoutimi avait signalé plus tôt au sous-ministre de la Sécurité publique que la bagarre survenue le 22 mars nécessite à son avis l'institution d'une enquête policière.

Six matchs pour Tommy Tremblay

Par ailleurs, Tommy Tremblay, des Cataractes de Shawinigan, a été suspendu six matchs pour des incidents survenus lors du duel contre les Olympiques de Gatineau, samedi.

Tremblay a servi une sévère mise en échec au gardien adverse, Ryan Mior, derrière le filet.

Réactions politiques

Présent au match opposant les Remparts aux Saguenéens au Colisée de Québec, le premier ministre Jean Charest a indiqué que le hockey junior québécois doit faire une grande réflexion sur la violence sur la patinoire.

« On s'attend à ce que la ligue [LHJMQ] fasse une réflexion, que les autres ligues [ailleurs au Canada] fassent une réflexion et que le message envoyé par les Québécois est que le moment est venu de mettre fin aux bagarres dans le hockey junior », a-t-il déclaré.

Plus tôt dans la journée, le chef de l'opposition officielle, Mario Dumont, a tenté, lui, de dépolitiser cette affaire, affirmant qu'il revient à la LHJMQ de s'autodiscipliner en appliquant les règlements en vigueur.

« Il n'y a pas un politicien, il n'y a pas une ministre, il n'y a personne qui va pouvoir remplacer le fait qu'aujourd'hui la Ligue de hockey junior majeur a un test important. Les gens qui dirigent cette ligue-là ont un test important. Ils doivent s'assurer de l'application des règlements », a dit M. Dumont.

Pour sa part, le Parti québécois a demandé au gouvernement Charest d'intervenir pour interdire les bagarres dans la LHJMQ, sans attendre d'obtenir la même interdiction dans les ligues juniors de l'Ouest et de l'Ontario.