Le départ d'une légende

Bonjour à tous.

Comme tous mes coéquipiers des Penguins, le départ de Mario Lemieux m'attriste. Avec le numéro 66 à la retraite, nous perdons plus qu'un simple joueur. Nous perdons notre capitaine, notre propriétaire, celui qui représentait à lui seul, les Penguins.

Tous ceux qui ont côtoyé Mario dans le vestiaire vous le diront: il s'agit d'un honneur de jouer avec lui. Évidemment, je ne fais pas exception à cette règle.

Pour ma part, je me considère privilégié d'avoir réalisé mes premiers pas dans la LNH à ses côtés. À l'âge de 18 ans, je me retrouvais à mon premier camp d'entraînement sur la même patinoire qu'une légende du hockey. Celui-là même qu'à 7 ou 8 ans, je regardais à la télévision lorsque les Penguins affrontaient le Canadien.

Là, il se retrouvait devant moi lors des entraînements. Inutile de vous dire que je faisais tout pour le bloquer lorsqu'il se présentait seul contre moi. Même si Mario pouvait prendre ça assez « relaxe » lors des entraînements, je désirais toujours me surpasser contre lui.

Je ne voulais pas avoir l'air fou contre lui, même si bien des gardiens ont déjà ressenti cet état d'esprit devant les feintes de Mario.

Lors des matchs, à l'autre bout de la patinoire, je m'amusais à le regarder jouer. Souvent, je me demandais comment il avait pu réussir cette feinte, cette passe ou ce but. Mais bon, Mario c'est Mario, même à 40 ans. Je vous confirme qu'il n'avait rien perdu de son maniement du bâton et de la rondelle.

Dans la même maison que lui

Lemieux-Fleury Fleury regarde Lemieux au loin   © AFP/Dave Sandford

À l'image de Sidney Crosby cette année, Mario m'avait proposé d'habiter chez lui à ma première saison. Après quelques jours au camp, je me retrouvais donc avec sa famille dans son immense maison à Pittsburgh. J'adorais cette expérience, car je pouvais m'amuser avec ses enfants et mieux connaître Mario.

Je n'avais cependant pas encore signé mon premier contrat avec l'équipe et les négociations ne se déroulaient pas très bien. Sur les recommandations de mon agent, je suis retourné à Montréal. Mon agent désirait mettre de la pression sur les Penguins. Moi, je ne comprenais pas trop ce qui se passait.

Après quelques jours de négociations, j'ai signé une entente. Mais à mon retour à Pittsburgh je me sentais mal à l'aise de retourner vivre avec les Lemieux. Heureusement, Mario ne m'en a jamais voulu pour cette histoire.

À mon premier camp, Mario avait également invité tous les francophones de l'équipe à un souper chez lui. Au menu, du filet mignon et des homards et quelques bouteilles de vin. Il avait même sorti de sa luxueuse cave à vins une bouteille datée de 1966. Certainement pas un hasard...

Je me considère donc extrêmement chanceux d'avoir connu l'homme et le magnifique joueur de hockey.

Difficile, difficile

Avec les départs à la retraite de Lemieux et de Zigmund Palffy, les Penguins misent sur une équipe très jeune. Nous vivons présentement une période sombre avec une série de dix revers d'affilée. Un sentiment de frustration envahit l'équipe en ce moment. Une aussi longue série de revers n'est jamais évidente pour le moral.

Je demeure cependant confiant puisque depuis quelques matchs, nous jouons beaucoup mieux. J'espère que cette série noire va se terminer très bientôt.

Pittsburgh vibre pour les Steelers

Ici à Pittsburgh, c'est la folie pour les Steelers. C'est incroyable le nombre de gens qui se promènent dans les rues avec un chandail de Jerome Bettis, Hines Ward ou Ben Roethlisberger.

Pour le Super Bowl, je vous prédis une victoire des Steelers de 24-17 contre les Seahawks.

On se reparle bientôt.

(Propos recueillis par Jean-François Chaumont)